‹ Vies choisies des principaux saints (volume 3)Chapitre 19 sur 73 · S. MACAIRE D ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

S. MACAIRE D ALEXANDRIE

artifices du démon ,• il en donna une nouvelle preuve par rapport à ce Pallade dont nous venons de parler. Le malin esprit l'avait jeté dans le découragement en lui exagérant son peu de progrès dans la vertu et en le tourmentant par l'idée qu'il n'était point fait pour la vie solitaire. Il n'eut garde de s'en rapporter à son propre jugement pour la décision de ses doutes; il alla consulter son maître, auquel il ouvrit son cœur. Celui-ci lui répondit que le moyen de vaincre cette tentation était de la mépriser, de ne point quilter son premier dessein, et de dire constamment au démon : «!Mon amour pour Jésus- Christ me retient dans cette cellule; je suis déterminé à y rester afin de lui plaire et de le servir d'une manière conforme h sa volonté. » Le saint connaissait par expérience l'efficacité d'un tel moyen.

]\Iacaire d'Alexandrie était uni par les liens d'une amitié sainte avec Macairc d'Egypte, surnommé ^ancien : ce dernier édifiait par ses vertus le désert de Scété. Lu jour que ces deux grands hommes passaient leXil dans un bac, des officiers, suivis d'un nombreux cortège, se trouvèrent par hasard avec eux : frappésdela joieetdcla sérénité qui éclataient sur le visage des deux solitaires, ils se disaient l'un à l'autre qu'ils devaient goûter un bonheur parfait dans leur pauvreté. « Tous avez raison, répondit Macaire d'Alexandrie en faisant allusion à son nom et à celui de son compagnon, vous avez raison de nous appeler heureux, car c'est notre nom. Mais si nous sommes heureux en méprisant le monde, que doit-on penser de vous qui vous plaisez dans ses chaînes? )) Ces paroles, prononcées avec ce ton de voix énergique qui annonce la conviction intérieure

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de l'ame, touchèrent si viveaient rofficier quî avait parlé le premier qu'à son retour il distribua son bien aux pauvres pour einbrasser la vie solitaire.

Mais en vain notre saint aurait été le modèle des anachorètes s'il n'eût pas conservé dans toute son intégrité le précieux dépôt de la foi. Il sut se préserver du venin de l'arianisme dont les ravages déchiraient le sein de l'Eglise. Jamais il ne prêta l'oreille aux nouveautés profanes des hérétiques ; et il était si connu par son attachement inviolable h. la doctrine catholique que Lucius , patriarche arien d'Alexandrie, le fit exiler en Syô avec S. Macaire d'Egypte. Enfin, après avoir vécu jusqu'à une extrême vieillesse , il s'endormit dans le Seigneur l'an 394 ou SgS. LesLatins en font la fête le 2 janvier. Pour les Grecs, ils l'honorent le 19 du même mois avant S. Macaire l'ancien. 11 y a encore aujourd'hui dans le désert de Nitrie un monastère quî porte le nom de S. Macaire.

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