S. MAC AIRE D ALEXANDRIE
lorsque Dieu ne se montre à elles qu'avec des consolations elles voudraient ne sortir jamais de sa divine présence; mais bientôt elles en sont distraites par la mortalité, par les besoins de la nature et par les artifices du démon. Souvent Dieu se cache afin que , rentrant en elles-mêmes , elles sentent leur propre faiblesse et comprennent que cette vie est un temps de combats et d'épreuves. C'est ce qui arriva à notre saint.
Dieu, qui prend plaisir à départir aux âmes pures des faveurs extraordinaires, faisait connaître h Macaire les choses les pins cachées et les plus impénétrables àfesprit humain. Etant un jour à l'église, il eut une vision qui lui représenta les démons occupés à tenter les frères. Ils employaient mille rUses ou pour les faire dormir, ou du moins pour les distraire. Quelques solitaires intérieurement fortifiés pnr une vertu surnaturelle, les mettaient en fuite, tandis que les autres étaient le jouet de leurs sug- . gestions. Macaire, pénétré d'une vive douleur, fondait en larmes. La prière finie, il avertit chacun des frères des distractions qu'ils avaient eues ; il leur en découvrit la source dans les pièges du démon, et les exhorta tous h redoubler de zèle et de ferveur durant ce saint exercice.
Il n'y a point de vertu qui convienne mieux à un solitaire qu'un parfait détachement des biens de la terre : aussi notre saint prouva-t-il par sa conduite qu'il était intimement persuadé de cette véiîté; il déclara dans une occasion quels étaient là-dessus ses sentiments. Un anachorète de Nitrie laissa en mourant cent écus qu'il avait amassés à faire de la toile; on s'assembla dans le désert pour délibérer
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sur l'emploi de cet argent; les uns étalent d'avis qu'on le distribuât aux pauvres, les autres voulaient qu'on Je donnât h l'église. Macaire, Pambon et les autres qu'on appelait pères, ayant été consultés, dirent qu'il fallait enterrer les centécus avec le mort, et prononcer sur lui ces formidables paroles : Que ton argent périsse avec toi. Cet exemple répandit une si grande terreur parmi tous les solitaires que dans la suite personne n'osa lien laisser après sa mort.
Macaire avait encore le don des miracles, et Pallade, qui avait vécu trois ans avec lui, en rapporte plusieurs dont il fut témoin. Nous en citerons un entre autres. Un prêtre, dont la tête était mangée d'un horrible cancer, vint à la cellule du saint dans l'espérance d'y trouver une prompte guérison. L'entrée lui en fut refusée; Macaire ne voulut pas même lui parler. Pallade le conjura de la manière la plus pressante de dire au moins quelque chose h un misérable si digne de compassion. « Il ne le mérite pas, répondit le serviteur de Dieu : sa hideuse maladie estl' effet de la vengeance céleste qui le punit pour un péché d'impureté. Cependant je prierai pour sa guérison si je puis m'assurcr de son repentir et s'il me promet de ne plus célébrer les divins mystères le reste de sa vie. » Le prêtre confessa son crime et protesta que, conformément h l'ancienne discipline de l'Eglise, il n'exercerait plus aucune fonction sacerdotale. Aussitôt le saint lui remit son péché par l'imposition des mains, et peu de jours après il s'en retourna parfaitement guéri, louant Dieu et rendant de grandes actions de grâces à Macaire.
Nous avons déjà remarqué que notre saint possédait supérieurement le talent de découvrir les