S. GREGOIRE
ÈVÊQUE DE NYSSE.
(9 mars.)
Gréîioire, frère de S. Basile le Grand, fut élevé avec soin dans la connaissance des lettres sacrées et proftines. Il resta dans le monde, et s'y unit par les liens du mariage avec Théosébie , dont les vertus ont été louées par S. Grégoire de Nazianze. Quelque temps après il renonça au monde, et se consacra au service de l'Eglise en qualité de lecteur; mais la passion qu'il avait pour l'éloquence lui fit bientôt quitter les fonctions de son ordre pour enseigner la rhétorique h de jeunes gens. Un pareil changement excita des murmures de toutes parts; on le regardait comme un désordre aussi honteux à l'état ecclésiastique que funeste à celui qui s'en était rendu coupable. S. Grégoire de Nazianze en écrivit h notre saint dans les termes les plus forts, et lui représenta si viveiiient les suites de la faute qu'il avait commise qu'il le ramena h sa première vocation.
S. Basile ayant été élevé en 370 sur le siège de Gésarée, métropole de la Gappadoce, appela son frère auprès de lui afin qu'il put en être aidé dans l'exercice de ses ronclions pastorales. Grégoire fut à son tour jugé digne de l'épiscopat , et on le char gea en 872 du gouvernement de l'Eglise de Nysse, en Gappadoce; mais il fallut user de violence pour le faire consentir à son ordination. Son attachement h la foi de Nicée lui suscita de rudes persécutions
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de la part des ariens. Ces hérétiques le calomnièrent auprès deDémosthènc , vicaire de Pont, qui envoya des soldats pour l'arrêter. Le saint se laissa prendre sans aucune résistance; mais comme les soldats ne voulaient lui accorder aucun soulagement malgré le mauvais état de sa santé et la rigueur de la saison , il s'échappa de leurs mains et se fit transporter dans un lieu retiré. S. Basile, qui craignait que la fuite de son frère n'inspirât h Démosthène quelque résolution violente , lui écrivit une lettre très respectueuse au nom de tous les évêques de Cappadoce, pour l'adoucir et pour dissiper les préventions qu'on lui avait données. Il le suppliait aussi de faire examiner l'affaire dont il s'agissait dans la province plutôt que dans les pays éloignés. Démosthène assembla à >'ysse, en 076, un concile uniquement composé de ceux qui étaient du parti des ariens. On ne voit pourtant pas qu'il se soit rien passé de considérable à l'égard de notre saint, dont le siège était alors rempli par un misérable intrus, eans foi, sans mœurs et sans capacité. Grégoire, désolé de tant de troubles , abandonna le pays. La persécution qu'il souffrait de la part des ariens lui causait bien moins de douleur que les progrès rapides que l'hérésie faisait tous les jours; il en écrivit à S. Grégoire de Nazianze , qui lui manda de mettre sa confiance en Dieu et d'espérer que l'erreur ne triompherait pas de la vérité. C'était une sorte de prédiction de ce qui arriva peu de temps après. En effet fempereur Taleus, grand protecteur de l'arianisme, étant mort en 678 , les affaires de l'Eglise changèrent tout à coup de face. Gratien, devenu seul maître de l'empire, rétablit Grégoire
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sur son siège; mais la joie qu'eut notre saint de son retour h Nysse fut troublée au commencement de l'année suivante parla mort de S. Basile, son frère, pour lequel il avait autant de vénération que de tendresse. Il alla à Gésarée afin d'assister à ses fu nérailles et de lui rendre les devoirs que la nature et la religion prescrivent également. Il fut ensuite choisi parles évêques orthodoxes d'Orient pour travailler à la réformation des abus qui s'étaient introduits dans les Églises de l'Arabie et de la Palestine; mais il n'exécuta que l'année suivante la commission dont on l'avait chargé.
Il profita de cet intervalle pour aller rendre visite à sainte Macrine, sa sœur, qu'il n'avait point vue depuis près de huit ans. Elle gouvernait un menastère de vierges dans la province de Pont. Il la trouva dans un état d'infirmité qui lui annonça qu'elle ne tarderait pas h sortir de ce monde. Il eut quelques entretiens avec elle sur des matières de piété; mais le mal de sa sœur augmentant toujours, il vit bien qu'il n'était venu que pour lui rendre les derniers devoirs. Elle mourut effectivement dans les bras de son frère, et fut enterrée dans l'église des Quarante Martyrs , qui était éloignée du monastère de sept h huit stades. Notre saint fit lui-même la cérémonie de ses funérailles.
Ce fut au printemps de l'année 5 80 que S. Grégoire de Nysse exécuta la commission qu'il avait reçue par rapport aux Eglises de l'Arabie et de la Palestine. L'empereur Théodose lui facilita le voyage en lui fournissant gratuitement un chariot public. Le saint et ceux qui raccompagnaient chantaient des psaumes le long du chemin, et observaient les jeûnes
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de l'Eglise. On ne sait pas an juste quels abus S. Grégoire reforma dans l'Arabie , ni ce qu'il y fit. Quant h la Palestine,, il y alla autant par dévotion que par nécessité. Il visita tous les lieux consacrés par les mystères de la rédemption. Les désordres qu'il y vit le scandalisèrent beaucoup, et sa douleur fut daulant plus vive qu'il ne put y remédier entièrement pendant son séjour dans la Palestine.
S. Grégoire assista au concile tenu à Constantînople en 58 1. il fut du nombre de ceux que l'on regardait en Orient comme le centre delà communion catholique; de sorte qu'il fallait communiquer avec lui pour èlrc censé appartenir à la véritable Eglise. Il assista encore à deux autres conciles de Constantinople dans les années 58y et 394. Dans le dernier il fut placé parmi les métropolitains ; c'était une dislinclion que l'on accordait à sa personne et à son mérite. Il mourut vers ran4oo. On croit que ce fut lo 10 janvier, jour auquel les Grecs ont toujours célébré sa fêle. Pour les Latins ils l'honorent le c) mars.
Les anciens ont comblé S. Grégoire de^ysse des pins l.ranx éloges; ils ont surtout relevé sa sagesse.
sa f<
01, son innocence, sa modération et sa force dans
versité. Le septième concile général était pénéîré [)Our lui delà plus profonde vénération; il lui (louiia le titre de père des pères, etprodiysit ses écrits i oîi:- confirmer l'ancienne doctrine de l'Eglise, et j oiir condamner par son suffrage les impiétés de Àesiorius.
S. Grégoire de Nysse peut être comparé aux plus célèbres orateurs de l'antiquité pour la pureté, l'aisance, la douceur, la force, la fécondité et la magnî-
s. MACÉDONE. 2 1 1
ficence de son style; mais il se surpasse en quelque sorte lui-même dans ses ouvrages polémiques. 11 y montre une pénétration d'esprit singulière et une sagacité merveilleuse à démasquer et à confondre les sophismes de Terreur. C'est celui de tous les pères qui a le mieux réfuté Eunomius. On a seulement reproché h S. Grégoire d'avoir trop donné h l'allégorie et d'avoir quelquefois expliqué dans un sens figuré des textes de l'E criture qu'il aurait été plus naturel de prendre h la lettre.
La meilleure édition des œuvres de S. Grégoire de Nysse est celle que Frontou-le-Diic donna en grecet latin, h Paris, 1 6 1 5, 2 vol. in fol. ; mais il faut y joindre le troisième volume aussi in-fol. que le même Fronton-le-Duc donna en iGio par forme d'appendice. On préfère cette édition avec le supplément à celle qui parut à Paris en i638, 5 v. iii-fol.
S. MACEDONE,
AMCTTORÎlTE en SYRIE.
(24 janvier.)
S. Macédone ne vécut pendant quarante ans qu e d'orge trempée dans l'eau; mais cette nourriture ayant considérablement altéré sa santé, il fit usage du pain, persuadé qu'il n'était point permis d'abréger sa vie pour éviter le travail et le combat. Théodoret rapporte que plusieurs malades, et sa mère entre autres, furent miraculeusement guéri* avec de l'eau sur laquelle Macédone avait fait le signe de la croix. Le même auteur assure que ce fut par les prières de ce saint anachorète que sa mère.
2 12 S. PACIEN, ÉVÊQUE.
Stérile depuis treize ans de mariage, obtint la fécondité, et qu'il lui était redevable de la naissance. S. Macédone mourut a l'âge de quatre-vingt-dix ans. Il est nommé dans les ménologes des Grecs.
Théodoret, évêque de Tyr, dont il est parlé dans la vie de S. Macédone, a composé plusieurs ouvrages, dont la meilleure édition est celle qui fut donnée à Paris en 1642, en 4 vol. in-folio. Le P. Sirmond estime surtout ses Commentaires, où le mérite delà brièveté se trouve réuni à celui de la clarté. Pholius, qui était si bon juge, loue dans Théodoret la fécondité du génie, la pureté du langage, le choix des expressions, la netteté et la politesse du style et le talent singulier de rendre chaque chose d'une manière noble et appropriée au sujet ; il lui reproche seulement de se servir quelquefois de métaphores trop hardies ; il donne sa méthode de commenter l'Ecriture par de courtes notes comme un modèle achevé en ce genre; il dit encore que ce père supprime par humilité tous les termes et toutes les citations qui sentent trop l'homme érudit, et qu'il évite toules les digressions étrangères à son sujet.
S. PACIEN,