TRAITS DÉTACHÉS
s. PIIOCAS, JARDIINIER, MARTYR.
(3 juillet.)
s. Phocas demeurait près de la porte de Sinope, ville du Pont, et s'occupait h cultiver un jardin qui lui fournissait de quoi vivre et de quoi faire aux pauvres des aumônes abondantes. Dans cette profession vile aux yeux du monde il imitait la vertu des anciens patriarches, et retraçait en quelque sorte l'état heureux où se trouvèrent Adam et Eve tandis qu'ils furent innocents.
Le saint joignait la prière au travail des mains. Sa maison était ouverte aux étrangers et aux voyageurs qui ne savaient où loger. Après avoir assisté
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libéralement les pauvres darant plusienrs années il fut trouvé cligne de donner sa ^ie pour Jésus- Christ. Malgré l'obscurité de sa profession , on le connaissait dans tout le pays à cause de sn vertu et de sa ciiarité.
On l'accusa d*ètre chrétien durant une cruelle persécution qu'on croit être celle qu'alluma Diocléiien en 5o5. Son prétendu crime était si notoire qu'on n'observa point à son égard les formalités ordinaires. Les bourreaux eurent ordi^e de l'exécuter en quelque endroit qu'ils le rencontrassent. Arrivés à Sinope, ils s'arrêtèrent à la maison dePhocas, qu'ils ne connaissaient point, et se rendirent à l'invitation que le saint leur faisait de loger chez lui. Ils furent si charmés de son honnêteté et de ses attentions qu'ilslui découvrirent ensoupant le sujet de leur voyage, et le prièrent de leur dire où ils pourraient plus aisément rencontrer ce Phocas qu'on leur avait ordonné de mettre à mort. Le serviteur de Dieu, sans témoigner la moindre surprise, leur répondit qu'il le connaissait bien et que le lendemain malin il leur donnerait toutes les instructions dont ils avaient besoin.
S'élant retirés pour aller se coucher, le saint creusa un tombeau, prépara tout ce qui était nécessaire pour enterrer son corps, et employa le reste de la nuit à se disposer à sa dernière heure. Quand le jour fut venu il alla ti'ouver ses hôtes, et leur dit que Phocas était en leur puissance, et qu'il ne tenait plus qu'à eux d'exécuter la commission dont ils étaient chargés. Comme ils lui demandaient où il était, il répondit avec tranquillité : « Le voici devant Y0\i8; c'est moi-même.» Frappés d'une pareille ré-
SAINTE LUCE, VIEBGE, 225
ponse, ils restèrent quelque temps immobiles, ne pouvant se résoudre à tremper leurs mains dans le isang d'un homme qui montrait tant de vertus et [qui les avait reçus dans sa maison avec une si grande icordialilé. Phocas les encourageait indirectement 'en leur répétant qu'il ne craignait point la mort puisqu'elle devait lui procurei" les plus précieux avantages. Revenant à la lin de leur surprise, ils lui coupèrent la tête. On bâtit depuis une église de son nom, qui devint célèbre dans tout TOrient, et on y déposa la plus grande partie de ses i^liques.
SAINTE LUCIE, VULGAIREMENT SAINTE LUCE , VIERGE ET MARTYRE DE SYRACUSE.
(13 décembre.)
Sainte Luce, si célèbre dans l'histoire de TEglife de Sicile, sortait d'une famille noble et riche de la ville de Syracuse. Elle eut le bonheur d'être élevée dans la religion chrétienne. Elle était encore enfant lorsque son père mourut. Eutychie , sa mère, eut soin de lui inspirer les plus vifs sentiments de piété. Ces premières impressions, que la grâce faisait fructifier, opérèrent de merveilleux effets. Luce n'avait de goût que pour la vertu, et elle promit à Dieu, dans un âge encore tendre, de garder une virginité perpétuelle; mais elle tint ce vœu secret, et sa mère, qui n'en avait aucune connaissance, lui proposa de se marier. Luce chercha les moyens propres a empêcher l'exécution de ce projet.
Sur ces entrefaites sa mère tomba malade, et fut attaquée d'un llux de sang qui la fit beaucoup souf-