TOME III. i
286 s. JEAN CIIBYSOSTOME.
S. Chrysostome joignait la profondeur du plus habile dialecticien : de là cette supériorité avec laquelle il résout les diflicultés les plus captieuses et pousse Terreur jusque dans ses derniers retranchements ; supériorité qui éclate surtout dans les ouvrages polémiques que ce père composa contre les Juifs, les anoméens et quelques autres hérétiques. Disons-le cependant, les importantes matières que S. ('chrysostome avait à traiter dans ses discours lui donnaient un grand avantage sur les orateurs païens. On ne peut non plus lui comparer les plus célèbres philosophes de l'antiquité, ill'emporte autant sur eux que la morale évangcliquc l'emporte sur celle qui part de l'esprit humain.
Les ecclésiastiques devraient se faire un petit recueil des ouvrages choisis de S. Chrysostome; il servirait merveilleusement à leur former le style, surtout s'ils le hsaient avant que de se mettre à composer : leur esprit et leur imagination se monteraient alors au ton de la vérilaLle éloquence.
Traductions latines de S. Chrysostome.
De toulos les premières traductions de S. Chrj-sostome il n"y a que celles du père Fronton leDac qui soient exactes. Le père de Montfaucon les a adoptées dans son édition de ce saint docteur, et il n'y a traduit que les ouvrages qui ne l'avaient point été par le savant jésuite. L'édition de S. Chrysostome donnée par le père de Montfaucon est la plus complète que nous ayons; on désirerait seulement que la version latine fut plus élégante et approchât davantage de la beauté de Toriginal. Ceux ryui sont en état de- se passer du secours d'une traduction préfèrent
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l'édition du même père par le chevalier Henri Savillej elle est plus belle et plus exacte que celle du P. de Montfaucon. Elle fut imprimée h Etone en 1612, en 9 vol. in- fol.
Traductions françaises.
Nicolas-Fontaine de Port-Royal ayant donné une traduction des homélies sur les épîtres auxRomains, aux Ephésiens, etc. , fut obligé de se rétracter parcequ'il avait fait parler le saint docteur en nestorien. L'abbé le Merre a traduit les homélies sur S. Jean, et l'abbé de BcUegarde, les homélies sur la Genèse et sur les Actes, ainsi que quatre-vingthuit discours choisis. La traduction des homélies sur S. Matthieu, imprimée sous le nom de ^L dcMarsilly,est de M. le Maître et de M. de Sacy, son frère. M» de Maucroix donna en 1G71 la' traduction des homélies au peuple d'Antioche, et le père Duranti àe Bonrecucil, de TOraloire, celle des panégyriques des martyrs en 1735. Ce dernier a traduit encore les lettres de S. Chrysostomc avec le traité dans lequel le saint docteur prouve que personne ne peut faire de tort à celui qui ne s'en fait pas à soi-même. Paris , 1752, 2 vol. in-8°.