S" ^^A.N CHRYSOSTOME
de l'abréger. Théodoret a fait aussi la même chose dans ses excellentes notes sur le texte sacré. Notre saint docteur servira toujours de maître et de /nodèle aux prédicateurs et aux théologiens quand il s'agira d'expliquer l'Ecriture. Il suivait dans cette étude une méthode qui est sans contredit la meilleure, comme l'a observé M. Hare, évêque protestant de Chichester: c'était de méditer continuellement ces divins oracles afin d'en bien pénétrer l'esprit et d'acquérir une parfaite connaissance des préceptes qui y sont contenus. Ajoutez h cela les dispositions d'un cœur pur, docile , fermé h toute vaine curiosité, uniquement occupé du soin de sa propre sanctification et de celle des autres. Voilà ce qui lui mérita de découvrir dans la parole de Dieu ce que des hommes vulgaires n'y voient pas. Il aperçoit une sainte énergie jusque dans un mot, jusque dans la moindre circonstance. 11 développe avec une sagacité merveilleuse les grands principes de la morale chrétienne, et présente les vérités du salut avec cette force et cette onction qui caractérisent une ame parfaitement exercée h la pratique de toutes les vertus. Quel autre qu'un saint pourrait aussi bien expliquer les propriétés et les effets de chaque vertu, en graver l'amour dans les cœurs et indiquer les moyens de l'acquérir? On remarque dans les autres moralistes une certaine sécheresse lors même que par la beauté du langage ils flattent l'oreille et plaisent à l'esprit. Il n'y a qu'un saint qui ait le privilège d'aller au cœur, de le remuer, de l'échaufler. 11 n'y eut peut-être jamais d'orateur aussi accompli que S. Chrysostome. Quelle clarté ! Rien chez lui n'embarrasse le lecteur : on le comprend sans
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peine et sans étude. Qu'on cesse de nous vanter l'harmonie des périodes d'Isocrate; elle n'est, cette harmonie, qu'un assemblage puérile de mots artistemcnt compassés lorsqu'on la compare à la douceur incomparable qui résulte dans S. Chrysostome d'une expression aussi heureuse qu'aisée et naturelle. Qui connut jamais comme lui celte délicatesse et cet atticisme qui caractérisent plus ou moins les célèbres écrivains de la Grèce ? Quelle beauté et quelle élégance dans les tours ! quelle fécondité dans le choix des mots, qui coulent comme d'une source intarissable! Est-il obligé de traiter plusieurs fois le même sujet , jamais il ne se copie , ii est toujours original. La vivacité de son imagination lui fournit une multitude d'images et de fleurs dont il embellit chaque période. Rien de tiré dans ses métaphores et ses comparaisons; elles sortent du fond même du sujet, et ne servent qu'à donner plus de force au discours et à l'imprimer plus avant dans l'esprit. Habile dans la connaissance des ressorts qui font mouvoir les passions, il les excite à son gré et selon la nature de la matière qu'il traite. Son style, approprié au sujet, est quand il le faut simple, fleuri, sublime, tempéré. Si l'on disait que S. Chrysostome n'avait point le style épistolaire, nous le justifierions en disant qu'on doit regarder ses lettres comme de véritables traités à cause des matières qui en font le sujet. Nous conviendrons encore que tous ses discours ne sont pas également châtiés ; mais ceci venait bien moins du défaut de préparation que des langueurs de la maladie, de l'embarras des affaires et de ces inégahtés qu'éprouvent quelquefois les plus beaux génies. Aux talents qui font le grand orateur