S. INNOCENT, PAPE
une réconciliation entre Alaric et l'empereur Honorius; mais ses démarches n'eurent aucun effet. L'armée de l'empire, commandée par Stilicon, et celle des Goths en vinrent aux mains en 4o5, La victoire se déclara pour les premiers. Les barbares travaillèrent fortement à réparer leurs pertes. Alaric marcha contre Rome, et, sur le refus que fit l'empereur de lui donner le commandement de «es troupes, il prit cette ville le 24 août 4io et l'abandonna au pillage. Rien ne fut épargné que Téglisè de Saint-Pierre et de Saint-Paul, à laquelle le vainqueur avait accordé le privilège de sanctuaire. Le pape était alors à Ravenne avec Ilonorius. Alaric mourut l'année suivante; mais Ataulphc, son beaufrère , lui succéda et saccagea Rome une seconde fois.
Après le départ des barbares le saint pape revint à ilome, et par sa présence seule il consola son peuple affligé. 11 apprit aux fidèles à profiter pour leur salut des calamités qui venaient de fondre sur eux. La patience avec laquelle ils souffrirent la perte de leurs biens et de tout ce qu'ils avaient de plus cher édifia singulièrement les païens. Ceux-ci ne s'en tinrent point h une stérile admiration des vertus dont ils étaient témoins, ils se présentèrent enfouie pour se faire instruire et pour demander le baptême. Le pape les confirma dans leurs saintes dispositions et forma d'eux un peuple nouveau, qui ne s'occupa plus que de la pratique des bonnes œuvres.
Innocent ne se bornait pas au soin de TEglise romaine; il écrivit plusieurs lettres qui seront des monuments éternels de son savoir et de son zèle. Celles surtout qu'il adressa à S. Exupère, évêque deTou-
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louse, et h Décentius, évêque de Gublo, en réponse h plusieurs questions qu'ils lui avaient faites , contiennent des règles utiles et des décisions fort sages. Il dit dans la première qu'on ne doit jamais refuser l'absolution aux pénitents qui sont au lit de mort, pour ne pas imiter la dureté des novatiens. Il dit dans la seconde qu'il n'appartient qu'aux évéques de conférer le Saint-Esprit dans la confirmation en oignant d'huile le front des personnes baptisées , parccqu'ils sont les seuls qui aient la plénitude du sacerdoce; et il ajoute qu'il ne peut réciter les paroles dont on se sert en conférant ce sacrement de peur de dévoiler les mystères aux infidèles. Il use de la même réserve on parlant du saint sacrifice , tant était inviolable le secret avec lequel les premiers chrétiens traitaient tout ce qui avait rapport aux sacrements. Dans cette même lettre Innocent parle aussi de l'extrême-onction donnée aux malades, ce qui ne doit se faire, dit-il, qu'à l'égard des pénitents qui ont été réconciliés, parceque l'extrême-onction est un sacrement et que les sacrements ne peuvent être administres h ceux qui sont encore en pénitence. Cet endroit remarquable prouve que dans les premiers siècles l'extrême-onction était aussi bien regardée comme un sacrement que l'eucharistie. Innocent ne condamne point les laïques qui, par une dévotion usitée en ces temps-là, se servaient des saintes huiles, mais sans employer les paroles sacramentelles. A la demande qu'on lui fit, savoir si les évcques pouvaient donner l'extrêmeonction , qui était communément administrée par les simples prêtres, il répond qu'ils le peuvent sans doute puisque les prêtres le font. Il suppose donc
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comme une chose indubitable que c'est aux prêtres et non aux laïques à administrer ce sacrement.
Les conciles de Carthage et de Milèvc, ayant condamné en 4 16 les erreurs des pélagiens, écrivirent au saint pape pour l'informer de ce qui avait été fait. Les deux lettres synodales furent rédigées par S. Augustin. Innocent dans sa réponse aux pères de Milève dit : « que toutes les matières eclésiastiques du monde chrétien doivent être portées de droit divin au siège apostolique , c'est h dire h S. Pierre, l'auteur de ce nom et de cet honneur, b Il recommande aux mêmes évéques d'en agir ainsi. « Par Ih, ditril, vous suivrez l'ancienne coutume, que vous savez aussi bien que moi avoir toujours été observée par tout le monde. » Lorsque l'acte de confirmation donnée par le pape aux conciles de Carthage et de Milève fut arrivé en Afrique, S. Augustin dit dans un de ses discours : « Les décisions des deux conciles ont été envoyées au siège apostolique; les rescrits de ce siège sont venus, la cause est présentement finie : fasse lo ciel que l'erreur puisse aussi finir I b
S. Innocent termina sa vie en défendant avec zèle la doctrine de la grâce de Jésus-Christ. Il mourut en 417 après avoir siégé quinze ans.
SAINTE ELSTOCHIE,