‹ Vies choisies des principaux saints (volume 3)Chapitre 7 sur 73 · S. CYRILLE · texte numérisé non relu

S. CYRILLE

ARCHEVÊQUE DE JÉRUSALEM, DOCTEUR DE l'ÉGLISE ET CONFESSEUR.

(18 mars.)

Cyrille naquit vers l'an 5i5 à Jérusalem ou dans les environs de cette ville; il s'appliqua de honne heure h l'étude des divines Ecritures et puisa une connaissance parfaite de la doctrine de l'Eglise dans les écrits des Pères qui l'avaient précédé. Il lut aussi les écrits des païens, persuadé qu'il y trouverait des armes pour combattre l'idolâtrie avec succès. Maxime, évêque de Jérusalem, l'ayant ordonné prêtre vers l'an 545, le chargea du soin d'annoncer la parole de Dieu. Il fut aussi chargé de l'instruction des catéchumènes , et exerça plusieurs années l'importante fonction de catéchiste. Il succéda h Maxime sur le siège de Jérusalem, vers la fin de l'an 55o.

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Le commencement de son épiscopat est célèbre dans l'histoire par nn miracle que Dieu opéra pour honorer l'instrument de notre salut. Comme le fait est intéressant et appuyé sur des autorités incontestables , nous allons le rapporter ici. Voici les propres paroles de S. Cyrille, dans la lettre qu'il écrivit à l'empereur Constance h ce sujet : « Le jour des nones (le 7 mai) , vers la troisième heure (vers les neuf heures du matin), il parut dans le ciel une grande lumière en forme de croix, qui s'étendait depuis la montagne du Calvaire jusqu'à celle des Olives. Elle fut aperçue, non par une ou deux personnes, mais par toute la ville. Ce n'était pas un de ces phénomènes passagers qui se dissipent surle-champ : celte lumière brilla à nos yeux durant plusieurs heures, et avec tant d'éclat que le soleil même ne pouvait l'effacer. Les spectateurs, pénétrés en même temps de crainte et de joie, coururent enfouie à l'église ; les vieillards et les jeunes gens, les fidèles et les idolâtres, les citoyens et les étrangers , tous n'eurent qu'une voix pour louer notre Seigneur Jésus-Christ , le fils unique de Dieu , dont la puissance opérait ce prodige, et ils reconnurent tous ensemble la vérité de la religion à laquelle les cieux rendaient témoignage. » S. Cyrille terminait sa lettre en faisant des vœux pour que l'empereur plit glorifier h jamais la sainte et consuùstanticUc Trinité. L'Église grecque honore le 7 de mai la mémoire de l'apparition miraculeuse de la croix.

Quelque temps après cet événement il s'éleva une dispute assez vive entre S. Cyrille et Acace , archevêque de Césarée. On sait que ce dernier fut un des plus fougueux partisans de l'arianisme. L'at-

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lâchement de notre saint h la foi de Nicée nxit le comble à la haine qu'Acace portait à Cyrille ; il enaploya tous les moyens pour le perdre. Il le cita h un conc le composé d'évêques ariens auquel il présidait. Deux ans s'étant écoulés sans que Cyrille comparût, on prononça contre lui une sentence de déposition. Il en appela à un tribunal supérieur , mais cette démarche n'ayant produit aucun effet, il fut obligé de céder à la violence. Il se retira à Antioche, puis à Tarse en Cilicie. Sylvain, évêque de celte dernière ville, le reçut avec honneurs et lui permit même d'exercer toutes ses fonctions, regardant comme nulle la sentence portée contre lui par Acace et les évéques de son parti. Il fut rétabli dans le concile tenu à Séleucie en Sog; mais les ariens vinrent à bout par leurs calomnies de le faire déposer une seconde fois, l'année suivante, dans unconcile de Constantiuople.

Julien^ surnommé Y Apostat , ayant pris les rênes de l'empire après la mort de Constance, arrivée en 56 1 , rappela tous les évêques exilés et leur permit de retourner dans leurs diocèses. Son dessein était d'entretenir la division entre les orthodoxes et les hérétiques , dans l'espérance de décréditer par là le christianisme. Ce fut ainsi que Dieu se servit de la politique de l'empereur pour rendre le saint à son Eglise. Peu de temps après son retour Cyrille fut témoin oculaire d'un des plus grands prodiges qui aient jamais été opérés en faveur de la religion de Jésus-Christ,

Dès la naissance du christianisme l'idolâtrie s'arma de tout son pouvoir afm d'en empêcher l'établissement. On condamna ceux qui en faisaient pro-

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fessîon à des tortures dont le souvenir glace encore d'effroi ; mais leur sang répandu était comme une semence féconde qui multipliait de jour en jour le nombre des disciples de Jésus-Christ. Julien , instruit par l'expérience de l'inutilité des persécutions, employa de nouvelles armes pour anéantir le nom chrétien. Il affecta d$ montrer à l'extérieur une grande modération, feignant même d'improuver la conduite des persécuteurs. A la faveur de l'hypocrisie et de la dissimulation , il se flattait d'en venir à ses fins. Il entreprit pour saper le christianisme dans ses fondements de convaincre de faux Jésus-Christ, qui avait prédit que le temple de Jérusalem serait détruit et que jamais on en le relèverait de ses ruines. Il écrivit aux Juifs une lettre très flatteuse; il les y déchargeait de toutes sortes de tributs et leur demandait le secours de leurs prières pour la prospérité de son empire. « Faites des vœux, leur disait-il, pour que je revienne victorieux de la guerre des Perses , je rebâtirai Jérusalem, afin de l'habiter avec vous et d'y rendre gloire au Tout- Puissant. » Ce langage était plein d'hypocrisie , car Julien en toute rencontre parle avec le dernier mépris de la religion judaïque.

Julien ordonna ensuite aux principaux d'entre les Juifs de retourner dans leur patrie pour rebâtir ce temple , il leur promit en même temps de les aider de tout son pouvoir et de faciliter l'exécution de cette entreprise. A cette nouvelle, les Juifs accourent de toutes parts h Jérusalem. Fiers de la protection de l'empereur , ils insultent les chrétien* et les menacent de leur li\ire éprouver les plus rigoureux traitements. Les femmes juives donnaient

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leurs bijoux et leurs pierreries pour contribuer aux frais de l'entreprise. Julien chargea ses trésoriers de leur fournir l'argent nécessaire pour la construction du temple; il leur envoya même d'habiles architectes. Tout étant ainsi disposé , on travailla avec une ardeur incroyable. Les femmes les plus délicates mettaient la main Ji. l'œuvre et emportaient les décombres dans leurs robes les plus précieuses.

S. Cyrille , qui voyait tous ses préparatifs , ne montrait pas la moindre inquiétude; il soutenait toujours que les oracles divins auraient leur entier accomplissement; il assurait même que les efforts des Juifs ne serviraient qu'h vérifier plus parfaitement la prophétie du Sauveur, qui avait dit, en parlant du temple de Jérusalem , qu'il ny resterait pas pierre sa?' pierre. Cependant la démolition avançait, et l'on se préparait à placer les nouveaux fon déments; mais c'était là que Dieu attendait ses ennemispour les confondre. Ecoutons un auteur dont on ne peut suspecter le témoignage : c'est Ammîen Marcellin, qui était païen de religion , et qui a fait de Julien le héros de son histoire : « Pendant que le comte Alypius, assisté du gouverneur de la province, pressait vivement les travaux, d'effroyables tourbillons de flammes s'élancèrent des endroits contigus aux fondements , brûlèrent les ouvriers et leur rendirent la place inaccessible. Enfin cet élément persistant toujours avec une espèce d'opiniâtreté à repousser les ouvriers, on fut obligé d'abandonner l'entreprise. » Yoilh de quelle manière s'exprime un historien qui adorait les idoles du paganisme et qui était admirateur de Julien. Il n'y a que la

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force de la vérité qui ait pu lui arracher un pareil aveu.

Les écrivains ecclésiastiques entrent dans un détail plus circonstancié de cet événement miraculeux. Tous les auteurs qui vivaient dans le siècle de Julien s'accordent quant au fond , et ne diffèrent entre eux que par rapport h quelques circonstances. Julien lui-même , quoique par des expressions captieuses et étudiées, rend hommage à la vérité.

A la vue d'un triomphe aussi glorieux pour le christianisme, S. Cyrille adora la toute-puissance de Dieu, et continua de travailler avec zèle au salut de son troupeau. Son attachement inviolable à la foi de Jésus-Christ le rendit odieux h Julien ; et il avait résolu, dit Orose, de le sacrifier à sa haine; mais la mort le prévint et l'empccha d'exécuter son détestable projet. Notre saint fut encore exilé en o6y par l'empereur Valens; il ne revint dans son diocèse qu'en SyS, lorsque Gratien, étant parvenu à l'empire, ordonna que les églises fussent restituées à ceux qui étaient unis de communion avec lepapcDnmasc. S. Cyrille ayant trouvé son troupeau divisé par le schisme et l'hérésie, il travailla à rétablir la paix et l'unité de doctrine. Il assista en 38 1 au concile général de Conslantinople et souscrivit à la condamnation des demi-ariens et des macédoniens. Enfin il mourut en 38G dans la soixante dixième année de son âge.

On remarque dans les Catéchèses de S. Cyriiie beaucoup de force et de justesse dans les raisonnements : il y explique les dogmes de la religion chrétienne avec autant de netteté que de précision. Son

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