‹ Vies choisies des principaux saints (volume 3)Chapitre 9 sur 73 · SAINTE MONIQUE · texte numérisé non relu

SAINTE MONIQUE

VEUVE

(4 mai.)

Monique naquit en 352, d'une famille où régnait la piété et la crainte de Dieu. Elle fut élevée par une femme qui était depuis long-temps dans la maison de ses parents, et qui par sa piété avait mérité que ses maîtres lui confiassent l'éducation de leurs filles. La sage gouvernante avait le plus grand soin de ses élèves ; elle leur inspirait les maximes de la vraie piété, réprimait les saillies de leurs passions naissantes, et les portait autant par ses exemples que par ses discours h l'amour du devoir et de la religion. La condescendance qu'elle avait pour la fai-

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blesse de leur âge ne dégénérait point en cette molle complaisance qui souffre et permet tout. Noa seulemenl elle leur faisait observer à table une exacte sobriété, mais elle ne leur permettait pas même de boire de l'eau hors de leur repas. Cependant, malgré ces précautions, Monique prit insensiblement du goût pour le vin, comme elle l'avoua depuis h Augustin, son fils. C'était elle qu'on envoyait ordinairement à la cave : avant de verser la liqueur dans la bouteille elle en avalait quelques gouttes, ce qui était l'effet de la légèreté et de cette impétuosité qu'on a coutume de remarquer dans les enfants. Insensiblement elle en vint jusqu'à aimer le vin et à en boire avec plaisir toutes les fois que l'occasion s'en présentait. Dieu se servit pour la corriger d'une querelle qu'elle eut avec une servante ; celle-ci, iqstruite de ce qui se passait parcequ'elle suivait ordinairement sa jeune maîtresse h la cave, lui fit de sanglants reproches, et la traita même d'ivrognesse. Monique, vivement piquée, sentit toute la honte du vice dont ou l'accusait et se corrigea. Peu de temps après elle reçut le baptême et se conduisit toujours de la manière la plus édifiante.

Lorsqu'elle fut en âge d'être mariée on lui fit épouser Patrice, bourgeois de Tagaste, homme d'honneur mais païen de religion. Elle eut toujours pour lui une soumission parfaite. Le principal moyen qu'elle employait pour le retirer du vice était une conduite irréprochable. Par là elle vint 5 bout de mériter son estime, son amour et son respect. Lorsqu'elle le voyait en colère elle observait de ne point le contredire; sa fougue étant pa$-

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