‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 48 sur 104 · SUR LA MORT DES PERSÉCUTEURS · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DES PERSÉCUTEURS

dans le Tibre, et s'y noya. Maximin II, vaincu par Licinius, se vit obligé de révoquer les édils qu'il avait portés contre les cbrétiens, et mourut dans des douleurs affreuses. Voici comme la chose arriva. Pendant que son armée était rangée en bataille il se tint lâchement caché dans son palais. La victoire s'étant déclarée pour Licinius, il s'enfuit à Tarse, et comme il ne trouvait aucune retraite assurée , il éprouva toutes les agitations que peut causer une vive crainte de la mort. Une plaie horrible lui couvrit en même temps tout le corps. Dans les redoublements de la douleur il se roulait par terre comme un furieux. Epuisé par de longs jeûnes , son corps n'offrait plus que la forme d'un squelette hideux. Il perdit l'usage de la vue , et les yeux lui sortirent de la tête. Il vivait cependant toujours et faisait l'aveu de ses crimes. Inutilement il appelait la mort à son secours; elle ne vint terminer ses maux que quand il eut reconnu qu'il méritait tout ce qu'il souffrait pour avoir si cruellement traité Jésus-Christ dans la personne de ses disciples. Cet auteur ajoute que les gouverneurs des provinces qui avaient servi la rage de Maximin contre les chrétiens furent tous mis à mort. Il compte Picence, Culcien , Théoctène, Urbain, Firmilien, etc.

Licinius était un prince aussi cruel qu'ignorant. Il ne savait ni lire ni écrire son nom; ennemi déclaré des gens de lettres, il en fit mettre plusieurs à mort. Il favorisa quelque temps le christianisme pour faire sa cour à Constantin, et l'on a même prétendu qu'il avait eu dessein de l'embrasser ; mais à la fin il leva le masque et persécuta l'Eglise. Constantin l'ayant défait le condamna à mort en 323.

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