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fants, dont tout le crime était d'avoir reçu le joue de parents chrétiens. Pendant les ravages de la persécution à Ancyre Théodote assistait les confesseurs prisonniers, et enterrait les corps des martyrs. Le gouverneur ayant fait offrir aux idoles toutes les denrées nécessaires à la vie avant qu'elles fussent exposées en vente, les chrétiens se voyaient réduits ou à mourir de faim, ou à participer à l'idolâtrie; ils étaient même dans l'impossibilité de faire leur offrande à l'autel. Théodote s'était heureusement pourvu d'une ample provision de blé et de vin qui n'avaient point été souillés par les cérémonies sacrilèges des païens. Il les vendait au prix qu'ils lui avaient coulé. Ce fut ainsi qu'a la faveur d'une profession autorisée par les lois le cabaret de Théodote s'était changé en un asile pour les chrétiens de la ville , que sa maison était devenue un lieu de prières où l'on s'assemblait pour adorer le vrai Dieu , que les malades trouvaient chez lui une infirmerie, et les étrangers un hospice assuré.
Parmi ceux qu'on avait arrêtés pour la foi étaient sept vierges , qui dès l'enfance s'étaient exercées à la pratique de la vertu. Le gouverneur les trouvant inébranlables dans la foi, les livra à de jeunes libertins pour les outrager en mépris de leur religion , et pour leur ravir cette chasteté dont elles avaient été toujours si jalouses. Elles n'avaient pour se défendre que les prières et les larmes qu'elles offraient à Jésus-Christ. Un de ces libertins, qui surpassait les autres en impudence, saisit Técuse, la plus âgée des vierges, et la tira à part. Celle-ci fondant en pleurs se jeta h ses pieds, et lui dit : «Mon fils, que prétendez-vous faire? Considé-
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rez que nous sommes consumées de vieillesse, de jeûnes , de maladies ct'de tourments. J'ai plus de soixante-dix ans , et mes compagnes ne sont guère moins âgées. » Ayant ensuite ôté son voile pour lui montrer ses cheveux blancs, elle ajouta : «Peutêtre avez vous une mère de mon âge. Si cela est , qu'elle devienne notre avocat auprès de vous. Nous ne demandons que la permission de verser librement des larmes. Puisse Jésus-Christ vous récompenser si , comme je l'espère, vous nous épargnez.)) Un discours si touchant éteignit le feu impur dans le cœur des jeunes libertins; ils mêlèrent même leurs larmes à celles des sept vierges, et se retirèrent en détestant l'inhumanité du juge.
Théoctène ayant appris qu'elles avaient conservé leur pureté se proposa ensuite de faire initier les sept vierges aux mystères de Diane et de Minerve, et de les établir prêtresses de ces prétendues divinités. Les païens d'Ancyre étaient dans l'usage d'aller tous les ans laver leurs images dans un étang voisin de la ville. On conduisit au même étang nos saintes pour y être également lavées. Elles se montrèrent insensibles aux flatteries et aux promesses du gouverneur; elles repoussèrent avec indignation les anciennes prêtresses qui leur présentaient la couronne et la robe blanche comme une marque du sacerdoce qu'on leur conférait. Alors Théoctène ordonna qu'on leur attachât de grosses pierres au cou et qu'on les jetât à l'endroit où ljéj tang avait le plus de profondeur. L'ordre ayant été exécuté, elles perdirent la vie sous les eaux.
Théodote désirait bien ardemment de trouver des moyens pour tirer de l'eau les corps des sain-