S. SYLVESTRE, PAPE
tion du christianisme, par le zèle qu'il montra pour l'accomplissement de ses devoirs. Il mourut le 01 décembre555, après avoir siégé vingt-un ans et onze mois. Il fut enterré dans lecimelièredePriscille. S. Grégoire-le-Grand prononça sa neuvième homélie sur les Evangiles le jour de sa fête et dans une église qui avait été dédiée sous son invocation par le pape Symmaque. Le pape Serge II transféra dans cette église le corps du saint, et l'y déposa sous le grand autel. Les anciens parlent d'un autel consacré à Dieu en son honneur h Vérone, vers l'an 5oo. S. Sylvestre est nommé dans l'ancien martyrologe, dit de S. Jérôme, et publié par Florentinius, ainsi que dans ceux de Bède, d'Adon, d'Lsuard, etc. Le pape Grégoire IX voulut en 1227 étendre sa fête à toutes les Eglises qui suivent le rit latin. Les Grecs l'honorent le 2 janvier.
Le sang chrétien ayant coulé pendant près de trois siècles dans les différentes parties du monde, les persécuteurs mirent Las les armes et se soumirent enfin au joug de la foi. Ce triomphe de la vraie religion sur l'idolâtrie est bien capable d'exciter notre reconnaissance. Mais vivons-nous d'une manière conforme à la foi ? la faisons-nous régner dans nos cœurs? Un de nos premiers devoirs c'est de regarder Dieu comme le principe et la fin de toutes nos actions, et d'avoir continuellement en vue sa gloire et l'accomplissement de sa volonté. Ainsi les jours, les heures, les moments qui composent l'année, devraient former une couronne de bonnes œuvres dignes d'être offertes à Dieu. Déplorons notre négligence h remplir ce devoir essentiel, et formons de saintes résolutions pour l'avenir;
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tâchons de découvrir les omissions et les fautes de l'année qui finit ; prenons des mesures pour nous corriger et pour mieux régler dans la suite les pensées de notre esprit, les mouvements de notre cœur et tout le cours de nos actions.
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ET PLUSIEURS AUTRES SAINTS MARTYRS EX PERSE. (22 avril.)
La trente-deuxième année du règne de Sapor II, le jour même où souffrirent S. Siméon et ses compagnons, c'est à dire le vendredi saint, qui était le 1 -j d'avril de notre année solaire, il parut en Perse un édit sanglant qui menaçait de l'esclavage et même de la mort les chrétiens qui ne renonceraient pas à leur religion. On ne voyait de toutes parts que des instruments de supplices. Les fidèles loin de trahir leur loi volaient généreusement a la mort, et les bourreaux fatigués s'avouèrent plus d'une fois vaincus par les victimes de leur cruauté. « La croix, dit S. Maruthas, germa sur le bord des ruisseaux de sang, La vue de ce signe salutaire fit tressaillir de joie la sainte troupe des fidèles; elle les remplit d'un nouveau courage, qu'ils inspirèrent aux autres. Enivrés des eaux fécondes du divin amour, ils enfantèrent une race spirituelle digne de leur succéder. » On ne cessa de massacrer les chrétiens depuis la sixième heure du vendredi saint jusqu'au second dimanche de la Pentecôte.
La nouvelle del'éditnesc fut pas plus tôt répandue dans les provinces les plus éloignées que les gou-
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verneurs emprisonnèrent ceux qui adoraient le vrai Dieu, dans le dessein de les mettre h mort dès que les ordres du prince seraient parvenus jusqu'à eux. A peine les curent- ils reçus que tous ceux qui se dirent chrétiens furent inhumainement égorgés. Parmi les fidèles dont le sang coula pour Jésus- Christ était un eunuque chéri du roi, et qui se nommait Azade. Sapor fut si vivement touché de sa mort qu'il publia un autre édit, par lequel il restreignait la persécution aux évêques, aux prêtres, aux moines et aux religieuses. 11 y eut en cette occasion une multitude innombrable de martyrs de tout sexe et de tout âge, dont on ne sait pas les noms: Sozomène en compte seize mille; mais un ancien écrivain persan en fait monter le nombre jusqu'à deux cent mille.
Sur ces entrefaites la reine de Perse tomba dangereusement malade. Les Juifs, qui avaient toute sa confiance, lui persuadèrent que sa maladie venait d'un sortilège employé parles sœurs du bienheureux Siméon, lesquelles voulaient par là venger la mort de leur frère. On se saisit aussitôt de la vieige Tharba et de sa saur, qui étant devenue veuve s'élait engagée p;ir vœu à passer le reste de sa vie dans la continence. La servante de Tharba, qui était vierge aussi fut égalen.ent arrêtée (1). On
(1) On Irouve dès la naissance du christianisme des personnes consacrées à Dieu par le vœu de chasteté perpétuelle. Il est dit dans les Actes des aj.ùiivs que le diacre Philippe avait quaire filles vierges; delà vient que Terlullien s'écrie : Combien n'y a-i-il pas d'eunuqu s volontaires et d"j virrges de l'un et de l'aiilre s< xe ! Quoi spadones volun'ani ! Quoi virginesulrius* que sexus ! n S. Amlno:se parle de vierges consacrées à Dieu par la réception d'un voile que l'évèque bénissait à la messe.
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les conduisit toutes les trois devant les juges, où elles furent accusées d'avoir rendu la reine malade par leurs enchantements. Tharba détruisit cette accusation en montrant que le crime dont on les accusait n'était pas moins contraire à la loi divine que l'idolâtrie. Et comme l'on disait que c'était un moyen employé par la vengeance, elle ajouta : « Quelle raison pouvions-nous avoir de venger la mort de notre frère, puisqu'eiï quittant une vie périssable il est entré dans le royaume céleste ? La vengeance d'ailleurs nous est interdite par la religion
Il y avait des vierges qui se consacraient à Dieu sans recevoir de voile; mais elles avaient un habit distinctif, qui était modeste et de couleur noire ou grise. Les religieuses proprement dites s'appelaient en Syrie filles de t'allianco. On comprenait sous cette dénomination les diaconesses et la chanoinesse , c'est à dire celles qui non seulement avaient fait voeu de virginité, mais qui, en plusieurs endroits, étaient chargées de chanter les louanges de Dieu daus l'église , comme nous le voyons par la vie de S. Ephrem, écrite en syriaque. C'est dans cette classe qu'on doit mettre plusieurs vierges qui souffrirent en Perse, comme sainte Varda, les deux saintes Thècles, les trois saintes Marie, sainte Danacha , sainte Tatona, sainte Marna , sainte Muzachia, sainte Anne, sainte Abiatha, sainte Hâtes, sainte Mamlaca , sainte Tata, sainte Ama, sainte Adrana et sainte Maraca. La raison en est que le Syriens leur donnent le titre de Dnaih Kiama ou de filles de l'alliance. Les vierges de toutes les classes dont nous venons de parler vivaient dans des maisons particulières avant la fondation des monastères : mais il n'y avait point d'hommes dans ces maisons; c'est ce que nous apprenons de S. Cyprien. Le même père dit que si une de ces vierges fût tombée dans l'incontinence elle eût été regardée comme une incestueuse et une adultère , pour avoir manqué de fidélité à Jésus-Christ, son divin époux. On devait, selon Tertullien, traiter de sacrilèges celles qui abandonnaient un habit consacré à Dieu. Ces vierges menaient une vie retirée, se mortifiaient par des jeûnes rigoureux , et employaient leur temps à la prière et au chant des hymnes. Elles étaient comme les religieuses dont il est parlé dans S. Ambroise, S. Jérôme, etc.
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que nous professons. » Après cet interrogatoire les trois saintes furent menées en prison.
Comme Tharba était d'une rare beauté, un des juges conçut pour elle une passion violente : il lui fit donc dire le lendemain qu'il lui obtiendrait du roi la liberté pourvu qu'elle lui promit de l'épouser; mais la sainte refusa cette proposition avec horreur. « Je suis, dit-elle, l'épouse de Jésus-Christ ; je lui ai sacrifié ma virginité et toute ma personne. Loin de craindre la mort, je la regarde comme la fin de mes maux. En me faisant disparaître de ce monde elle me réunira à mon frère dans le sein du repos éternel. »Ses deux autres juges lui ayant aussi proposé de l'épouser, ils en reçurent la même réponse.
La mort des saintes fut aussitôt résolue. On porta L'affaire auroi, eton lui dit que le crime était prouvé: mais le prince n'en voulut rien croire; il ordonna même qu'on leur laissât la vie et qu'on les mît en liberté si elles consentaient à adorer le soleil. « Que nous proposez-vous, répondirent les saintes? Non, jamais nous ne rendrons à la créature l'honneur qui n'est dû qu'à Dieu. »Les mages s'écrièrent alors tout d'une voix : « Périssent ces malheureuses, dont les enchantements ont ravi la santé à la reine ! » Ce fut aux mages qu'on s'en rapporta sur le choix du supplice auquel les saintes seraient condamnées. Ceux-ci ordonnèrent qu'on sciât leur corps en deux et qu'on les rangeât ensuite sur deux lignes, afin quelareine put passerau milieu, ajoutant que par là elle recouvrerait la santé. Lorsque cette sentence eut été prononcée le premier juge qui avait proposé à Tharba de l'épouser revint encore à la charge, et lui fit promettre la liberté avec la vie en