MARTYR A IMOLA
(13 août.)
S. Cassien était maître d'école ; il enseignait à lire et à écrire aux enfants de la ville d'Imola, qui est à vingt-sept milles de Ravenne en Italie. Une violente persécution s'étant excitée contre l'Eglise, il fut arrêté comme chrétien, et interrogé par le gouverneur de la province. Ayant refusé constamment de sacrifier aux idoles, le juge eut !a barbarie d'ordonner que ses écoliers le piqueraient avec des stylets jusqu'à ce qu'il fût mort (1). Moins les
(1) L'ancienne manière d'écrire était une espèce de gravure, par le moyen de laquelle on formait les lettres sur des tablettes de plomb, de bois, de cire ou d'autres matières semblables. Cette opération se faisait avec des stylets de fer, de cuivre ou d'os. Ces stylets étaient affilés par un bout et pointus comme une aiguille : l'autre bout se terminait en triangle. La partie la plus large, qui servait àeffacer, étaituoe pièce séparée qu'on liait au pénicille ou pinceau. On a la figure de ces pénicilles exactement représentée d'après une ancienne peinture du martyre de S. Cassien, qui est dans un manuscrit de l'hymne de S. Prudence , lequel est du neuvième siècle et se trouve dans la bibliothèque de Berne. Voyez l'excellent catalogue de cette bibliothèque, donné parle doctre Siwner, qui en a la garde.
On écrivait sur de la cire. Les tablettes de métal et de bois
558 S. CA.SRIEN, MARTYR.
coups de ceux qu'on lui donnait pour bourreaux avaient de force, plus son supplice devenait long et cruel. On l'exposa nu au milieu d'une troupe de deux cents enfants. Les uns le frappaient au visage et sur la tête avec leurs tablettes, et les lui rompaient souvent sur le corps ; les autres le piquaient avec leurs stylets, lui sillonnaient la chair, et en enlevaient des lambeaux ; il y en avait qui se faisaient un jeu barbare d'écrire leur tâche sur sa peau. Couvert de son sang et déchiré par tout le corps, il disait à ces malheureux enfants de ne rien craindre et de redoubler leurs efforts. Par ses paroles son intention n'était pas de les encourager dans leur crime, mais d'exprimer le désir ardent qu'il avait de mourir pour Jésus-Christ. Après sa mort les chrétiens l'enterrèrent a Imola, et renfermèrent depuis ses reliques dans un riche mausolée. S. Prudence dit que dans son voyage de Piome il visita le tombeau du saint martyr, et que s'étant
ne pouvaient se plier , et Caîmet observe qu'il n'y a dans les livres de Moïse aucun mot qui signifie volume. Les tablettes qui étaient doubles se nommaient dyptiques. Les anciens avaient aussi des tryptiques et des polyptiques.
Au lieu de tablettes de métal on se servait en Egypte de feuilles ou d'écorce de papyrus, arbre qui croissait sur les bords du Nil et sur ceux du Gange. L'usage de l'éeorce du papyrus Subsista long-temps.
On inventa à Pergame le parebemin, fait de peaux de bêtes fines et bien préparés. Cette invention fut suivie de celle du papier dont on se sert aujourd'hui.
Anciennement les livres n'étaient écrits que d'un côté et faits en forme de rouleaux, et quand on venait à les déployer ils remplissaient une ebambre tout entière, comme Martial s'en plaint. Lorsqu'on les écrivit des deux côtés et sur des feuilles carrées on les réduisit à un moindre volume, comme l'observe le même poète.
S« ABRAHAM ET SAINTE MARIE. 35g
prosterné devant il implora la miséricorde divine pour ses péchés avec beaucoup de larmes. Il parle d'un tableau placé au dessus de l'autel, lequel représentait le martyre de S. Cassien, de la manière qu'il l'a rapporté. Il exhorte tous les fidèles à §c recommander avec lui h ce saint, qui ne manque point d'écouter les prières qu'on lui adresse.