‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 95 sur 104 · S. THÉODORET, PRETRE ET MARTYR · texte numérisé non relu

S. THÉODORET, PRETRE ET MARTYR

à quatre pieux, et on lui tira les jambes et les bras arec des cordes et des poulies. Ses os furent tellement disloqués et ses nerfs si allongés que son corps paraissait avoir huit pieds de long. Julien le raillait pendant tout ce temps-là ; mais le martyr l'exhortait h rentrer en lui-même et h rendre gloire au vrai Dieu et à Jésus-Christ son fils, par qui toutes choses ont été faites. On l'étendit sur le chevalet ; el tandis que son sang ruisselait de toutes parts Julien lui disait: « Je vois que vous ne sentez point assez vos tourments. Je ne les sens point, répondit le martyr, parcequeDieuest avec moi. » Le comte lui fit appliquer des torches ardentes sur les côtés. Durantcette horrible torlure le saint levait les yeux au ciel et priait Dieu de glorifier son nom dans tous les siècles. A ce moment les bourreaux tombèrent le visage contre terre. Le comte lui-môme fut d'abord effrayé; mais reprenant son caractère cruel il ordonna aux bourreaux d'appliquer de nouveau leurs torches contre le corps du martyr. Ceux-ci refusèrent d'obéir en disant qu'ils avaient vu des anges s'entretenir avec Théodoret. Julien furieux commanda qu'on allât les précipiter clans la mer. « Devancez-moi, mes frères, leur dit Théodoret; je vous suivrai en vainquant l'ennemi. » Et comme Julien demandait quel était cet ennemi: « C'est, reprit le martyr, le démon ponr lequel vous combattez. Jésus-Christ, le Sauveur du monde, est celui qui donne la victoire. » Il expliqua ensuite comment Dieu avait envoyé son Verbe dans le monde; de quelle manière !c Verbe s'était revêtu de la nature humaine dans le sein d'une vierge pour sauver les hommes par ses souffrances et sa mort. Julien , qui

Page 1