‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 97 sur 104 · S. THÉ0D0RET, PRETRE ET MARTYR · texte numérisé non relu

S. THÉ0D0RET, PRETRE ET MARTYR

quel il avait assisté avec l'empereur. Il se retira dans sa maison tellement troublé qu'il ne put prendre aucune nourriture. Le soir il ressentit une violente douleur d'entrailles; ses intestins se corrompirent, et il vomissait les excréments par la bouche. Il se forma dans les parties corrompues une quantité prodigieuse de vers et tout l'art des médecins fut inutile. Quand on appliquait des remèdes pour faire périr les vers ils s'enfonçaient plus avant et pénétraient jusqu'à la chair vive ; ils allaient dans l'estomac et sortaient de temps en temps par la bouche. On lit dans Philostorge que le comte Julien fut quarante jours sans parole et sans connaissance. Il revint ensuite à lui-même, reconnut son impiété dont il recevait le châtiment, conjura sa femme, qui était chrétienne, de prier et de faire prier pour lui. Il conjura aussi l'empereur de rendre aux chrétiens leurs églises et de leur permettre de les ouvrir. Mai» le prince ne voulut point lui accorder ce qu'il demandait ; et comme le malheureux comte insistait, se fondant sur ce qu'il n'avait quitté le christianisme que par complaisance, l'empereur ne lui lit que celte réponse : « "Vous n'avez point été fidèle aux dieux; et voilà pourquoi vous souffrez de si grandes douleurs. » Les trois derniers jours de sa vie il s'exhala de son corps une puanteur qu'il ne pouvait supporter lui-même. L'empereur le regretta peu et continua de dire que le malheur dont son oncle avait été affligé venait de ce qu'il n'avait point servi les dieux avec assez de fidélité. Félix et Elpidius eurent également une fin malheureuse. L'empereur lui- même, ayant été blessé en Perse d'un trait lancé par une main inconnue, prit de son

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sang et le jeta vers le ciel en disant : « Tn me poursuis donc encore, Galilëen ? Piassasie-toi de mon saoget glorifie-loi de m' avoir vaincu. »On le porta dans un village voisin, où il expira quelques heures après, le 26 juin 563, selon l'auteur des Actes de nos saints martyrs, lequel ajoute : Nous étions avec lui dans le palais à Antioche et en Perse. Th t'O dore l et Sozotnène sont du même sentiment ; mais on lit dans Philostorge que Julien adressa les paroles que nous avons rapportées au soleil, le dieu des Perses, et qu'il mourut en blasphémant ses propres dieux. De quelle horreur lé pécheur n'est-il pas saisi quand la vengeance divine éclate sur lui ou qu'il se trouve dans les angoisses de la mort ! Enivré par la prospérité, il semble n'être occupé sur la terre qu'à s'oublier lui-même. S'il est assez malheureux que de tomber dans l'insensibilité, ses frayeurs n'en sont que plus vives lorsqu'il est réveillé de sa léthargie et que le prestige qui l'éblouissait a disparu. Meurt-il dans cette insensibilité, son désespoir n'en sera que plus affreux dans l'éternité. Pour le vrai chrétien, il trouve en Dieu une consolation solide dans tous les événements : il met en lui sa confiance, que rien ne peut ébranler; il ne voit en tout que l'accomplissement de la volonté divine qu il chérit et à laquelle il s'abandonne sans craindre d'être confondu. Il a sans cesse devant les yeux la toute-puissance, la bonté et la miséricorde du Seigneur; il ne nomme point ses perfections, il n'y j>ense point sans se sentir pénétré d'amour et de joie. IJnc crainte filiale, jointe à une sincère componction, anime et entretient sa confiance. Il invoque son Dieu, son Rédempteur, son ami, son pro-

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tecteur; il le prie de déployer sa toute-puissance, qui ne se manifeste jamais plus admirablement que dans le pardon des péchés; de faire paraître sa miséricorde en lui inspirant les sentiments d'une sincère pénitence; et de disposer tous les événements de la manière la plus conforme à sa volonté et pour la plus grande gloire de son nom adorable.

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