‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 20 sur 83 · S. MATTHIAS · texte numérisé non relu

S. MATTHIAS

APÔTRE

(24 février.)

On ne peut guère douter que S. Matthias n'ait été un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ; du

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moins est-il certain qu'il s^attacha de bonne heure à la personne du Sauveur, et qu'il ne s'en sépara point depuis son baptême jusqu'à son ascension.

Les fidèles étant assemblés pour attendre la descente du Saint-Esprit, S. Pierre leur dit que pom" accomplir TEcriture il fallait choisir un douzième apôtre à la place de Judas. Deux de l'assemblée furent jugés dignes de cette éminente dignité : l'un était ^latthias et l'autre Joseph, appelé Barsabas, que sa piété extraordinaire avait aussi fait surnommer le Juste. On se mit aussitôt en prières afm de connaître la volonté du ciel, après quoi on procéda à l'élection par la voie du sort. Matthias ayant été désigné , on ne douta plus que Dieu ne l'eût choisi pour remplir la place vacante par la mort du traître Judas, (i)

Cette conduite des premiers chrétiens nous apprend que les motifs humains ne doivent point influer dans le choix des ministres de la religion , et qu'il faut demander à Dieu , dans la prière , la connaissance de ceux qu'il appelle h un état si saint. Aucun disciple ne se présente pour remplir la place qui vaquait dans le sénat des apôtres : pourquoi cela ? c'est qu'ils s'en croyaient tous indignes ; c'est

(1) L'usage du sort ne peut être légitime que quand il est impossible de se déterminer entre deux sujets d'un égal mérite -, il y aurait de la superstition à s'en servir hors de ce cas, à moins que Dieu n'eût révélé ou inspiré que c'est là le moyen de connaître sa volonté. Or les disciples assemblés se trouvaient dans cette position par rapport à S. Matthias. Quant aux songes et aux sorts dont il est parlé dans les prophètes, on n'en peut rien inférer de contraire à ce que nous venons de dire. Les prophètes étaient des hommes inspirés de Dieu, qui agissaient conformément aux lumières surnaturelles qui leur étaient communiquées, et nous parlons du cours ordinaire des choses humaines.

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qu'ils craignaient d'attirer sur eux la colère céleste en s'ingérant d'eux-mêmes dans les fonctions apostoliques; c'est enfin qu'ils savaient que les intrus attentent aux droits du Seigneiu% et qu'ils n'auront point de part à ses grâces spéciales sans lesquelles on ne réussira jamais dans la conduite des âmes.

Nous n'avons rien de certain sur le détail des actions de S. Matthias; on sait seulement, en général, qu'après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte il alla prêcher l'Evangile de Jésus- Christ, et qu'il consacra le reste de sa vie aux travaux de l'apostolat. Clément d'Alexandrie rapporte de lui que dans ses instructions il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité , leçon importante qu'il tenait de Jésus-Christ, etqu'ilmeltait lui-même en pratique.

Les Grecs prétendent, d'après une ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes , que S. Matthias prêcha la foi vers la Cappadocc et les côtes de la mer Caspienne; ils ajoutent qu'il fut martyrisé danslaColchide, h laquelle ils donnent le nom d'Ethiopie. Les Latins célèbrent sa fête le 24 février. On garde une partie de ses reliques h l'ahbaye de Saint-Matthias de Trêves et h Sainte-Marie-Majeure de Piomc. Il se pourrait faire pourtant, disent les BoUandistes, que les reliques de Sainle-]\ïarie-Majeure, qui portent le nomde S. Matthias, ne fussent point de l'apôtre, mais d'un autre S. Matthias qu'on sait avoir été évêqnc de Jérusalem vers l'an 320.

Notre vocation h la foi, ainsi que celle de S. Matthias , a été l'efiet d'une miséricorde toute gratuite de la part de Dieu. Il n'a rien trouvé en nous qui

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