‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 19 sur 83 · S. JACQUES LE MINEUR · texte numérisé non relu

S. JACQUES LE MINEUR

vilége d'entrer, lorsqu'il le voulait, dans cette partie du temple dont la loi ne permettait l'entrée qu'aux seuls prêtres. Les Juifs, au rapport de S. Jérôme , lui donnaient encore des preuves de leur vénération en s' empressant cil'envi de toucher le bord de sa robe.

S. Jacques assista, l'an 5i de Jésus-Christ , au concile qui se tint à Jérusalem touchant la circoncision et les autres cérémonies légales : là, après avoir confirmé ce qu'avait dit S. Pierre , il forma la décision qui fut approuvée par les apôtres et envoyée aux chrétiens que les Juifs convertis avaient voulu inquiéter.

Quant au saint évoque de Jérusalem , il tolérait l'usage des observances de la loi mosaïque : son église , en effet , n'était guère composée que de Juifs qui tenaient encore îi leurs anciennes cérémonies , et pour lesquels cette condescendance devenait nécessaire. Nous voyons aussi que les fidèles conseillèrent k S. Paul de se purifier et d'offrir un sacrifice.

Ce fut vers l'an 69 que S. Jacques écrivit en grec l'épître canonique qui porte son nom. Elle a le titre de catliolicjue ou universelle , parcequ'elle ne fut point adressée h une église particulièi-e , mais h. tout le 2orps des Juifs convertis, qui étaient disperses dans les différentes parties de l'univers. L'apôtre s'y propose de réfuter de faux prédicateurs qui, abusant de quelques expressions de S. Paul , enseignaient que la foi seule suffisait pour la justification , et que par conséquent les bonnes œuvres étaient inutiles. Il donne aussi des règles excellentes pour mener une vie sainte , et il exhorte les fidèles

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à recevoir le sacrement de rextrême-onction dans leurs maladies.

S. Paul ayant éludé, par son appel h l'empereur, les mauvais desseins des Juifs, ceux-ci résolurent de faire tomber toute leur rage sur le saint évêque de Jérusalem. Comme le gouverneur Festus mourut avant l'arrivée d'Albin, son successeur , ils profitèrent de cette circonstance pour exécuter leur détestable résolution. Le grand-prêtre Ananus, digne fils du fameux Anne, dont il est parié dans l'Evangile , assembla le sanhédrin , et fit comparaître S. Jacques avec plusieurs autres chrétiens. On accusa l'apôtre d'avoir violé la loi, et on le livra au peuple pour être lapidé.

On le porta, selon Ilégésippe, sur la plate-forme •du temple , et on voulut l'obliger de renoncer à sa foi , en sorte que sa voix fût entendue de tout le peuple. Ce sera là, lui dit-on, le moyen de détromper ceux que tu as séduits. Le saint , au lieu de faire ce qu'on exigeait de lui , se mit à confesser Jésus-Christ de la manière la plus solennelle ; élevant ensuite la voix, pour être entendu d'une grande multitude de Juifs que la fête de Pâques avait attirés à Jérusalem, il dit que ce Jésus, fils de l'homme, qui avait été crucifié, était assis à la droite de la majesté souveraine comme fils de Dieu , et qu'il viendrait un jour , porté sur les nuées du ciel, pour juger tout l'univers. Les scribes et les pharisiens transportés de fureur s'écrièrent : « Quoi donc ! l'homme juste s'est égaré aussi ! » Ils montèrent aussitôt h. l'endroit où il était , et le précipitèrent en bas.

S. Jacques ne mourut point de sa chute; il eut

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encore la force de se mettre sur ses genoux. Dans cette posture , 11 leva les yeux au ciel et pria Dieu de pardonner h ses meurtriers, en disant comme son divin maître : Ils ne savent ce qu'ils font. La populace fît pleuvoir sur lui une grêle de pierres Jusqu'à ce qu'enfin un foulon l'acheva en lui déchargeant sur la tête un coup de levier , dont il se ser- Tait pour fouler les draps. Ceci arriva le jour de Pâques, qui était le lo avril de l'an 6i de Jésus- Christ. Le saint fut enterré près du temple , à l'endroit même où il avait été martyrisé. On éleva une petite colonne sur son tombeau. Les Juifs attri- 3)uèrent à sa mort injuste la destruction de Jérusalem.

Ananus fit périr aussi quelques autres chrétiens. Alhln désapprouva hautement sa conduite, et le menaça de le punir d'avoir trempé ses mains dansle sang de tant de personnes Innocentes. Il encourut aussi, pour la même raison , l'Indignation du roi Agrippa, qui le dépouilla de la souveraine sacrifîcature.

La chaire épiscopale de S. Jacques se voyait encore à Jérusalem dans le quatrième siècle. On dit que ces reliques furent portées à Constantinople Ters l'an 5^2.

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