‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 29 sur 83 · S. MARC, ÉVANGÉLISTE · texte numérisé non relu

S. MARC, ÉVANGÉLISTE

Le saint fut traîné en effet pendant tout le jour. La terre et les pierres lurent teintes de sang, et l'on voyait partout des lambeaux de sa chair. Tandis qu'on le traitait de la sorte il ne cessait de bénir Dieu et de le remercier de ce qu'il l'avait jugé digne de souffrir pour la gloire de son nom. Le soir étant venu, les païens le jetèrent dans une prison. Il y fut consolé par deux visions que Bède rapporte dans son Véritable Martyrologe. Le lendemain matin on le traîna comme le jour précédent, et il expira dans ce supplice.

Les chrétiens ramassèrent les restes de son corps, et les enterrèrent h Bucoles, dans le lieu où ils avaient coutume de s'assembler pour la prière. En oio on bâtit une église en cet endroit. iNous lisons dans Pallade que le saint prêtre Philorome y fit im pèlerinage vers la fm du quatrième siècle. Les reliques de S. Marc furent transférées de Bucoles à Alexandrie, et elles y étaient encore dans le huitième siècle. On prétend qu'on les transporta h Venise vers l'an 8i5. On lit effectivement dans Bernard, moine français, qui eu 870 lit un voyage en Orient, que le corps de S. Marc n'était plus h Alexandrie , parceque les "\ éniliens lavaient emporté dans leurs lies. On dit qu'il est dans la magnifique chapelle du doge, mais dans un lieu secret, afin que personne ne puisse l'enlever. La république de Venise a choisi le saint évangé'isle pour son principal patron. Les églises d'Orient et d'Occident l'honorent le 20 avril.

On chante en ce jour la grande litanie, afin de fléchir la justice de Dieu, irrité par les péchés des hommes. L'origine de celle coutume est commu-

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nément attribuée à S. Grégoire -le -Grand', qui, ayant ordonné à Rome une procession générale où l'on chanta la litanie, obli^it de Dieu la cessation d'une peste cruelle (i). C'est le sentiment de S. Grégoire de Tours, qui n'écrivit que d'après le récit d'un diacre qui était pour lors à Rome, et qui avait assisté à la cérémonie. On fit station h Sainte-Marie-Majeure. S. Grégoire parle d'une semblable procession ou lilanic qui se fit treize ans aprt-s, le 29 août 6o5, l'église de Sainte-Sabine étant le lieu de la station. De Ih on a inféré que S. Grégoire ne manquait point chaque année à celte cérémonie, qui a été fixée au 2 5 avril, h la fin du septième siècle. Elle fut reçue en France et même ordonnée, comme nous le voyons par le concile d'Aix-la-Chapelle tenu en 856, et par les capitulaires de Char- Ics-le- Chauve. Du temps de S. Grégoire-le-Grand la grande litanie était accompagnée d'un jeûne strict. Il n'y a aujourd'hui qu'abstinence dans plusieurs diocèses, h cause du temps pascal. On garde encore dans quelques-uns le jeûne des stations, qui finit à none.

Rien de plus touchant que ce qu'ont dit les conciles, les pères et les saints pasteurs, sur la manière d'assister aux supplications publiques et aux processions. Le premier concile d'Orléans voulait que

(1) Litanie est un mot grec qui signifie supplication. Il se trouve dans S. Basile, Ep. 63, page 97, tome m, ponr exprimer les supplications publiques que l'on faisait à Dieu afin d'implorer le secours de sa miséricorde. Les Latins ont retenu le Kyriô elei'on des Grecs. S. Giégcire ajouta le Chrisle eleison. L'invocation des sainis fut ajoutée peu de temps après S. Grégoire, comme on le voit par les martyrologes de ce siècle, qui portent le nom de S. Jérôme.

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