‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 28 sur 83 · S. MARC · texte numérisé non relu

S. MARC

* i V A N G ïi L I s ï E .

(25 avril.)

S. Marc était juif d'exlraclion ; son style rempli d'hébraïsmcs ne permet pas d'en douter. Ses Actes lui donnent la Cyrénaïque pour patrie. Le vénérable Bède, qui les suit, ajoute qu'il sortait de la race d'Aaron. Selon plusieurs anciens auteurs ii fut converti par les apôlres après la résurrection de Jésus-Christ. S. Irénéc le qualifie disciple et interprète de S. Pierre. Origcne et S. Jérôme préten dent que c'est lui que S. Pierre appelle son fils.

Les auteurs sont partagés sur le titre d'interprète de S. Pierre donné h S. Marc. Selon les uns on doit entendre par Ih qu'il donnait le style et le tour aux épîlrcs de l'apôtre. La fonction d'interprète co nsistait selon les autres h rendre en grec ou en latin ce que S. Pierre disait en sa propre langue. S. Jérôme et d'autres écrivains ecclésiastiques, pensent qu'on ne doit point distinguer le saint évangéliste de Jean-Marc, cousin de S. Barnabe ; mais le sentiment le plus commun est que c étaient deux personnes différentes, et que le dernier était avec S. Paul en Orient, tandis que le premier était h Ron^cou à Alexandrie.

Papias et Clément d'Alexandrie rapportent que S. Marc composa son évangile h la prière des fidèles de Fioiue, qui di^siraient avoir par écrit ce que S. Pierre leur avait enseigné de vive voix. Il recueillit tout ce qu'il avait entendu dire à l'apôtre,

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et en forma son ouvrage. S. Pierre fut charmé du zèle que les chrétiens marquaient pom' la parole de vérité; il approuva l'évangile de S. Marc, et lui imprima le sceau de son autorité, pour qu'il fut lu dans les assemblées des fidèles : c'est pour cette raison qu'il lui a été attribué à lui-mcme par quelques auteurs.

S. Marc dans son évangile n'a fait qu'abréger celui de S. Matthieu. Il y rapporte les mêmes choses, et se sert souvent des mêmes expressions. Il ajoute pourtant des particularités qui ne sont point dans S. Matthieu; il change aussi Tordre de la narration dans les faits ; et en cela il s'accorde mieux avec S. Luc et S. Jean. Il raconte des traits dont S. Matthieu n'avait point parlé, comme l'éloge que fait Jésus-Christ de celte pauvre veuve qui mit deux pièces dans le tronc du temple, et l'apparition du Sauveur ressuscité aux deux disciples qui allaient à Emmaiis. Sa manière de narrer est concise ; clic intéresse singulièrement le lecteur par les charmes d'une élégante simplicité. Il ne rapporte point ce que le Sauveur dit à l'avantage de S.Pierre lorsqu'ill'eut reconnu pour le Christ, et le Fils de Dieu; il ne rapporte point non plus qu'il ait marché sur les eaux, mais il raconte son renoncement avec beaucoup d'étendue , et en marque toutes les circonstances. Il servait en cela 1 humilité du saint apôtre, qui supprimait tout ce qui aurait été capable de le faire estimer des hommes, et qui publiait avec les sentiments d'une vive componction le crime qu'il avait commis en reniant son divin Maître. S. Marc était en Italie lorsqu'il

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écrivit son évangile, et il paraît que ce fut avant Tan ^ç) de Jésus-Christ.

Pendant le séjour que S. Pierre fit en Italie il chargea plusieurs de ses disciples d'aller prêcher l'Evangile dans différenles contrées. Quelques modernes ont prétendu que S. Marcavait été prêcher h Aquilée et qu'il en avait fondé l'Eglise. Quoi qu'il en soit de cette opinion, on ne peut au moins douter que S. Pierre n'ait envoyé S. Marc en Egypte, et qu'il ne l'ait étahli évoque d'Alexandrie, qui était après Rome la plus célèbre ville de l'univers.

S. Pierre partit de Rome pour aller en Orient la neuvième année de l'empereur Claude, qui était la quarante-neuvième de Jésus-Christ. Ce fut vers le même temps, selon les Grecs, que S. Marc alla pour la première fois en Egypte. La Chronique orientale ne met son an-ivée à Alexandrie qti'en la septième de Néron, qui répond à la soixantième de Jésus-Christ. Tout ceci s'accorde avec les Actes du martyre de S. Marc, qui sont très anciens. On y lit que S. Marc prit terre à Cyrène, dans la Penlapole , qu'il convertit une multitude innombrable de païens , et qu'il démolit plusieurs temples d'idoles. Son évangile, qu'il avait aj)porléavec lui, S€ répandit dans la Lybie, dans la Thébaïde et dans les autres provinces de l'Egypte.

Il n'y avait point dans tout l'univers de pays plus livré que l'Egypte aux superstitions du paganisme: mais les temps de bénédiction prédits par les prophètes étaient enfin arrivés , et S. Marc fut l'instrument dont Dieu se servit pour vérifier les prédictions de ses serviteurs. Il prêcha douze ans

s. MARC, iVANGÉLlSTB. ï^

dans diverses contrées de l'Egypte , après quoi il vint h Alexandrie, où il forma en peu de temps une Eglise fort nombreuse. Quelques auteurs ont cru que les Juifs convertis en faisaient alors la plus grande partie. Ces Juifs, au rapport d'Eusèhe et de S. Jérôme, étaient les thérapeutes dont parle Philon dans son livre de la Fie contemplative, et qui les premiers introduisirent en Egypte la vie ascétique.

Les progrès étonnants que le christianisme faisait dans la ville d'Alexandrie firent entrer les païens dans une grande fureur. S. Marc, ayant ordonné S. Anicnévéque, sortit de celte ville la huitième année de Néron, et la soixante-deuxième de Jésus- Christ. De retour dans la Pcntapole, il y prêcha deux ans ; il visita ensuite l'Eglise d'Alexandrie, qui de jour eu jour devenait plus nombreuse et plus florissante. Il encouragea les fidèles à persévérer, et se retira à Rome, selon l'auteur de la Chronique orientale.

Il revint encore à Alexandrie. Les païens, lémoins de ces miracles, le traitèrent de magicien, et résolurent sa mort ; mais il trouva le moyen de se dérober à leur fureur pour quelque temps. Il fut 'i la fin découvert, lorsqu'il offrait ti Dieu la prière, c'est h. dire lorsqu'il célébrait les divins mystères. Les plus animés d'entre les païens se saisirent de lui, le lièrent avec des cordes, et le traînèrent par les rues, en criant qu'il fallait mener ce bœuf h Bucolcs, qui était un lieu près de la mer, rempli de rochers et de précipices. Ceci arriva le 24 avril, l'an G8 de Jésus-Christ, et le quatorzième du règne .d,e Néron.

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