‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 32 sur 83 · S. ANDRÉ , APÔTRE · texte numérisé non relu

S. ANDRÉ , APÔTRE

puisse y venir et converser avec nous. » Il n'y a point (le langage propre à exprimer la joie et la consolation qu'éprouva S. André dans cette circonstance, et il n'y a que les ?mcs auxquelles Dieu se communique dans la contemplation qui puissent s'en former une idée. Le saint apôtre comprit que Jésus était le Messie, le Sauveur du monde : aussi prit-il la résolution de s'attacher h lui pour toujours; il fut le premier de ses disciples, ce qui Ta fait surnommer par les Grecs Protoclct ou premier appelé.

André, qui aimait tendrement Simon, son frère, s'empressa de partager avec lui le trésor précieux qu'il avait découvert. Il l'amena h Jésus, afin qu'il piit aussi le connaître. Le Sauveur l'admit également au nombre de ses disciples, et lui donna le nom de Pierre. Les deux frères restèrent un jour avec Jésus pour entendre sa divine doctrine,, après quoi ils retournèrent chez eux. Depuis ce temps -1^ ils s'attachèrent h Jésus ; mais ils ne le suivaient pas continuellement, comme ils firent dans la suite. Lorsqu'ils l'avaient entendu, ce qui arrivait fréquemment, ils allaient exercer leur profession et vaquer à leurs aflaires domestiques.

Jésus, voulant prouver par ses œuvres la divinité de sa doctrine, fit son premier miracle aux noces de Cana, en Galilée. Pierre et André étaient présents avec la sainte \ierge. Jésus, allant célébrer la Pâques h Jérusalem, s'arrêta quelques jours dans la JudéCj et baptisa dans le Jourdain. Pierre et André baptisèrent aussi par son autorité et en son nom.

Jésus revint en automne dans la basse Galilée.

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Ayant vu Pierre et André qui péchaient dans le lac, il les appela pour toujours au ministère évangélique, et leur dit qu'il les ferait pèch(urs d'hommes. Les deux frères abandonnèrent aussitôt leurs filets pour le suivre , et ne se séparèrent pins de lui. L'année suivante le Fils de Dieu forma le collège des apôtres. Les évangéii.->tes mettent Pierre cl André à la tête des autres.

Peu de temps après Jésus se rendit ù Capharnaiim, et logea dans la maison de Pierre et d André. A leur prière il guérit de la fièvre la bellemère de Pierre, en la prenant par la main et en ordonnant à la fièvre de là quitter.

Jésus, louché de compassion pour cinq mille personnes qui Tavaienl suivi dans le désert, ne voulait point les renvoyer qu'il n'eut rassasié leur faim. Philippe lui représenta que deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour tant de monde : mais André, dont la foi parait avoir été plus vive, dit qu'il se trouvait là nn jeune h^ome qui avait cinq pains d'orge et deux petits poissons, en ajoutant toutefois que c clait peu pour une si grande multitude. Mais il ne doutait pas que Jésus, s'il le jugeait à propos , ne put faire éclater sa ouissauce en celte occasion. 11 savait qu'il était bien supérieur -

à Elisée, qui avait nourri cent hommes avec vinc-l

pains.

Lorsque Jésus était à Bélhanie dans la maison de Lazare, des Grecs, que la fête de Pâques avait attirés h Jérusalem, s'adressèrent à Philippe pour avoir le bonheur de le voir. Philippe ne voidulricn fi^ire seul. Il parla à André, et tous deux prévinrent leur divin Maître, qui accorda à ces étrangers la grâce

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qu'ils demandaient. Ceci est une preuve du crédit que notre saint avait auprès du Sauveur. Aussi le vénérable Bède lui donnc-t-il le litre A'iniroductear auprès de Jésus-Christ ; il mérita, dit-il, cet honneur, parcequ'il avait amené Pierre au Fils de Dieu.

Jésus ayant prédit la destruction du temple de Jérusalem, Pierre, Jean, Jacques et André lui demandèrent en particulier dans quel temps s'accomplirait celte prédiction, afin de pouvoir avertir leurs frères d'échapper au danger.

Après rxiscênsion de Jésus-Christ et la descente du Saint-Esprit, S. André, suivant Origène, prêcha l'Evangile dans la Scylhie. Sophrone, qui écrivait peu de temps après S. Jérôme, et qui a traduit en gi'ec le catalogue des hommes illustres et quelques autres ouvrages de ce père, le fait aussi apôtre de la Sogdiane et de la Colchide. Théodoret dit qu'il passa dans la Grèce. On lit dans S. GrégoiredeNazianze qu'il prêôha particulièrement en Epire; dans S. Jérôme, qu'il porta le flambeau de la foi en Achaïe; dans S. Paulin, que préchant à Argos il réduisit les philosophes au silence ; dans S. Philastre, qu'il vint du Pont dans la Grèce, et que de son temps la ville de Sinope se glorifiait d'avoir son vrai portrait et la chaire dans laquelle il avait annoncé la parole de Dieu.

Les Moscovites sont persuadés que S. André a porté l'Evangile dans leur pays jusqu'hTembouchure du Borysthène , jusqu'aux montagnes où est aujourd'hui la ville de Kiow , et jusqu'aux frontières de la Pologne. Si les anciens , en faisant la Scythie le théâtre des travaux du saint apôtre, ont voulu

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parler de la Scythie européenne , leur témoignage serait favorable aux prétentions des Moscovites. Suivant les Grecs, il s'agit de la Scythie au-delh de Sébaslopolis, dans la Colchide; il pourrait aussi être question de la Scythie européenne , puisqu'au rapport de ces mêmes Grecs S. André planta la foi dans la Thrace, et particulièrement h Byzance, aujourd'hui Constantinople. Mais il n'y a rien dans l'antiquité qui puisse donner des lumières sur ce point.

Plusieurs calendriers parlent de la fête de la chaire de S. André h Patras, en Achaïe. On convient que ce fut dans cette ville que le saint apôtre donna sa vie pour Jésus- Christ. Nous lisons dans S. Paulin qu'après avoir pris beaucoup de peuples dans les filets du Sauveur il confirma la foi qu'il avait prêchée par l'effusion de son sang dans la même ville. Il fut crucifié, suivant S. Sophrone, S. Gaudence et S. Augustin. S. Pierre Chrysologue dit que ce fut sur un arbre; le faux Hippolyte ajoute que cet arbre était un olivier. Dans l'hymne de S. Damase il est dit simplement que S. André fut crucifié, et la manière dont il le fut n'est point exprimée.

On rapporte que le saint, voyant sa croix de loin, s'écria : « Je vous salue, croix précieuse qui avez été consacrée par le corps de mon Dieu et ornée par ses membres , comme avec de riches pierreries.... Je m'approche de vous dans de vifs transports de joie : recevez-moi dans vos bras. O croix salutaire, qui avez été embellie par les membres du Seigneur ! je vous ai ardemment aimée ; il y a longtemps que je vous désire et que je vous cherche. Enfin mes vœux sont accomplis, recevez-moi dans

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VOS bras en me tirant du milieu des hommes , et présentez-moi h mon Maître. Que celui qui s'est servi de vous pour me racliclcr puisse me recevoir par vous. » S. Bernard, à l'occasion du désir ardent de S. André pour la croix, s'exprime de la manière suivante : «Quand il vit de loin la croix qu'on avait préparée pour lui il ne changea point de visage; son sang ne se glaça point dans ses veines ; ses cheveux ne se dressèrent point; il ne perdit point la voix ; on n'aperçut ni tremblement dans son corps ni trouble dans son ame; en un mot il n'éprouva aucune des faiblesses ordinaires en pareille circonstance. Le feu de la charité qui bridait dans son cœur se manifestait par sa bouche. »

En 55 7 on transféra de Patras h Constantinople le corps de S. André avec ceux de S. Luc et de S. Timothée, et on les déposa dans l'église des Apôtres, que Constantin avait fait bâtir quelque temps auparavant. S. Paulin et S. Jérôme parlent des miracles qui furent opérés en cette occasion. Nous apprenons de S. Ambroise , de S. Gaudencc, etc., que les églises de Milan, de Noie, de Bresce, etc., reçurent dans le même temps quelques portions de ces reliques. Après la prise de Constantinople par les Français le cardinal Pierre de Ciipoue porta les reliques de S. André en Italie et les déposa dans la cathédrale d'Amalfi, où elles sont restées depuis.

L'opinion la plus commune est que la croix de S. André était formée de deux pièces de bois qui se croisaient obliquement par le milieu, et qu'elle représentait la figure de la lettre X. Il est certain qu'on a quelquefois fait usage de ces sortes de croix;

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mais il ne l'est pas que celle de S. André ait eu la forme dont il s'agit.

Suivant les archives du duché de Bourgogne, la croix de S. André qu'on apporta d'Achaïe fat placée dans le monastère de Weaunc près de Marseille. On l'en retira pour la transporter à l'ahbaye de Saint- Victor de la même ville, avant l'année i25o, et on l'y a vue jusqu'à l'époque de la révolution. Philippe- le-Bon, duc de Bourgogne et de Brabant, en obtint une partie, qu'il renferma dans un reliquaire de vermeil, lequel fut porté h Bruxelles. Ce prince institua en Ihonneur du saint apôtre l'ordre des chevaliers de la Toison d'or, qui ont pour marque distinclive la croix dite de Saint-André ou de Bourgogne.

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