‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 33 sur 83 · S. BARTHÉLEMI · texte numérisé non relu

S. BARTHÉLEMI

APÔTRE

(24 août.)

Barlhélemi est un nom palronimique qui veut dire fils de Tholomée ou Tolmai. Plusieurs savants interprètes pensent qu'il était le même que Nalhanael, né à Cana en Galilée , docteur de la loi , un des soixante-douze disciples, lequel fut mené à Jésus-Christ par S. Philippe , et dont le Sauveur luimême loua l'innocence et la simplicité de cœur.

S. Jean ne nomme jamais S, Barthélemi parmi les apôtres ; mais aussi on ne trouve point le nom de Nathanael dans les autres évangélisles ; ils joignent constamment ensemble Philippe et Barthélemi; et S. Jean dit que Philippe et Nathanael vin-

alO s. BARTHÉLEMÏ.

rent ensemble trouver Jésus-Christ. On voit aussi que Nalhanacl était avec les autres apôtres lorsque le Sauveur leur apparut sur les bords de la mer de Galilée après sa résurrection; et s'il n'eût point été dès lors membre du sacré collège , pourquoi n'aurait-il point été proposé poiu' remplir la place vacante par la mort de Judas ?

S. Barlhélcmi lut avec les autres apôtres témoin de la glorieuse résurrection et des principales actions de Jésus-Christ sur la terre. La vérité même lui servit de maître. Il est nommé parmi les disciples assemblés pour prier après l'Ascension. Le Saint-Esprit, à la descenlc duquel il s'était préparé avec tant do ferveur, le remplit de zèle , de charité et de toutes les vertus. Revêtu ainsi que les autres apôtres d'une force surnaturelle, il ne pensa plus qu'h faire connaître Jésus- Christ et h porter son nom jusqu'aux extrémités du monde.

Pom'quoi les travaux de tant d'ouvriers évangéliques produisent-ils présentement si peu de fruit ? C^est que ces ministres ne se mettent point en état de recevoir la plénitude de cet esprit qui animait les apôtres. Le succès de leurs discours ne dépend ni de la prudence hinnaine ni des talents naturels; les saintes dispositions des ministres de la parole divine sont le j;rincipal instrument dont la grâce se sert pour la faire fruclificr dans les cœurs. L'humilité, le désiiiléressement, le zèle et la charité donnent nom- ainsi dire une voix vivante h la prédication de la foi; ainsi ceux qui sont appelés h celte fonction importante doivent demander à Dieu ces vertus; ils y sont obligés, et pour eux et pour les autres : pour eux, afin d'opérer leur propre sancti-

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fîcation; pour les autres, afin de ne pas pendre leur ministère infructueux.

S. Barlhélemi, s'étant préparé dignement à l'exercice des fonctions de l'apostolat, porta l'Evangile diJns les contrées les plus barbares de l'Orient. Il pénétra jusqu'à rexlrémité des Indes, au rapport d'Eusèbe et de plusieurs autres anciens écri\ ains» Par les Indes , ces auteurs entendent quelquefois non seulement l'Arabie et la Perse, mais encore l'Inde proprement dite. En effet ils parlent des bracmanes de ce pays, fameux dans l'univers pour leur prétendue connaissance de la philosophie et pour leurs mystères superstitieux. On lit dans Eusèbe que S. Pantène, ayant été dans les Indes au commencement du troisième siècle pour réfuter les bracmanes, y trouva des traces de christianisme, et qu'on lui montra une copie de l'évangile de S.Matthicu en hébreu, qu'on lui assura avoir été apportée dans ce pays par S. Barthélemi quand il y avait planté la foi. Le saint apôtre revint dans les pays situés au nord-ouest de TAsio, et rencontra S. Philippe k Hiéraple enPhrygie. De Ih il se rendit dans la Lycaonic, où S. Chrysoslome assure qu'il instruisit les peuples dans la religion chrétienne; mais on ignore les noms de la plupart des contrées dans lesquelles il annonça la foi.

Nous ne pouvons sans étonnement penser à tant deprisons que les apôtres sanctifièrent par leur présence, à tant de dangers auxquels ils fvirent exposés, à tant de vastes régions qu'ils parcoururent , à tant de nations qu'ils conquirent à Jésus-Christ. Mais €n admirant leur couraûre , leur zèle et leurs tiravauxj nous devons nous confondre à la vue de notre

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