‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 43 sur 83 · VIERGE ET MART YRE · texte numérisé non relu

VIERGE ET MART YRE

(23 septeml re.)

Sainte Thècle, dont le nom a toujours été fort ce* lèbre dans l'Eglise, et qui est appelée la i^remièro martyre de son sexe par S. Isidore de Péluse ainsi que par tous les Grecs, fut un des plus beaux ornements du siècle des apôtres. Elle était née dans risaurie ou dans la Lycaonie. S. Méthode dit dans son Baïujuct des Vierges qu'elle était fort versée dans la philosophie profane, qu'elle possédait toutes les parties des belles-lettres, et qu'elle s'exprimait avec autant de force et d'éloquence que de douceur et defaciUté. Il ajoute qu'elle fut convertie au christianisme par S. Paul, et qu'elle devint très

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habile dans la connaissance de la religion. Il loue l'ardeur de sonamourpour Jésus-Christ, qui éclata dans plusieurs occasions importantes, et surtout dans les combats qu'elle soutint pour la foi avec un courage et une force de corps dignes de la vigueur de son ame.

Suivants. Augustin, S.Epiphane, S. Ambroise, etc., ce fut h Icône que S. Paul la convertit par ses prédications. L'opinion la plus vraisemblable est qu'elle embrassa le christianisme vers l'an 45. Les discours de l'apôtre lui firent comprendre toute l'excellence de la virginité, et elle résolut de donner la préférence à cet état dans un âge encore tendre. Elle renonça sur-le-champ à un mariage avantageux que ses parents étaient sur le point de lui faire contracter. Elle commença son sacrifice , dit S. Grégoire de Nysse, en donnant la mort à la chair, en pratiquant de grandes austérités, en étouffant dans son cœur toutes les affections terrestres, en soumettant ses passions par une vie contraire aux sens, en sorte qu'elle ne paraissait plus conduite que par la raison et l'esprit. Le monde était mort pour elle, comme elle était morte pour le monde. L'auteur d'une homélie composée du temps de S. Chrysostome, et que l'on a attribuée à ce père, rapporte que les parents de Thècle, qui ne connaissaient point le motif de la conduite extraordinaire qu'elle tenait , employèrent les menaces, les caresses et tous les moyens possibles pour la déterminer h finir l'affaire de son mariage. Le jeune homme qui devait l'épouser se joignit à eux et fit aussi valoir les raisons les plus capables de la toucher. Enfin tous ceux qui la connaissaient la près-

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sèreut de la manière la plus persuasive de se rendre aux dtsirs de sa l'amille. Tous ces movens étant iiiuliles, ou eut recours au magistrat., qui la menaça de la sévérité des lois. Thècle triompha de tous ces différents assauts, et regarda comme ses plus cruels euuemis ceux qui aircclaicnt de lui ténioiguer tant de tendresse. Se voyant un peu plus libre, elle profita de cette occasion pour s'échapper des mains de ses persécuteurs , et elle se retira auprès de S. Paul pour y trouver quelque consolation ; aiasi elle abandonna ce qu elle avait do plus cher dans le monde, ne cherchant que Jésus -Christ, qui lui tenait Jieu de toutes choses.

Le jeune homme auquel elle avait été promise en mariage laiît chercher de toutes parts, tant pour satisfaire sa passion que pour se venger de falTroni prétendu qn'il s'imaginait avoir reçu. L'ayant découverte et ne pouvant vaincre sa résistance, il la dénonça comme chrétienne aux magistrats pour qu'ils la condamnassent à être dévorée par les bêles. Thècle resta toujours inébranlable : elle lut exposée nue dans ramphithéàtre; mais elle était revêtue d'innocence, et l'iiïuominie dont on voulait la couvrir devint pour elle une occasion de gloire et |de triomphe. Tranquille au miliea des léopards , des lions et des tigres, elle attendait avec une sainte impatience le moment où elle allait être mise en pièces par ces redoutables animaux , dont les rugissements glaçaient d'effroi tous les spectateurs ; mais les lions et les autres an'unaux, oubliant leiuférocité naturelle, se couchèrent à ses pieds et les léchèrent, comme pour lui témoigner lem- respect. On eut beau les exciter, ils se retirèrent sans avoir

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fait de mal h la servante de Jésus-Christs Celte circonstance merveilleuse est rapportée par S. Ambroisc, qui s'exprime en celte occasion avec cette éloquence simple et énergique qui lui est particulière,-'on la trouve aussi dans S. Chrysostome, dans S. Méthode, dans S. Grégoire de A'azianze et dans d'autres anciens pères.

Une autre fois sainte Thècle n'éprouva point les effets du feu par une protection visible du ciel, et sortit du milieu des flammes sans que son corps en eut été endommagé. S. Grégoire de Nazianze^ S. Méthode et d'autres auteurs, qui rapportent ce prodige, ajoutent que la sainte fut délivrée de plusieurs autres dangers auxquels la rage des persécuteurs l'avait exposée. On lit dans un ancien martyrologe, qui porte le nom de S. Jérôme et qui a été publié par Florentinius, que ce fat h Rome que Dieu sauva miraculeusement sa servante de l'activité des flammes.

Thècle accompagna S. Paul dans plusieurs de ses courses apostoliques , afin de se former h la perfection chrétienne sur un modèle aussi accompli. S. Chrysostome, S. Grégoire deJNazianze, S.Augustin, etc., lui donnent le litre de vierge et de martyre. Ses souffrances lui ont justement mérité le second de ces titres, quoique Bède dise dans son martyrologe qu'elle mourut en paix. Ce dernier sentiment a été adopté par plusieurs auteurs graves.

La sainte passa le reste de sa vie dans la retraite. Elle mourut dans l'Isaurie et fut enterrée h Séleucie, capitale de ce pays. On bâtit une église sur son tombeau, sous les premiers empereurs chrétiens, et cette église , qui portait son nom , fut visitée par

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