S. TITE
DISCIPLE DE S. PAUL, EVEQUE DE CRÎiTE.
(/j janvier.)
S. Tite naquit de parents idolâtres. S. Paull'appelle son fils, ce qui porte h croire qu'il l'avait converti h la foi; et il lui était si étroitement attaché h cause de ses éminentes vertus qu'il en fit son interprète ordinaire. Il l'appelle encore son frère et le coopérateur de ses travaux, et ih le représente comme un homme brûlant de zèle pour le salut des amcs. Lorsqu'il parle de la consolation qu'il en recevait il se sort des expressions les plus tendres, et il va jusqu'à dire qu'il n'avait point eu l'esprit en repos pour ne l'avoir pas trouvé h. Ti'oade.
L'an 5i de Jésus- Christ, Tite suivit S. Paul à Jérusalem, et assista avec lui au concile que tinrent les apôtres pour décider la question qui s'était élevée au sujet des observances légales. Quelques faux frères d'entre les Juifs l'ayant voulu assujettir à la loi de la circoncision, l'apôtre réclama la liberté de l'Evangile. Il est vrai qu'il avait circoncis Timothée , mais les circonstances étaient chan-
s. TITE. âoa
gées, etmoUir dans celle-là c'eût été reconnaître la nécessité des rites anciens.
Vers la fin de l'année 56 S. Paul envoya son disciple d'Éphèse h Corinlhe, avec plein pouvoir de remédier h plusieurs sujets de scandale, et de terminer les divisions qui troublaient l'Eglise de celte ville. Il y futreçu avec les plus vives démonstrations de respect, et tous les fidèles s'empressèrent de lui procurer toutes sortes de secours. Mais, en vrai disciple du grand apôtre, il ne voulut rien recevoir, pas même ce qui était nécessaire aux plus indispensables besoins. Son arrivée produisit de très heureux effets : les coupables se repentirent et rentrèrent dans le devoir. Sa tendresse pour les CoriiUhiens était cxiraordinaire, et il se chargea do solliciter en leur nom la grâce de l'incestueux excommunié par S. Paul. Les affaires de l'Eglise de Corinlhe étant en bon élatj il alla rejoindre son maître auquel il rendit compte du succès de son voyage. Quelque temps après il fut envoyé une seconde fois dans la même ville, afin de faire préparer les aumônes destinées aux pauvi'es de Jérusalem.
Lorsque S. Paul fut sorti de prison, et qu'il eut la liberté de quitter Rome, il ne pensa plus qu'à retourner en Orient. Il s'arrêta en passant dans l'îlo de Crète pour y prêcher Jésus-Christ; mais comme les besoins des autres Eglises l'appelaient ailleurs , il ordonna Tite évèque de toute Tîle, et lui commit le soin d'achever l'ouvrage qu'il avait si heureusement commencé. L'importance de cette charge, dit S. ,Chrysostome, doit nous faire comprendre quelle
était l'estime de l'apôtre pour son disciple.
254 s. JUDE , APÔTRE.
S. Paul ne put long-temps se passer d'un compagnon tel que notre saint ; ce fut ce qui l'engagea h lui adresser dansl'automne de l'année 64, l'épître qui fait partie de nos divines Ecritures. Il lui mandait de le venir trouver h JNicopolis en Epire, oii il comptait passer l'hiver aussitôt après l'arrivée d'Artémas et de Tychique, qu'il envoyait pour le remplacer ; il le chargeait ensuite d'établir des prêtres, c'est h dire des évêques , dans toutes les villes de l'île. Après le détail des qualités nécessaires h un évêque viennent de sages avis sur la conduite qu'il doit tenir envers son troupeau , et sur l'accord de la fermeté et de la douceur dans la manutention de la discipline. Les pasteurs puiseront dans cette épître la connaissance des vraies règles, et s'exciteront às'y conformer avec la même fidélité que S. Tite. L'an 5 , l'apôtre envoya son disciple prêcher l'Évangile en Dalmalie. Quelque temps après il retourna en Crète, où il mourut dans un âge fort avancé, après avoir sagement gouverné son Eglise, et répandu la lumière de la foi dans les îles voisines.