S. JUDE
APÔTRE
(28 octobre.)
L'apôtre S. Jude est distingué de Judas Iscarîote par le surnom de Thadée, qui en syriaque signifie louange, confession, et par celui de Lebbée, qu'on trouve dans le texte grec de S. Matthieu, et qui, suivant S. Jérôme, désigne un homme quia de l'esprit, de l'intelligence. Il était frère de S. Jacques
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le Mineur, de S. Siméon de Jérusalem et d'un nommé Joseph, qui sont appelés les frères du Seigneur. Ils étaient tous deux fils de Ciléophas, et de MariC;, sœur de la sainte \ierge. Cet apôtre fut cher h sou divin Maître, et il en fut moins redevable aux liens du sang qu'à son mépris pour le monde, à l'ardeur et à la vivacité de son zèle. On ne sait ni quand ni comment il devint le disciple de Jésus- Christ. L'Evangile ne dit rien de lui jusqu'à l'endroit où il est complé parmi les apôtres. Le Seigneur après la dernière cène ayant promis de se manifester à ceux qui l'aimeraient , S. Jude lui demanda pourquoi il ne devait pas aussi se manifester aumonde, question par laquelle il semblait donner à entendre qu'il pensait que le Messie régnerait sur la terre. Mais Jésus-Christ par sa réponse lui fit connaître que le monde ne mérite point que Dieu se manifeste à lui, étant ennemi de ce qui peut rendre une ame digne du royaume céleste ; qu'il converserait familièrement avec ceux qui l'aimeraient véritablement, et qu'il les admettrait à la communication intérieure de ses grâces et de ses faveurs.
Après l'Ascension et la descente du Saint-Esprit Jude se réunit aux autres apôtres pour arracher l'univers à l'empire du démon : entreprise que la seule publication de l'Evangile fit réussir. Eusèbe rapporte que S. Thomas envoya à Edesse S. Thadéc, un des disciples du Sauveur, et que le roi Abgare reçut le baptême de ses mains, avec un grand nombre de ses sujets. S. Jérôme et le vénérable Bède pensent que ce Thadée était le même que l'apôtre S. Jude I mais l'opinion la plus com'-
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mune est que ce sont deux personnes distinguées, et que le Thadée dont il s'agit était un des soixantedouze disciples, lequel est nommé dans les Menées des Grecs, sous le 21 août.
Selon Nicéphore, Isidore et les martyrologes , S. Judeprêclia dans la Judée, la Samarie, l'Idumée, la Syrie et surtout la Mésopotamie. On lit dans S. Paulin qu'il planta la foi dans la Libye.
Le saint apôtre retourna à Jérusalem en 62 , après le martyre de S. Jacques, son frère, et il assista h l'élection que l'on fit de S. Siméon, qui était aussi son frère , pour gouverner l'Eglise de celte ville.
Nous avons de lui une épître adressée h toutes les Eglises de l'Orient et particulièrement aux Juifs convertis, qui avaient été l'objet principal de ses travaux. S. Pierre leur avait précédemment adressé deux épîtrcs , dont la seconde devait spécialement servir à précaulionner les fidèles contre les erreurs des simoniens, des nicolaïtes et des gnosliques. Le zèle de S. Jude fut enflammé à la vue des ravages que ces hérésiarques continuaient défaire dans l'Eglise. 11 adopte certaines expressions du prince des apôtres; et lorsqu'il renvoie auxépîlresdeS. Pierre et de S. Paul, il insinue que ces apôlres ne vivaient plus ni l'un ni l'autre. Il se sert en peignant les hérétiques d'épithètes très fortes et de similitudes très expressives. Il les appelle des météores errants, quiaprès avoir ébloui un instant vontseperdre dans la nuit éternelle. Leur chute, selon lui, vient de ce qu'ils sont murmurateurs , de ce qu'ils suivent la perversité de leurs penchants, de ce qu'ils
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s'abandonnent à l'orgueil, à l'envie, à l'amour des plaisirs sensuels, etc.; de ce qu'ils négligent de crucifier les désirs delà chair. L'apôtre exhorte les fidèles à traiter avec beaucoup de compassion ceux qni sont tombés; à distinguer les fautes qui viennent de malice d'avec celles qui viennent de faiblesse; h tâcher de ramener les coupables par une crainte salutaire; h les arracher du feu du vice et de l'hérésie ; h haïr un vêtement même qui se trouverait souillé par la corruption de la chair. Il veut que nous avons sans cesse devant les yeux l'obligation où nous sommes d'élever l'édifice spirituel de la charité, en priant par le Saint-Esprit, en croissant dans l'amour de Dieu et en implorant sa miséricorde par Jésus-Christ.
De Mésopotamie S. Judo passa en Perse, suivant Fortunat et plusieurs martyrologes. Ceux qui le font mourir en paix à Béryte en Phénicie le confondent avecThadéc, un des soixante-douze disciples, qui prêcha la foi h Edosse, et dont il est parlé dans les Menées. Nous apprenons de Fortunat et des martyrologistes d'Occident que S. Jude souffrit le martyre en Perse. Le ménologe de l'empereur Basile et quelques auteurs grecs mettent sa mort h Arat ou Ararat en Arménie, qui dépendait alors de l'empire des Parlhes, et qui était regardé conséquemment comme faisant partie delà Perse. Quelques Grecs disent qu'il fut percé de flèches, d'autres ajoutent qu'on l'avait auparavant attaché à une croix. Les Arméniens honorent encore aujourd'hui S. Jude et S. Barthélemi comme leurs premiers apôtres.
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s. LAZARE, SAINTE MARTHE ET SAINTE MARIE.
(29 juillet.)
Lazare ainsi que Marthe et Marie, ses sœurs, demeuraient à Bclhanic, petite ville qui était kdeux milles (le Jérusalem et un peu au-delà de la montagne des Olives. Le Sauveur, qui d'abord avait fait sa résidence ordinaire dans la Galilée, s'étant fixé principalement en Judée , h la troisième année de sa mission publicjue , honora plusieurs fois de sa présence la maison de cette sainte famille. On croit que Marthe élait plus âp;ée que Marie et Lazare, et que c'était elle qui prenait soin des affaires domestiques. Il paraît par Thistoirc de la résurrection de Lazare que cette famille élait une des plus distinguées du pays.
Dans la première visite de Jésus-Christ Marthe lll paraître un grand empressement pour le bien recevoir et le servir de ses propres mains. Elle voulut se charger elle-même du soin de tous les préparatifs nécessaires en cette circonstance. Cependant Mairie restait assise aux pieds de Jésus, écoutant les discours qui sortaient de sa bouche divine. Elle y trouvait une Iciic douceur qu'elle n'était occupée d'aucune nuire pensée. Tous les moments lui paraissaient précieux, et rien ne pouvait la distraire. Elle senlait son cœar s'enflammer de plus en plus, et elle élait en état de dire avec l'épouse duCafntique : Mon bicn-aimc at à moi et j e suis à lui, lui(/ui senciirvit au 7nilicu des lis, c'est à dire avec les âmes