‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 65 sur 83 · S. SYMPHORIEN · texte numérisé non relu

S. SYMPHORIEN

MARTYR A AliTUlV.

(22 août.)

S. Symphoricn,,qui souffrit à Autini daR« les Gaules peu de temps après les martyrs de Lyon, sous le règne de Marc-Aurèlc, était fils de Fanste, d'une famille noble et chrétienne. Il avait été baptisé par S. Bénigne, et joignait une grande connaissance des belles-lettres à celle de la religio». Il était à la fleur de l'âge et universellement estimé pour ses belles qualités lorsqu'il fit le sacrifice de sa vie.

On comptait la ville d'Autun parmi les plus anciennes et les plus célèbres des Gaules; mais elle était en même temps l'une des plus superstilieiises, et principalement livrée au culte de Cybèîe, d'Apollon et de Diane. Il y avait im jour de l'année où l'on portait sur un char magnifiquement décoré la statue de Cybèle dans les rues d'Autun, et îlse trouvait un grand concours de petiple à celle cérémonie sacrilège. Symphorien n'ayant point adoré

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l'idole en celte occasion fut arrêté par la populace et conduit devant Héraclius, gouverneur de la province, qui était rlors dans la ville, et qui n'y était venu que pour rechercher les chrétiens.

Héraclius, s'étant assis sur son tribunal, demanda h Symphoricn pourquoi il refusait d'adorer l'image de la mère des dieux. Le saint répondit qu'il était chrétien , et qu'en celte qualité il adorait le vrai Dieu, qui règne dans le ciel. Comme le juge apprit qu'il élait de la ville et d'une famille nohle, il lui dit: « Yous comptez sans doute sur volrenaissance, etpeut-êlre ignorez-vous les ordres de l'empereur.» Il les lui fit lire, et lui demanda ce qu'il avait h répondre. Le martyr, continuant de marquer son horreur pour l'idole, Héraclius le fit battre cruellement et l'envoya en prison.

Deux jours après il comparut de nouveau devant le tribunal, et le juge, quittant le ton de menaces, lui dit : « Yous seriez bien plus sage de servir les dieux immortels, et de recevoir une gratification du trésor public avec une place honorable h l'armée. Je vais faire orner de fleurs rautel , et vous offrirez aux dieux l'encens qui leur est dû. » Symphorien montra par sa réponse qu'il méprisait les offres qu'on lui faisait et qu'il détestait les superstitions extravagantes et cruelles du culle de Cybèle. Enfin Héraclius, au désespoir de n'avoir pu le vaincre, le condamna h être décapité. Le saint entendit prononcer sa sentence avec joie.

Tandis qu'on le conduisait hors de la ville pour l'exécuter, sa mère , qui le regardait passer, lui criait : « Mon fils, mon cher fils Symphoricn, souvenez-vous du Dieu vivant, et montrez-vous cou-

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rageux jusqu'à la fin. Elevez votre cœur vers le ciel et considérez celui qui y règne. IVe craignez point la mort qui vous conduit à la vie éternelle. » S. Symphorien consomma son sacrifice versl'an 178. Quelques personnes de piété enlevèrent secrètement son corps et l'enterrèrent près d'une fontaine, hors du champ public qui était destiné aux exercices. Euplirone, prêtre, puis évêque d'Autun, fit bâtir dans le cinquième siècle une église sur son tombeau, devenu célèbre par plusieurs miracles. Il y a eu beaucoup d'autres églises et même des monastères qui ont porté son nom.

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