TOME I. i
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fortement l'union avec révcque, les prêtres et les di|£rcs. « Voire évcque, dit-il, est solidement établi dans l'humilité et dans l'amour de Jéius Christ. La gravité de ses mœurs est telle que son silence seul a plus de force pour persuader que les vains discours des autres. Son ame est ornée de toutes sortes de vertus, et possède la douceur du Dieu vivant, qui la rend supérieure au mouvement de la passion et de la colère, » Il exhorte les Phlladelphiens à fuir le schisme et l'hérésie. « Ce sont, continne-t-iî, des plantes pernicieuses, que Jésus- Christ ne cultive point parcequ'elles n'ont pas été plantées de la main du Père... Quiconque appartient vérilahlement à Dieu et à Jésus-Christ demeure attaché h l'évêque... Si quelqu'un se rend partisan du schisme et de l'erreur, il n'aura point de part ^l'héritage de Dieu... Usez d'une seule eucharistie; car il n'y a qu'une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ et un seul calice qui nous unit tous en son sang; il n'y a qu'un autel, comme il n'y a qu'un évoque, avec le collège des prêtres et des diacres, qui partagent le ministère avec nous. Cn agissant ainsi vous ferez tout conformément à la volonté de Dieu. Ce que je dis, mes frères, ne part que de l'ardent amour que je vous porte ; je cherche à vous précaulionner contre les j)iéges qu'on pourrait tendre h voire foi. Ce n'est point mol qui vous parle, mais Jésus-Christ même, dont je redoute les jugements plus que jamais, quoique Je «ois chargé de fers pour son nom, parceque je me trouve encore très imparfait; mais j'espère obtenir par le secours de vos prières tout ce qui manque h ma faible vorlu, afin que j'entre en possession de
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l'héritage que la miséricorde divine me prépare. » S. Ignace, après s'clre élevé contre ceux qui adoptaient les cérémonies judaïques et qui semaient des divisions, continue ainsi : « Lorsque j'étaisparmi vous je criais h haute voix et par le mouvement de l'esprit de Dieu. Attachez-vous h l'évêqne, aux prêtres et aux diacres. Vous vous imagmiez alors que je ne parlais ainsi qu en vue de quelques divisions qu'il m'était aisé de prévoir; mais je prends à témoin celui pour qui je suis chargé de chaînes qu'à cet égard mes connaissances n'ont eu rîea d'humain. C'est l'Esprit qui vous a dit par ma houche : Ne faites rien sans l'évêqne : gardez vos corps comme le temple de Dieu ; aimez l'unité, fuyez les divisions, et soyez les imitateurs de Jésus-Christ, comme il l'a été lui-même de son Père. J'ai fait tout ce que j'ai pu, comme un homme amateur de l'union et de la paix : car Dieu n'hahite point Ih où régnent la division et la colère ; il pardonne pourtant à tous ceux qu'un repentir sincère ramène h leur devoir. » Il finit en conjurant les Philadclphiens d'envoyer quelqu'un de leur Église pour féliciter celle d'Antioche sur la paix qui lui avait été rendue.
S. DENYS L'ARÉOPACITE,
ÉVEQUE D'ATIliiNESj MARTYR.
(3 octobre.)
L'apôtre des gentils, qui se croyait également redcvahle aux savants et aux ignorants, vint prêcher la foi à Athènes vers l'an 5i de Jésus-Christ. Celte ville était depuis plusieurs siècles le siège de la phi-
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losophie, de l'éloquence et de la belle littérature. Il y avait été décidé par une ancienne loi que toutes les matières qui appartenaient à la religion seraient jugées par le tribunal des aréopagites, et cette loi s'était toujours fidèlement observée. Quoique les Athéniens eussent passé sous la domination romaine dans le temps dont nous parlons , ils conservaient encore plusieurs de leurs anciens privilèges, qu'on leur laissait h cause de leur amour pour les sciences et de l'ancienne dignité de leur république ; et s'ils n'avaient plus leur liberté ils en retenaient au moins le nom.
Lorsque S. Paul eut annoncé l'Evangile , on lui ordonna d'aller rendre compte de sa doctrine Jx Taréopage (i). L'apôtre ne balança point de paraître devant cette assemblée, dont Platon redoutait tellement l'examen qu'il dissimula ses sentiments sur l'unité de Dieu et sur plusieurs autres vérités importantes, quoiqu'il en fût intimement convaincu , surtout depuis ses voyages en Egypte. S. Paul ex-
(1) L'aréopage était ainsi appelé de deux mots grecs qui signifient colline de Mars, Ce tribunal était aussi ancien que la ville d'Athènes; mais Solon lui avait donné une nouvelle forme et plus de dignité. Les aréopagites n'étaient primitivement qu'au noncbre de sept; ils furent quelquefois jusqu'à deux ou trois cents. On n'admit parmi eux pendant quelque temps que ceux qui avaient été archontes. On donnait ce nom aux magis< trais annuels qui gouvernaient souverainement la république et parle nom desquels on comptait les années à Athènes , comme on les comptait à Rome par celui des consuls. Il fallait, pour être reçu dans l'aréopage, avoir dos moeurs irréprochables. L'assemMée de ce tribunal se tenait toujours la nuit , et la sévérité de ses jugements les rendait très redoutables. L'idée que l'on avait des aréopagites leur attirait une vénération universelle, et leurs décisions étaient regardées comme des oracles.
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pliqiia avec une généreuse liberté les maximes du christianisme concernant la pénitence, la pureté des mœurs, l'unité de Dieu, sa toute-puissance, ses jugements et la résurrection des morts. Il parla arec une force et une onction qui étonnèrent les juges, et dont ils n'avaient point vu d'exemple dans leurs philosophes et leurs orateurs. Le dogme delà résurrection des morts leur parut incroyable. Platon et quelques-uns de leurs plus célèbres philosophes avaient à la vérité débité des maximes fort sublimes sur l'immortalité de l'ame ainsi que sur les récompenses et les châtiments d'une vie avenir; mais une doctrine qui enseignait que cette chair qui est réduite en poussière, qui disparaît enlièremçnt, et sur laquelle les sens n'ont plus de prise , sera un jour ressuscitée par la puissance de Dieu, et redeviendra ce qu'elle était au moment de notre mort, leur paraissaittm rêve et contredisait les idées reçues parmi eux. Quelques-uns cependant furent touchés singulièrement de la sainteté et de la sublimité de la nouvelle doctrine; ils ne furent pas moins frappés des preuves que le prédicateur donnait de la divinité de sa mission; ils lui dirent qu'ils l'entendraient un autre jour sur le même sujet. Ceux qui cherchaient sincèrement la vérité, et qui n'avaient point endurci leurs cœurs contre l'impression de la grâce, s'adressèrent h lui pour qu'il achevât de les instruire , et crurent véritablement en Jésus-Christ. De ce nombre furent une femme nommée Damaris et le saint dont nous donnons la vie, lequel était un des principaux membres de l'aréopage, (i)
(1) Le reproche que les païens faisaient ordinairement au
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Nous npprenons de S. Dcnys de Corinthe que S. Denys l'Aréopagite devint depuis évêque dVilhèiics, el l'auteur des Constitutions apostoliques dit qu'il fut placé sur le siège de cette ville par S. Paul
christianisme dans les trois premiers siècles de l'Eglise était de n'être professé que par des personnes du néant. Les apologistes des rluétiens répondaient qu'à la vérité ils comptaient bien des pauvres parmi eux, mais ils ajoutaient en même temps que plusieurs d'entre eux étaient distingués par leur savoir, leur naissance et leurs dignités. Joseph d'Arimalliie , Nlcodème , <jamalie',reunuqHede la reine Candace,S. Barnabe jouissaient d'une haute considération parmi les Juifs, à cause de leur naissance et de leuis richesses. On pourrai! également citer des personnes de marque parmi les gentils qui embrassèrent la foi: tels sont le roi Abgar, le proconsul Sergius Paulus, sainte Thècle, ceux de la maison de Néron que salue S. Paul, Flavius Clemens, Flavie Domilille, Glabrion, qui avait été collègue de Trajaa dans les dignités de l'empire, S. Nazaire, martyrisé sous Néron, le sénateur Apollonius, sainte Félicité et ses sept fils, etc.
S. Paul, à la vérité, nous apprend que quand on commença à prêclier l'Evangile il y eut peu de personnes riches et puissantes qui crurent en Jésus-Christ; mais Lactance en assigne la raison. « Il y a eu, dit-il, moins de riches que de pauvres qui ont cru à la parole de Dieu parceqne les premiers ont plus d'obstacles à surmonter pour se convertir; ils sont esclaves de la cupidité et des autres passions ; leur ame est toute plongée dans les sens, et ils peuvent à peine lever les yeux au ciel.» D'ailleurs les païens qui traitaient les chrétiens de pauvres ne savaient pas que plusieurs ne l'étaient que par choix. ISccdc iilllnia plèbe consislinuii;, disait Minutius Félix, si honores vesiros et purpuras recusamus.
Les premiers prédicateurs de l'Evangile ne faisaient point usage de la littérature profane, et c'est ce qui prouve que l'établissement du christianisme ne peut être attribué à des moyens humains. On vit cependant dans le second siècle plusieurs savants du premier ordre se déclarer les apologistes de la religion de Jésus-Christ : tels furent Quadrat, Aristide, S. Justin, martyr, Méliton, Athénagore, Panlène, etc., et dans le troisième, Clément d'Alexandrie, Terlullicn, Origène, Héraclas, Minutiut Félix, etc.
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lui-même. Aristide, cité par Usiiard, et les ancieus martyrologistes attestent la même chose. Aristide et S. Sophrone de Jérusalem donnent au saint évê' que le titre de martyr. Il fut brûlé vif h Athènes, selon les ménologes des Grecs. Son nom est marqué au 3 octobre dans les anciens calendriers.
Les ouvraj^es attribués h S. Dcnys l'Arcopagite ont été imprimés plusieurs fois. La meilleure édition est celle de Paris, i634, 2 vol. in-fol. Gr.-Iat.