S4 SAINTE ANNE
modèle accompli de vertu pour les personnes engagées dans l'état du mariage.
Ce fut sans doute un grand honneur pour sainte Anne que d'être destinée h donner au monde la mère de Dieu, mais il lui revient beaucoup plus de gloire d'avoir formé le cœur de Marie à la vertu et
à l'innocence. Elle fut dans les mains de Dieu le principal instrument de notre salut en préparant ce vase d'élection que le Saint des saints devait employer pour remplir les vues de son amour. L'église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne, et la gloire de sa fdle rejaillira sur elle de génération en génération. Puisse son exemple réveiller le soin des pères et des mères ! Leur devoir le plus sacré est d'élever leurs enfants dans la crainte du Seigneur ; par Ih ils honorent Dieu, perpétuent la gloire de son nom sur la terre, et se sanctifient eux-mêmes. S. Paul est formel sur cet article. Il dit que les parents ne se sauvent qu'autant qu'ils s'appliquent h bien élever leurs enfants. Il ne voulait point qu'on admît au service des autels ceux dont les enfants ne justifiaient point par une conduite édifiante l'éducation chrétienne qu'ils avaient dû recevoir.
Eh! pourquoi tant d'empressement pour procurer des honneurs et des richesses h. ses enfants ? Pourquoi tant de soins pour leur donner les grâces du corps et leur inspirer le goût delà frivolité, tandis qu'on néglige de les former à la vertu, qui seule peut les rendre heureux? Cette réflexion faisait verser des larmes au philosophe Cratès, quoique païen de religion. Il eut souhaité monter sur le lieu le plus élevé de sa ville pour crier ensuite d© /
toutes ses forces : Citoyens, ti quoi pensez-vous? Tout votre temps se passe h amasser des richesses pour vos enfants, et vous ne prenez aucun soin de cultiver leurs âmes, comme s'il était plus important de leur laisser des biens que de la vertu. »
(24 juin.)
L'Eglise, dit S. Augustin, célèbre ordinairement la fête des saints au jour de leur mort, lequel est, à proprement parler, le véritable jour de leur naissance, celui où ils entrent dans la vie éternelle, La Nativité de S. Jean-Baptiste, ajoute le même père, a été exceptée de la règle générale. La raison en est que le précurseur du Messie fut sanctifié dans le sein de sa mère , en sorte qu'il était saint en venant au monde. S. Bernard et les plus célèbres théologiens montrent qu'il ne s'agit pas là d'une sainteté purement extérieure ou d'une simple destination à la piété, mais du don de la grâce sanctifiante par la rémission du péché originel , grâce qui fut communiquée à Jean par la présence de Jésus-Christ dans la visite que la sainte Vierge fit à sainte Elisabeth.
La naissance de S. Jean-Baptiste fut un mystère qui causa au monde une grande joie , parcequ'elle lui annonçait la proximité de sa rédemption ; elle fut en même temps accompagnée de divers prodiges. La puissance divine était souvent intervenue d'une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes ; mais elle éclata surtout dans