STENDHAL ET LA MUSIQUE
Les premiers livres d'un grand écrivain ont, pour les amis de sa pensée, un intérêt spécial. Leur inexpérience même révèle souvent plus de l'être intime que les ouvrages plus mûrs où la raison de l'auteur se surveille davantage. Il n'en est pas tout à fait ainsi, — du moins à première vue, — pour le premier ouvrage publié de Stendhal. Les Vies de Haydn, Mozart et Métastase déçoivent un lecteur superficiel, que poursuit le souvenir de La Chartreuse de Parme ou de Rouge et Noir ; il s'étonne que l'œuvre de début d'un des esprits les plus originaux et les plus indépendants soit un livre de biographie anecdotique, d'éléments empruntés, d'apparence incolore, et qu'il serait tout près de qualifier, comme Stendhal un peu plus tard, de « robinet d'eau tiède ».
Nous verrons plus loin combien ce jugement est inexact, et — sans parler de l'élégance sobre et cavahère du style, dont l'alerte simphcité rappelle par