‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 125 sur 129 · DÉCLARATION · texte numérisé non relu

DÉCLARATION

des musiciens Salieri, Weigl, Frieberth, du conseiller de légation de Saxe Griesinger, de M^- de Kurzbeck, prouvant la fausseté des assertions de M. Bombet.

(^^ B — Cette déclaration authentique se trouve déposée chez le musicien Salieri, à Vienne, avec un manuscrit autographe des Haydine, à la disposition de tous ceux qui voudraient vérifier les faits de leurs propres yeux.)

1. La tourterelle, qui surprend le ra.is^ur de son nid se sent une audace comme elle n'en eut jifmais. Si, du bec et de l'ongle, elle ne défend pas ses petits, elle poursuit au moins le voleur de ses plaintes.

Vienne, le 2 août 1815.

Nous soussignés, ayant vu ce qu'a imprimé M. Louis Alexandre César Bombet dans les Lettres sur le célèbre compositeur Haydn, Paris, chez Didot Vaîné, 1814, dont il se dit l'auteur et qui sont en réalité la traduction des célèbres Haydine de M. Joseph Carpani, de Milan, écrites à Vienne, déclarons par la présente que nous n'avons jamais ni vu ni connu à Vienne le susdit M. Louis Alexandre César Bombet ; que, contrairement aux affirmations mensongères contenues dans son livre pages 15, 16 et autres, nous ne lui avons jamais donné aucun renseignement sur l'illustre compositeur Haydn ; attestons au contraire avoir donné des renseignements au susdit M. Carpani, quand il écrivait ses lettres sur la vie de Haydn, publiées en 1812 à Milan sous le titre de Haydine.

En foi de quoi, avons signé :

Antonio Salieri, premier maître de chapelle de la cour impériale et royale de Vienne, chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur ;

GiusEPPE Weigl, musicien des théâtres impériaux et royaux de Vienne :

Carlo Frieberth, musicien de la chapelle impériale et royale, chevalier de l'Eperon d'or ;

Griesinger, conseiller de légation de Saxe à la cour impériale et royale d'Autriche :

Marianna von Kurzbeck, élève et amie de feu le compositeur Haydn.

En guise de réponse aux lettres de Carpani, le Constitutionnel du 26 mai 1816 public l'entrefilet suiA'ant, qui ressemble moins à une défense qu'à une réclame, et qui paraît émaner cette fois de Bombet lui-même, ou de son ami Crozet :

Les Lettres sur Haydn, que tous les amateurs de la symphonie ont lues et goûtées, fm^ent, il y a six mois, l'objet d'une réclamation assez plaisante de la part de M. Carpani, de Milan ; il prétend que M. César Bombet n'en est point l'auteur, mais le simple traducteur. M. Bombet nous écrit à son tour pour réclamer, et renvoyer à son adversaire l'accusation de plagiat^. Nous sommes fort embarrassés dans cette grave contestation ; les pièces probantes manquent absolument. Du reste, l'ouvrage méritait d'être traduit en français, sil est italien ; en italien, s'il est français. Le livre de M. Bombet, original ou copie, se vend à Paris, chez P. Didot, rue du Pont-de-Lodi.

1. Ici Bombet dépasse vraiment la mesure : on croirait pour un peu qu'il tenait à prolonger la polémique et à la rendre plus acerbe encore.

On lit dans le Constitutionnel du 20 août 1816 :

Nous avons inséré dans le temps une réclamation de M. Joseph Carpani, qui accusait M. Bombet de s'être approprié des lettres sur Haydn. Frappé des raisons alléguées par M. Carpani, nous avons conseillé à M. Bombet de remettre amicalement au réclamant sa propriété ^.

Depuis, M. Bombet nous ayant écrit à son tour pour renvoyer à son adversaire l'accusation de plagiat, l'impartialité nous a fait un devoir de faire connaître sa demande au public ^. Les mêmes motifs nous prescrivent d'insérer la réponse de M. Carpani. Elle respire un peu la franchise et la brusquerie

1. Allusion à l'entrefilet du 13 décembre 1815 (voir pièce I de l'Appendice).

2. Par l'entrefilet du 26 mai 1816 (voir pièce III de l'Appendice).

allemandes (sic), mais nous devons respecter le texte et le donner dans toute sa pureté.

u A Monsieur Bombet,

« J'ai cru, Monsieur, vous avoir moralement tué par mes deux lettres imprimées, auxquelles après huit mois vous n'avez su que répondre ; mais point du tout : vous vivez encore ; j'en suis fâché d'autant plus que vous persistez dans votre crime littéraire, en vous appropriant mes lettres sur Haydn et en m'accusant à votre tour de plagiat dans le Constitutionnel du 26 mai. Cela passe les bornes, monsieur Bombet ! Plus opiniâtre qu'Anthée, aous vous relevez de terre, et me forcez à redevenir Hercule. Eh bien ! me voici en attitude, et prêt à vous terrasser définitivement. « Ce qui est bon à prendre est bon à garder. » Certainement, vous me le prouvez trop ; mais il faut aussi savoir garder ; il faut légitimer son vol, au moins en apparence. Tous les usurpateurs ont sauvé la décence, ce que vous ne faîtes pas. Que voulez-vous que dise le public d'un soi-disant auteur qui, ayant reçu d'un autre cette apostrophe publique : « Monsieur, '^'ous m avez escamoté mon ouvrage, et en voici les preuves ! », au lieu de combattre ces preuves, après huit mois de méditation, se contente de répéter hardiment par la voie d'un journal accrédité : « Oui, cest moi qui suis Vauteur du livre en question, et M. Carpani est un plagiaire » ? Perlet s'est sauvé devant ses juges, ne sachant que dire pour se justi-

fier. Vous auriez dû l'imiter. Oui, Monsieur, il nesuffit pas d'avoir du front, il faut des preuves dans un procès comme le nôtre. J'ai donné les miennes, faites-nous jouir des vôtres. Détruisez les faits que j'allègue : escaladez le ciel ; osez l'impossible. Le public a besoin de rire ; et, ma foi, tout peut manquer à votre étrange prétention, hors le sublime du ridicule. Dans mes lettres précédentes, ayant pitié de vous, je vous avais conseillé de vous taire : maintenant j'exige que vous parliez. Je vous en somme même. Mais comme vous êtes un esprit de la classe des récalcitrants, je parie que vous tromperez l'attente dvi public et mes droits, et que vous vous tairez. En tout cas, que vous parliez ou non^ j'ai l'honneur d'être et serai toujours l'auteur de- VOS lettres sur Haydn.

Joseph Carpam.

Vienne en Autriche, ce 20 juin 1810.

La lettre ci-dessus, qui est sans doute une traduction de l'italien faite par les soins de la rédaction du Constitutionnel ou par un ami de Carpani, sommait Bombet de répondre. Le public avait besoin de rire, comme le disait Carpani : il put rire à son aise en lisant la lettre suivante, publiée dans Je Constitutionnel du l^r octobre 1816 :

Rouen, 26 septembre 1816.

Monsieur,

M. Louis Alexandre César Bombet, mon frère, •étant à Londres, fort vieux, fort goutteux, fort peu occupé de musique, et encore moins de M. Carpani, permettez que je réponde pour lui à la lettre de M. Carpani que vous avez insérée dans votre numéro du 20 de ce mois ^.

J'ai lu l'hiver dernier les deux lettres italiennes -adressées par M. Carpani à M. Bombet et qui furent •annoncées dans votre journal. Elles me portèrent à

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