PREFACE XXI
« l'œuvre où l'homme s'est, jusqu'ici, le plus approché de la perfection ^. »
Son amour pour Mozart fut moins immédiat et* plus lent à prendre conscience de soi ^ ; mais une fois qu'il fut installé dans son cœur, il pénétra jusqu'aux racines de l'être ; et ce fut pour toujours ; l'âge ne fit plus que l'accroître, aux heures même où l'amour pour Cimarosa traversait l'ombre, légère, d'une crise ^. Il l'a dit, de façon charmante :
« Mozart n'amuse jamais : c'est comme une maîtresse sérieuse et souvent triste, mais qu'on aime davantage, précisément à cause de sa tristesse »... « Et qu'est-ce que la musique, ajoute-t-il plus loin, sans une nuance de tristesse pensive ? / am neçer mary when I hear sweet music. . . (Marchand de Venise) * »
Nous verrons, dans sa Lettre sur Mozart, comme il en a senti l'amoureuse mélancolie et la douceur profonde. Pour parler son langage, Cimarosa a été son amante brûlante des années de jeunesse, et Mozart la compagne affectueuse de toute la vie.