PREFACE XXV
des développements entiers, tous les renseignements biographiques, tous les exposés historiques ^, toutes les analyses musicales, tous les jugements critiques sur Haydn, presque toutes les anecdotes, même celles qui étaient personnelles à Carpani et dont il s'est fait le héros ^. — Mais ce qui est bien plus grave et ce qui l'atteint, lui et ses défenseurs, jusque dans leurs derniers retranchements, c'est qu'il n'a pas beaucoup moins emprunté à la j^artie esthétique cpi'à la partie historique des Haydine. N'est-il pas incroyable c{ue les neuf dixièmes des comparaisons de musiciens et de peintres, qui foisonnent dans ce livre, selon le goût de l'époque, soient prises à Carpani, et c{ue lorsque celui-ci énonce ses préférences artistiques, Stendhal les transcrive sans presque rien y changer ^ ! Et combien des idées
1. Histoire de la symphonie, histoire de la musique sacrée, histoire de la musique comique, etc. A part une notice sur la musique napolitaine (lettre XIV), que Stendhal a copiée dans un opuscule d'abbé italien, et qu'on retrouve dans son Journal d'Italie (10 octobre 1811).
2. Ne s'est-il pas attribué jusqu'à un accès de fièvre, que Carpani avait eu, et que l'audition d'une messe de Haydn avait guéri ! (Lettre XVI p. 160). — (Réponse de Carpani, p. 464).
3. Lettre XVIII : liste des préférences musicales (Pcrgolèse, Piccinni, Paisiello, Cimarosa, Mozart, Jommelli), p. 174 ; — Lettre XIX : liste des œuvres-types du « vrai beau absolu » (Rotonde de Capri, Apollon du Belvédère, Madonna alla seggiola, Nuit du Corrège), p. 197 ; — Lettre XX : burlesque tableau de comparaisons entre les peintres et les musiciens, p. 224.
Joigncz-y le jugement sur Haydn, « Claude Lorrain de la musique » (lettre XII, p. 120), — la comparaison de Haydn, maniant l'orchestre, et d'Hercule armé de la massue (lettre XIII, p. 131), — la comparaison de Haydn et de Michel- Ange (lettr» XX, p. 216), etc.