XXIV PREFACE
Stendhal, sous le nom de Bombet, (ou son ami Crozet), ne i^rétendent-ils pas d'ailleurs qu'il n'y a aucune comparaison à instituer entre une fastidieuse compilation italienne de 550 pages et un alerte écrit français de 250 ^, et que toutes les analogies que l'on peut relever entre La Vie de Haydn et Le Haydine sont de l'ordre de celles qui existent entre Hume et Rapin-Thoiras « pour avoir dit tous deux qu'Elisabeth était fille de Henri VUI », ou entre Lacretelle et Anquetil « pour avoir traité l'un et l'autre le sujet de la guerre de la Ligue » ^ ! — Le moyen de ne pas donner raison aux bons apôtres !
J'ai tenu cependant à refaire l'enquête, pour mon compte ; j'ai comparé minutieusement Le Haydine et La Vie de Haydn ; et, quoi qu'il en conte à mon admiration pour Stendhal, j'ai dû arriver à cette constatation, accablante pour lui, que plus des trois quarts de son livre avaient été pillés dans Carpani. Le malheureux Carpani avait toutes raisons de répliquer à Bombet qu'en premier lieu, son livre n'avait pas 550 pages, mais 298, et que sur ces 298, 200 avaient été reprises par Bombet 3. Il ne s'agit pas seulement de cjuelques faits empruntés. Stendhal a pris à Carpani la forme même des lettres, les références sur lesquelles il s'appuie *,
1. Lettre de H. C. G. Bombet, 26 sept. 1816. (Voir à V Appendice, p. 477.)