‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 6 sur 129 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

pas seulement chez lui cette manie des pseudonymes et des déguisements, ce goût de mystifier, qui fut un de ses divertissements. Pour son propre plaisir, et peut-être même pour sa propre duperie, il aime à se travestir. De son enfance comprimée dans un milieu hostile lui est toujours restée l'habitude de se contraindre, la peur de se montrer à nu, un mélange d'ironie et de timidité qui l'amène à cacher le meilleur de soi, le plus tendre, le plus féminin, pour n'étaler que son armure d'intellectuel au regard aigu, à l'esprit mordant, un peu dandy, qui aime à jouer le cynisme et voudrait se faire croire qu'il n'est dupe de rien.

Or, ses confessions nous livrent un être tout différent, accablé « d'une sensibilité trop vive, d'affections écrasantes et disproportionnées, d'enthousiasmes excessifs ^ », — un perpétuel rêveur, « dont l'état habituel a été celui d'amant malheureux » 2, et qui s'y est complu, — un adolescent poétique et voluptueux, qui savoure en secret la douceur du plaisir et des larmes, de ses souvenirs et de ses illusions, qui défaille en y pensant et ne pourrait en parler sans souffrance et sans honte *,

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