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Vies de Haydn, de Mozart et de M©♭tastase

J'ÉTAIS à Vienne en 1808. J'écrivis à un ami quelques lettres sur le célèbre compositeur Haydn , dont un hasard heureux m'avait procuré la connaissance quelques années auparavant. De retour à Paris, je trouve que mes lettres ont eu un petit succès j qu'on a pris la peine d'en faire des copies. Je suis tenté de devenir aussi un auteur, et de me voir imprimer tout vif. J'ajoute donc quelques éclaircissemens; j'efface quelques répétitions, et je me présente aux amis de la musique, sous la forme d'un petit in-8?.

Note ajoutée en 1817.

Lorsque Tauteur se déterminà en 181 4;?

relire sa correspondance^ et à en faire une brochure, il cherchait quelques distractions

vj PRÉFACE.

à des chagrins très graves, et ne prit pas îa précaution d'écrire à Paris pour avoir du succès. Ainsi aucun journal n'annonça ce petit ouvrage ; mais en Angleterre il a en les honneurs d'une traduction (i), et les revues les plus estimées ont Lien voulu discuter les idées de l'auteur. Voici sa réponse.

J'ai cherché à analyser ]e sentiment que nous avons en France pour la musique. Une première difficulté^ c'est que les sensations que nous devons à cet art enchanteur sont extrêmement difficiles à rappeler par des paroles. Je me suis aperçu que pour donner quelque agrément à l'analyse philosophique que j'avais entreprise , il fallait écrire les vies de Haydn, de Mozart et de Métastase. Haydn m'offrait tous les genres de musique instrumentale ; Mozart sans cesse comparé à son illustre rival Gimarosa , donnaitJes deux genres

(i) ChezMurray, 49^ pages, avec des notes^

savantes»

PRÉFACE. N vij

de musique dramatique ^ celle où la voix est tout, et celle où la voix ne fait presque que nommer les seiitimens que les instrumens réveillent avec une si étonnante puissance. La vie de Métastase amenait naturellement l'examen de ce que doivent être les poëmes destinés à conduire l'imagination, cette folle de la maison, dans les contrées romantiques que la musique rend visibles aux ames qu'elle entraîne.

Il me semble que la première loi que le dix-neuvième siècle impose à ceux qui se mêlent d'écrire, c'est la clarté. Une autre considération m'en faisait un devoir.

Nous parlons beaucoup musique en France, et rien dans notre éducation ne nous prépare à en juger. Car c'est une chose reconnue que plus un homme est fort sur un instrument, moins il sent les effets du charme qu'il fait naître. Son ame est ailleurs, et il n'admire que le difficile. J'ai pensé que les jeunes femmes qui entrent dans le monde trouveraient

viij PRÉFACE.

avec plaisir en un seul volume , tout ce qu'il faut savoir sur cet objet.

Dans l'analyse de sentimens aussi délicats, l'essentiel est de ne rien outrer. Ceci me convenait parfaitement 5 le talent de l'éloquence que je n'avais point; eût été déplacé dans un tel ouvrage.

Ile de Wiglit, le i6 septembre 1817.

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