DOLIGNY
Londres, 1 3 octobre i8i4;
I l est bien natufely Madame ^ que je vous présente ce petit ouvrage le premier que fuie jamais écrit. Il fut fait dans un moment oîi le malheur aurait pu m^ atteindre , si je ne m'étais pas donné une distraction. Vous daigniez me demander quelquefois ce que je faisais , et comment je n'étais pas plus affecté de ce qui m' arrivait. Voici mon secret: je vivais dans un autre monde-) je n'aurais jamais quitté celui dont vous faites l'ornement, sij^avais connu dans ce pays* la quelques ames comme la votre y ou sHl eût été possible que celle que f admirais sentit pour moi autre chose que de Vamitié.
Je pars avec le regret d'avoir vu un nuage
s'élever entre vous ^et moi clans ces derniers jours; et comme j, entre amis , c'est le moment de la séparation qui décide de l'intimité future j je crains que, par la suite, nous ne ^vivions en étrangers. J'ai trouvé de la douceur à déposer dans ce petit endroit caché V expression simple des sentimens qui m'animent, et dont je ne prétends point de reconnaissance : j'aime parceque j^j trouve du plaisir.
Je sais d'ailleurs ce que vous avez voulu faire pour moi. Vous l'avez voulu, j^en suis certain; et cette volonté , quoique privée de succès ^ me donne le plaisir d'être reconnaissant à jamais,
uddieu , Madame. La vaine fierté que le monde impose me fera peut-être vous parler en indifférent; mais il est impossible que je le sois jamais pour vous ^ dans quelque pays éloigné que le sort me conduise.
Je suis avec un profond respect.