‹ Vies de Haydn, de Mozart et de M©♭tastaseChapitre 9 sur 29 · M ON CHER AMI · texte numérisé non relu

M ON CHER AMI

A mon dernier voyage en Italie; j'ai encore visité la petite maison d'Arqua ^ et la vieille chaise où Pétrarque était assis en écrivant ses triomphes. Je ne passe jamais à Venise sans me faire ouvrir le magasin qu'on a établi dans l'église où notre divin Gimarosa a été inhumé en 1801.

Vous prendrez donc peut-être quelque intérêt aux détails ^ peu intéressans en euxmêmes, que j'ai rassemblés sur la vie de notre compositeur.

En marquant l'arrangement d'une des journées de Haydn ; depuis son entrée au service du prince Esterhazy, nous avons décrit sa vie pendant trente années. Il travaillait constamment ^ mais il travaillait avec peine ^ ce

SUR HAYDN. î5() qui certainement n'était pas chez lui défaut d'idées ; mais la délicatesse de son goût était très difficile à contenter. Une symphonie lui coûtait un mois de travail^ une messe plus du double. Ses brouillons sont pleins de passages différens. Pour une seule symphonie , on trouve notées des idées qui suffiraient à trois ou quatre. C'est ainsi que j'ai vu à Ferrare la feuille de papier sur laquelle l'Arioste a écrit ^ de seize manières différentes ^ la belle octave de la Tempête ; et ce n'est qu'à la fin de la feuille qu'on trouve la version qu'il a préférée.

Stendon le nubi un tenebroso velo , etc.

Gomme Haydn le disait lui-même, son plus grand bonheur fut toujours le travail.

C'est ainsi que l'on peut concevoir l'énorme quantité d'ouvrages qu'il a mis au jour. La société, qui vole les trois quarts de leur temps aux artistes vivant à Paris , ne lui prenait que les moments dans lesquels il est impossible de travailler.

Gluck, pour échauffer son imagination et se transporter en Aulide ou à Sparte, avait

i6o LETTRES besoin de se trouver au milieu d'une belle prairie : là^ son piano devant lui^ et deux bouteilles de Champagne à ses côtés ^ il écrivait en plein air ses deux Iphigénies , son Orphée, et ses autres ouvrages.

Sarti, au contraire, voulait une chambre vaste y obscure , éclairée à peine par une lampe funèbre suspendue au plafond ^ et c'était seulement dans les mornens les plus silencieux -de la nuit qu'il trouvait les pensées musicales. C'est ainsi qu'il écrivit le Medonte , le rondo

Mia speranza ,

et le plus bel air qu'on connaisse, je veux dire

La dolce compagna.

Gimarosa aimait le bruit; il voulait avoir ses amis autour de lui en composant. C'est en faisant des folies avec eux que lui vinrent les Horaces et le Mariage secret, c'est-à-dire l'opéra ^e/Ya le plus beau, le plus riche, le plus original , et le premier opéra huffa du Théâtre italien. Souvent en une seule nuit

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il écrivait les motifs de huit ou dix de ces airs charmans ^ qu'il achevait ensuite au milieu de ses amis. Ce fut après avoir été quinze jours à ne rien faire et à se promener dans les environs de Prague , que l'air Pria-' che spunti in ciel V aurora lui vint tout-àcoup^ au moment où il y songeait le moins.

Sacchini ne trouvait pas un chant s'il n'ayait sa maîtresse à ses côtés, et si ses jeunes chats, dont il admirait toute la grâce, ne jouaient autour de lui.

Paësiello compose dans son lit. JG'est entre deux draps qu'il a trouvé le Barbier de Séville , la Molinara ^ et tant de chefs-d'œuvre de grâce et de facilité.

/La lecture d'un passage de quelque saint père ou de quelque classique latin est nécessaire à Zingarelli pour improviser ensuite en moins de quatre heures un acte entier de Pirro ou de Romeo et Juliette, Je me souviens d'un frère d'Anfossi , qui promettoit beaucoup et qui mourut jeune. 11 ne pouvait écrire une note s'il n'était au milieu de poulets rôtis et de saucisses fumantes.

Pour Haydn, solitaire et sobre commie Newton ; ayant au doigt la bague que le

i62 LETTRES grand Frédéric lui avait envoyée, et qui, disait-il, était nécessaire à son imagination^ il s'asseyait à son piano , et après quelques instans son imagination planait au milieu des anges. Rien ne le troublait à Eisenstadt^ il vivait tout entier à son art, et loin des pensers terrestres.

Cette existence monotone et douce, remplie par un travail agréable , ne cessa qu'à la mort du prince Nicolas, son patron, en

Un effet singulier de cette vie retirée, c'est que notre compositeur, ne sortant jamais de la petite ville, apanage de son prince, fut le seul homme, s'occupant de musique en Europe , qui ignorât pendant long -temps la célébrité de Joseph Haydn. Le premier hommage qu'on lui rendit fut original. Gomme si c'était un sort que tous les ridicules , en fait de musique, naquissent à Paris, Haydn reçut d'un amateur célèbre de ce pays-là la commission de composer un morceau de musique vocale. En même temps, pour lui servir de modèle, on joignait à la lettre des morceaux choisis de LuUi et de Rameau. On Juge de l'effet que cette paperasse dut faire.

SUR HAYDN. i63 en 1780, sur Haydn, nourri des chefsd'œuvre de l'école d'Italie qui depuis cinquante ans était au comble de sa gloire. Il renvoya les morceaux précieux, en répondant avec une simplicité malicieuse, « qu'il « était Haydn, et non pas Lulli et Rameau , « que si l'on voulait de la musique de ces u grands compositeurs , on en demandât à « eux ou à leurs élèves ; que , quant à lui , il (( ne pouvait malheureusement faire que de « la musique de Haydn. »

On parlait de lui depuis bien des années, quand, presque en même temps, il fut invité par les directeurs les plus renommés des théâtres de Naples, de Lisbonne, Venise, Londres , Milan , etc.Jà composer des opéras pour eux. Mais l'amour du repos, un attachement bien naturel pour son prince et pour sa manière de vivre méthodique, le retinrent en Hongrie, et l'emportèrent sur son désir constant de passer les monts. Il ne serait peut-être jamais sorti d'Eisenstadt, si mademoiselle Roselli n'était venue à mourir. Haydn, après cette perte, commença à sentir du vide dans ses journées. Il venait de refuser l'invitation des directeurs du Concert spiri-

ï64 LETTRES tuei de Paris. Après la mort de son amie, il accepta les propositions d'un violon de Lon^ dres^ nommé Salomon^ qui dirigeait dans cette ville une entreprise de concerts. Salomon pensa qu'un homme de génie^ déniché tout exprès pour les amateurs de Londres, mettrait son concert à la mode. Il donnait vingt concerts par an, et promit à îHaydn loo sequins par concert (1200 fr.). Haydn ayant accepté ces conditions, partit pour Londres en 1790, à l'âge de cinquante-neuf ans. Il y passa plus d'un an. La musique nouvelle qu'il composa pour ces concerts fut très goûtée. La bonhomie dans les manières, réunie à la présence certaine du génie, devait réussir chez une nation généreuse et réfléchie. Souvent un Anglais s'approchait de lui dans la rue, le toisait en silence de la tête aux pieds, et s'éloignait en disant : « Voilà « donc un grand homme! »

Haydn racontait avec plaisir beaucoup d'anecdotes de son séjour à Londres, lorsqu'il contait encore. Un lord, passionné pour la musique à ce qu'il disait, vint le trouver un matin, et lui demanda des leçons de contrepoint, à une guinée la leçon. Haydn,

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voyant que le milord avait quelques connaissances en musique^ accepte. Quand commençons-nous? — Actuellement^ si vous voulez^ dit le lord^ et il tire de sa poche un quatuor de Haydn. « Pour première leçon, « reprend-il^ examinons ce quatuor, etdites- « moi le pourquoi de certaines modulations, « et de la conduite générale de la composi- « tion, que je ne puis approuver totalement, « parcequ'elles sont contraires aux prin- « cipes. »

Haydn, un peu surpris, dit qu'il est prêt à répondre. Le lord commence, et dès les premières mesures il trouve à redire à chaque note. Haydn, qui inventait habituellement, et qui était le contraire d'un pédant , se trouvait fort embarrassé, et répondait toujours : « J'ai fait ceci , parceque ça fait un « bon effet* j'ai placé ce passage ainsi, parce- « qu'il fait bien. » L'Anglais, qui jugeait que ces réponses ne prouvaient rien, recommençait ses preuves, et lui démontrait par bonnes raisons que son quatuor ne valait rien. « Mais, milord, arrangez ce quatuor à votre « fantaisie j faites- le jouer, et vous verrez (( laquelle des deux manières est la meilleure.

i66 LETTRES « — Mais pourquoi la vôtre, qui est con- (( traire aux règles, peut -elle être la meil- « leure ? — Parcequ'elle est la plus agréable. » Le lord répliquait j Haydn répondait du mieux qu'il pouvait, mais enfin impatienté : c( Je vois , milord , que c'est vous qui avez c< la bonté de me donner des leçons , et je « suis forcé de vous avouer que je ne mérite î( pas l'honneur d'avoir un tel maître. » Le partisan des règles sortit, et est encore étonné qu'en suivant les règles à la lettre on ne fasse pas infailliblement un Matrimonio segretto»

Un marin entra un matin chez Haydn :

TOUS êtes M. Haydn. — Oui , monsieur. — Vous convient- il de me faire une marche pour égayer les troupes que j'ai à mon bord? Je vous paierai 3o guinées ; mais il me faut la marche aujourd'hui , parceque je pars demain pour Calcutta. Haydn accepte. Le capitaine de vaisseau sorti , il ouvre son piano, et en un quart d'heure fait la marche.

Ayant des scrupules d'avoir gagné si vite une somme qui îui semblait très forte, il rentre de bonne heure le soir, et fait deux autres marches , dans le dessein de laisser le choix au capitaine, et ensuite de les lui offrir

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toutes les trois ^ pour répondre à sa générosité. Au point du jour arrive le capitaine: — Hé bien ! ma marche ? — La voici. — Voulez-vous la jouer sur le piano? — Haydn la joue. Le capitaine ^ sans ajouter une parole^ compte les 3o guinées sur le piano, prend la marche, et s'en va. Haydn court après lui, et l'arrête : J'en ai fait deux autres , lui dit-il, qui sont meilleures^ entendez-les, et choisissez. — La première me plaît, cela suffît. — Mais écoutez. — Le capitaine se jette dans Tescalier , et ne veut rien entendre. Haydn le poursuit en lui criant : « Je vous en « fais cadeau. » Le capitaine descendant encore plus vite, répond : « Je n'en veux point. « — Mais entendez-les, au moins. — Le diable (( ne me les ferait pas entendre. »

Haydn piqué, sort à l'instant, court à la bourse, s'informe du vaisseau qui va partir pour les Indes, du nom de celui qui le commande; il fait un rouleau des deux marches, y ajoute un billet poli , et envoie le tout à son capitaine, à bord. Cet homme obstiné, se doutant que c'était le musicien qui le poursuivait, ne veut pas même ouvrir le billet , et renvoie le tout. Haydn mit les marches

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en mille morceaux, et toute sa vie s'est rappelé la fî[3fure de son capitaine de vaisseau.

11 prenait beaucoup de plaisir à nous conter sa dispute avec un marchand de musique de Londres. Un matin Haydn, s'amusant à courir les boutiques, selon l'usage anglais entre chez un marchand de musique , en lui demandant s'il avait de la musique belle et choisie : « Précisément, répond le marchand, « je viens d'imprimer de la musique sublime « d'Haydn. — Ah ! pour celle-là , reprend « Haydn, je n'en ai que faire. — Gomment, « monsieur, vous n'avez que faire de la mu- « sique d'Haydn! et qu'y trouvez-vous à rei( prendre, s^il vous plaît? — Oh! beaucoup « de choses ,* mais il est inutile d'en parler, (( puisqu'elle ne me convient pas : montrezi( m'en d'autre. » Le marchand, qui était un Haydaniste passionné : (f Non monsieur, re- « pond-il, j'ai de la musique, il est vrai, mais (( elle n'est pas pour vous » ,* et il lui tourne le dos. Gomme Haydn sortait en riant, entre un amateur de sa connaissance, qui le salue en le nommant. Le marchand, qui se retourne à ce nom, encore plein d'humeur, dit à l'homme qui entrait : «Eh bienl oui^

« M. Haydn! voilà quelqu'un qui n'aime pas (( la musique de ce grand homme. » L'Anglais rit; tout s'explique^ et le marchand connaît cet homme qui trouvait à redire à la musique d'Haydn.

Notre compositeur^ à Londres , avait deux grands plaisirs : le premier^ d'entendre la musique de Hœndel; le second d'aller au concert antique. C'est une société établie dans le but de ne pas laisser perdre la musique que les gens à la mode appellent ancienne : elle fait exécuter des concerts où l'on entend les chefs-d'œuvre des Pergolèse, des Léo ; des Durante , des Marcello , des Scarlati ; en un mot^ de cette volée d'hommes rares qui parurent presque tous à-la-fois ^ vers l'an 1730.

Haydn me disait avec étonnement, que beaucoup de ces compositions qui l'avaient transporté au ciel quand il les étudiait dans sa jeunesse^ lui avaient paru beaucoup moins belles quarante ans plus tard : « Gela me fit « presque le triste effet de revoir une an- « cienne maîtresse»^ disait-il. Était-ce tout simplement l'effet ordinaire de l'âge avancé, ou ces morceaux superbes ne faisaient -ils plus autant de plaisir à notre compositeur,

comme ayant perdu le charme de la nouveauté ?

Haydn fît un second voyage de Londres en 1 794. Gallini^ entrepreneur du théâtre à^Haymarquet, Favait engagé pour composer un opéra qu'il voulait donner avec la pompe la plus riche : le sujet était Orphée pénétrant aux enfers. Haydn commença à travailler; mais Gallini trouva des difficultés à obtenir la permission d'ouvrir son théâtre. Le compositeur^ qui regrettait son chez-lui^ n'eut pas la patience d'attendre que la permission fût obtenue : il quitta Londres avec onze morceaux de son Orphée ^ qui sont, à ce qu'on m'assure, ce qu'il a fait de mieux en musique de théâtre, et il revint en Autriche, pour ne plus en sortir.

Il voyait beaucoup à Londres la célèbre Bilington , dont il était enthousiaste. Il la trouva un jour avec Reynolds , le seul peintre anglais qui ait su dessiner la figure : il venait de faire le portrait de madame Bilington en sainte Cécile écoutant la musique céleste, comme c'est l'usage. Madame Bilington montra le portrait à Haydn ; « Il est ressemblant^ « dit-il, mais il y a une étrange erreur, —

« Laquelle? reprend vivement Reynolds. — « Vous Tavez peinte écoutant les anges; il « aurait fallu peindre les anges écoutant sa « voix divine. » La Bilington sauta au cou du grand homme. C'est pour elle qu'il fit son Ariadne abandonnée^ qui soutient le parallèle avec celle de Benda.

Un prince anglais chargea Reynolds de faire le portrait d'Haydn. Celui-ci^ flatté de cet honneur^ se rend chez le peintre et pose^ mais l'ennui le gagne : Reynolds^ soigneux de sa réputation^ ne veut pas peindre, avec une physionomie d'idiot, un homme connu pour avoir du génie ; il remet la séance à un autre jour. Au second rendez-vous, même ennui, même manque de physionomie ; Reynolds va au prince, et lui raconte son accident. Le prince trouve un stratagème : il envoie chez le peintre une Allemande très jolie, attachée au service de sa mère. Haydn vient poser pour la troisième foisj et au moment où la conversation languit, une toile tombe, et la belle Allemande, élégamment drapée avec une étoffe blanche, et la tête couronnée de roses, dit à Haydn, dans sa langue maternelle : a O grand homme! que je suis.

172 LETTRES « heureuse de te voir^ et d'être avec toi!» Haydn ravi^ accable de questions Taimahle enchanteresse- sa physionomie s'anime^ et Reynolds la saisit rapidement.

Le roi Georges III ^ qui n'aima jamais d'autre musique que celle de Hœndel, ne fut pas insensible à celle d'Haydn : la reine et le monarque firent un accueil distingué au virtuose allemand , enfin l'université d'Oxford lui envoya le diplôme de docteur^ dignité qui, depuis l'an i4oo, n'avait été conférée qu'à quatre personnes, et qu'Hœndel luimême n'avait pas obtenue.

Haydn devant, d'après l'usage, envoyer à l'université un morceau de musique savante, lui adressa une feuille de musique tellement composée, qu'en la lisant à commencer par le haut ou par le bas de la page, par le milieu ou à rebours, enfin de toutes les manières possibles, elle présente toujours un chant et un accompagnement correct.

Il quitta Londres, enchanté de la musique d'Hœndel , et avec quelques centaines de guinées qui lui semblaient un trésor. En revenant par l'Allemagne, il donna plusieurs concerts, et pour la première fois sa très petite

SUR HAYDN. ïyS fortune reçut une augmentation. Les appointemens qu'il avait de la maison Esterhazy étaient peu considérables , mais la bonté avec laquelle le traitaient les membres de cette auguste famille^ valait mieux pour l'bomme qui travaille avec son cœur^ que tous les salaires possibles. Il avait toujours son couvert mis à la table du prince; et lorsque S. A. donna un uniforme aux membres de son orchestre^ Haydn reçut l'habit que les personnes qui viennent faire leur cour au prince ^ à Eisenstadt, ont coutume de porter. C'est par une longue suite de traitemens de cette espèce^ que les grands seigneurs autrichiens s'attachent tout ce qui les entoure; c'est par cette modération qu'ils font supporter et même chérir des privilèges et des manières qui les égalent presque aux têtes couronnées. La hauteur allemande n'est ridicule que dans les relations imprimées des cérémonies publiques; observée dans la nature l'air de bonté fait tout passer. Haydn rapportait i5^ooo florins de Londres; quelques années après, la vente des partitions de la Création et des Quatre Saisons , lui valut une somme de 2,000 sequins (24,000 francs), avec laquelle

174 LETTRES il acheta le jardin et la petite maison où il lo^e, au faubourg de Gumpendorff^ sur la route de Schœnnbrunn : telle est sa fortune.

J'étais avec lui à cette nouvelle maison, lorsqu'il reçut la lettre flatteuse que l'Institut de France lui écrivait pour lui annoncer qu'il avait été nommé associé étranger. Haydn, en la lisant, fondit en larmes tout d'un coup, et jamais il ne montra sans attendrissement cette lettre réellement pleine de cette grâce noble que nous saisissons beaucoup plus facilement que les autres nations.

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