TOULOUSE
SOCIÉTÉ DES LIVRES RELIGIEUX, Dépdt : rue du L}cée, li.
Les trois notices biographiques que nous donnonsj-à ^jiqs .^ettètl^s -dÊfrfandent quelqiife:achtiPcissêrïîehts''pféalables pour êtfptKëûrcoïç prisés. Il importe surtoirt d^*'cdôhajlre- dans quel but ellQS îC»ii:-étéV.ÔCfites , la
us auxquels elles étaient destinées ; et c'est ce que nous allons faire en peu de mots.
11 existe, en divers pays de l'Europe évangélique , une association connue sous le nom A' Union chrétierpne des jeunes gens, qui semble devoir préparer, sous la bénédiction du Seigneur, une pépinière d'où sortira un
jour une foule d'hommes pris dai toutes les classes, unis pour la eau de Jésus, et qui apporteront au se d'une société, encore en majorité îi différente et incrédule, une sève noi velle qui vivifiera Tarbre.
Aucune organisation n'unit en i même faisceau ces sociétés répandiii en *VîûJi jJ^ •. lienx; (Jivo!*..: chacui d'ette? B '^ -vie ••ptDpye:> : ses règl» ments pa^ticidiatâ,::$ft liberté d'a< tion, ôt jêU^sIfi''(3IiCiBn!Te^lles d'auti lien c^niîfiun >^;Fa^ancement d règne de Christ en elles et autou d'elles, d'autre drapeau que la Bibk et d'autres rapports entre les divei centres que ceux de l'amour chrétien
Au lieu de dissiper leurs loisirs e des occupations ou des plaisirs frivc les ou dangereux, à chercher leui distractions dans des lieux de divei tissements publics, ces jeunes chré
tiens se réunissent le soir dans un local oii se trouvent d'ordinaire des journaux religieux , une bibliothèque choisie , et où des bomoies distingués se font un honneur de leur donner à la soirée des cours ou des lectures qui les instruisent et les captivent.
Ces lectures roulent sur l'histoire, sur les merveilles de la création ou sur quelque sujet se rattachant aux sciences naturelles, mais d'ordinaire présentées sous un point de vue religieux , propre à amener les âmes à Dieu et à les préserver des pièges et des dangers qu'offre la société au milieu de laquelle cette jeunesse est appelée à vivre.
Or, c'est dans ces réunions du soir de l'association chrétienne des jeunes gens de Londres , tenues dans la salle des francs-maçons, et à Exeter- Ilall, en 1852, 1853, que le Rév.
J.-C. Ryle a lu successivement les biographies de Latimer, de Baxter et de Whitefield. Chacun de ces trois hommes de Dieu caractérise , comme il est facile de le voir, une des grandes époques du réveil et de l'histoire religieuse d'Angleterre. Avec Latimer, nous assistons aux premières luttes sérieuses de la Réforme, sous Henri VIII et Edouard VI. — Dans Baxter, nous lisons l'histoire du réveil qui succéda à la démoralisation introduite sous le règne des derniers Stuarts, qui amena la mort violente de Charles I^^, la république sous le protectorat de Cromwell , et le rétablissement des vrais principes de la Réforme sous l'influence des puritains. — Enfin, dans la vie de Whitefield, nous voyons l'étal déchu du christianisme en Angleterre , comme il l'était alors dans presque toute l'Europe à celte épo-
que y par l'influence de la philosophie du dix-huitième siècle; nouslevoyons, dis-je, réveillé par les Wesley et les Whilefield, et c'est par l'histoire de ce dernier que Ryle caractérise cette époque.
Le danger actuel pour la Réforme, en Angleterre , est tout entier dans les progrès de ce qu'on appelle le tradarianisme ou le puséysme , — et chacun sait que le fond de ce système est un rapprochement et une tendance vers le catholicisme romain, dont le véritable fondateur est l'archevêque Laud ; et l'on a déjà vu , par un grand nombre d'exemples individuels, que, les doctrines de ce système une fois admises, leur conséquence nécessaire est le romanisme. — Ceux qui en sont les fauteurs, pour ne pas effaroucher les esprits , cherchent bien à persuader
aujourd'hui que les différences existent entre le puséysme et h forme ne sont pas capitales; il appellent simplement des vîtes glise, et ils prétendent qu'il n'y î des nuances qui séparent les c pions de la haute et basse I (high church men et low-churchi Mais cette prétention est menson comme cela ressort évidemmeni biographies que nous avons duites.
Lestractariens assurent que l'E s'est éloignée insensiblement des principes de la Réforme , et ils tendent que leur but est de 1' mener.
Par contre , le Rév. J.-C.
prouve incontestablement que doctrines évangéliques qui li aujourd'hui contre le Iractariani ont toujours été celles des réfo
PRÉFACE DU TRADUCTEUR. i(
leurs du seizième siècle, reproduites au dix-septième et au" dix-huitième par les hommes providentiellemeat chargés de la mission de réveiller l'Eglise déchue ou endormie. Or, le but évident des lectures faites par Ryle aux jeunes gens de V Union chré^ tienne de Londres , est de leur faire toucher au doigt où est la vérité dans ce conflit; de leur montrer que les vrais principes de la Réformation n'ont pas varié depuis trois siècles, et de les encourager à y rester fidèlement attachés; que le tractarianisme, depuis Laud jusqu'à nos jours , a toujours conspiré contre la Réforme; qu'il n'a jamais cessé de subsister à côté d'elle; qu'il est le résultat de la lutte plus ou moins ouverte du catholicisme romain pour reconquérir le terrain qu'il avait perdu, en se dissimulant avec la souplesse que nous
là PRÉFACE DU TRADUCTEUR.
lui connaissons et qui est dans sa r ture, sous les apparences extérieui les moins compromettantes pour cause; et rien ne semble mieux f pour déchirer le voile dont il couvre que les faits exposés par Rév. J.-C. Ryle , avec cette impart lité et cette puissance de dialectiq qui distinguent tous les ouvrages s< tis de sa plume.
Peut-être les lecteurs français j magineront-ils que ces vies d'Angla — écrites par un ecclésiastique i glais , — principalement pour jeunes Anglais, — dans un but é demment anglais, n'auront pas pc eux le même intérêt ni la même i lité; — et, à la première vue, ne étions un peu nous-même sous cette i pression ; mais la lecture attentive r nous en avons faite nous a compl ment désabusé; car, indépendamm
de l'intérêt que le sujet en lui-même inspire au point de vue historique et religieux, et de l'instruction que nous avons puisée dans cette lecture , ce qui nous a paru en ressortir surtout avec une grande évidence, c'est d'abord la preuve de l'union qui n'a jamais cessé d'exister entre les diverses communions évangéliques, quelle que soit leur dénomination , quant aux doctrines fondamentales de la Réformation, — principe qui a reçu depuis quelques années une application de fait et pratique parla fondation de V Alliance évangélique. — En second lieu, ces biographies établissent, que la diffusion de la Bible , — la vérité évangélique et la liberté de conscience, n'ont jamais eu d'ennemis plus acharnés que Rome et ses adhérents, et que c'est de cette forteresse de Tennemi des âmes que sont parties
dans tous les temps les attaques ( tout genre dont, par la grâce ( Dieu, la Réforme est sortie et sortii toujours triomphante.
Enfin , il est intéressant de voir i ministre anglican , et qui se monti fort attaché à son Eglise, juger av( autant d'impartialité les hommes qi ont possédé et proclamé la vérité qi est en Christ sous des formes eccL siastiques autres que celles de TEglii à laquelle il appartient, et dont dei au moins peuvent être appelés h Pères de la dissidence.
Toutefois, il est résulté de cet lecture, à nos yeux, que ce n'éla pas tout-à-fait sans fondement qu'o avait souvent porté contre TEglis d'Angleterre Taccusçition que c'éta à son respect exagéré pour les formanciennes du culte, et pour certain parties de ces formes qui rap
laient trop le culte catholique romain, qu'étaient dues peut-être (au moins en partie) les tendances semi-catholiques romaines contre lesquelles elle est appelée à lutter aujourd'hui , et qu'elle eût évité si , dans l'origine , elle eût rompu plus énergiquement avec son passé. — Nous reconnaissons que nous sommes mal placé pour juger de ces choses, et nous n'exposons cette opinion que sous une forme dubitative ; mais nous nous sommes cru obligé de dire que c'est un point sur lequel le panégyrique de l'auteur en faveur de son Eglise ne nous a pas complètement convaincu.
GenèYe, 1er août 1854.
Le Traducteur.
VIES
DE
ET
WHITEFIELD.
Il est sans doute peu de nos lecteurs qui ignorent l'existence du chrétien illustre dont nous allons esquisser l'histoire ; peu qui n'aient entendu dire, qu'une reine sanguinaire, nommée Marie ^ régnait, il y a trois siècles, sur FAngleterre ; que cette princesse cruelle fit brûler plusieurs hommes qui n'avaient pas
18 L*ÉVÊQUE LATIMBR.
voulu abjurer la vérité de Christ, et que Lalimer fut un de ces hommes-là.
Mais il faut que ces choses soient mieux connues; on sent le besoin de pénétrer plus profondément dans la connaissance des vies , des actes et des opinions des principaux réformateurs anglais. Leurs noms sont destinés à quelque chose de mieux qu'à servir d'ornement d'emprunt à un discours d'apparat ou de fleurs de rhétorique propres à exciter les applaudissements d'Exeter Hall (1). Leurs principes ne doivent pas rester plus longtemps dans le vague , brillant à distance comme un mirage, mais offrir aux yeux de l'esprit quelque chose de clair, distinct et bien défini. Mon désir est qu'on comprenne bien que les plus précieux intérêts de notre pays sont étroitem^ent unis aa
(1) Salie immense à Londres où se tiennent les assemblées religieuses et qui peut contenir six milte personnes.
l'évêque latimer. 19
protestantisme , et je souhaite que vous puissiez graver dans vos cœurs que la prospérité de l'Angleterre ne repose pas sur son commerce ou sa politique, sur ses armées ou sur ses vaisseaux , sur son or ou sur les produits de son sol, mais sur le maintien des principes de la Réformation anglaise.
Les temps ou nous vivons appellent hautement une connaissance plus généralement répandue de Thistoire de TËglise d'Angleterre. Les opinions, sur ce sujet, sont de nos jours si confuses, et d'une nature si étrange, que chacun est réduit à se frotter les yeux et à se demander : « MaisI où suis-je?» Il existe parmi nous , au sujet du romanisme et de la Réforme, un état de sensiblerie maladive, pour ne rien dire de plus. Cet état s'est insensiblement accru , il s'accroît encore, et il faut qu'il diminue.
Rien n'est plus propre à combattre cette disposition que la production de quelques faits. — Si vous voulez gagner à
votre avis un Ecossais, il lui faut, dit-on, de longs raisonnements. Mais pour convaincre un Anglais, il suffit de faits bien simples. Or, ce sont des faits que je vous apporte aujourd'hui. — • Si quelqu'un de ceux qui m'écoutent est venu ici pour entendre des théories particulières , ou des mouvements oratoires, je crains qu'il ne s'en retourne désappointé; mais pour celui qui se contente de simples faits , simplement racontés, je me crois on état de lui en fournir.
Si quelqu'un de vous hésite à savoir s'il est un vrai membre de l'Eglise d'Angleterre, s'il est inquiet de l'existence et des progrès de ce système qu'on appelle follement c les vues d'Eglise , » qu'il vienne avec moi faire visite à l'un de ceS' Pères de l'Eglise anglicane. — Appelonsen au témoignage d'un des plus honnêtes et des plus renommés évêques des jours^ de la Réforme. Examinons ensemble la vie , et les opinions du bon vieux Latimer.
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Quelqu*un de vous a-t-il des doutes sur le véritable caractère de TEglise de Rome; est-il troublé par quelqu'un de CCS hommes superficiels qui vous disent, d'un ton tranchant, qu'il- n'y a aucune différence fondamentale -entre l'Eglise anglicane et celle de Rome ; qu'il vienne avec moi aujourd'hui parcourir quelques vieilles pages de l'histoire d'Angleterre ; examinons ensemble ce qu'était ce pays quand des docteurs romains enseignaient le peuple, et dirigeaient toutes choses. Voyons comment se conduit l'Eglise de Rome quand elle domine , comment elle en agit avec les amis de la diffusion de le Bible, avec ceux du libre arbitre et de la justification par la foi. Voyons enfin comment elle a traité l'évèque Latimer.
Et maintenant, sans autre préliminaire, permettez-moi de vous dire quelque chose des temps où Latimer vécut, — de la viç de Latimer — et des opinions de Latimer.
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