QUI SE TROUVERKNT A LA BATAILLE DE BOUVINKS
Philippe-Auguste, se voyant attaqué par une ligue formidable, usa de toute la latitude que lui donnaient les lois féodales; il admonesta plus de vassaux et d'arrière-vassaux que nul de ses prédécesseurs ne l'avait fait. Dans le nombre des admonestés se trouvaient neuf archevêques, soixante-quatre évéques et trente abbés. Ces ecclésiastiques étaient mandéi^ comme possesseurs de fiefs. Ils déployèrent tous beaucoup de zèle pour faire des levées dans leurs terres, et les envoyèrent à l'armée, en se dispensant toutefois d'y aller eux-mêmes, quoique les constitutions de l'État les y astreignissent; mais depuis deux siècles on était moins rigide , et les évéques usaient de la liberté qu'on leur laissait à cet égard. Cinq seulement pfirent part aux combats qui se livrèrent dans la campagne de iai4 : Philippe de Dreux, évèque de Beauvais; Robert de Châtillon, évêque de Laon ; Guérin, évéque de Senlis, qui suivirent l'armée de Philippe-Auguste. Deux autres accompagnèrent Louis, fils du roi, agissant dans le Poitou : ce furent l'évèque de Nîmes et l'évêqueduPuy.Cedernier était devenu, en iai3, possesseur du riche fief de Polignac, par la donation que
lui en fit Ponce, vicomte de Polignac ; ce seigneur, ayant perdu ses deux fils, s'était retiré dans un cloître.
Les listes c^ue nous donnons ici sont extraites des rôles de plusieurs anciens bans et arrièrc-bans, dont la minute était conservée à la cour des comptes. Elles furent publiées par Laroque, dans son Traité du ban et de rarrière-bau(édit. in-4®de 1734, p. 47)- C'est l'ouvrage le plus profond cpie l'on ait écrit sur cette matière. Ces listes furent également reproduites par le savant André Duchesne, dans son Recueil des historiens de France, t. V, à la suite du poëme Philip' pidos^ par Guillaume le Breton. Les noms sont écrits d'une manière plus correcte dans Duchesne que dans Laroque ; nous l'avons pris pour guide.
Nota, l^e mot latin dominus veut dire le sire j en langage du moyen âge; castellanusy le châtelain. Il y a une très-grande différence entre l'un et l'autre) dominus Cociaco veut dire le sire de Couci, seigneur suzerain de ce fief; et castellanus Cociaci n*est (jué le châtelain ou gouverneur du château de Couci* Hœres veut dire l'héritier d'un fief; c'est le neveu ou le cousin germain d'un sire ou d'une dame qui n'avaient point (reniants. Advovatus veut dire le tuteur ou plutôt le régisseur d'inifief appartenant à des eiw fants orphelins en bas âge; il était obligé de marchM' avec la chevauchée du fief, pour représenter ses pupilles.