I>KS ARMES DÉFENSIVES ET OFFENSIVES
quipement est devenue dans les temps modernes, pour l'art militaire, un des témoignages les plus positifs de son perfectionnement.
Armes défensives de la Chevalerie.
La pièce la plus importante de l'armure du chevalier était naturellement celle qui enveloppait sa tête. On l'appelait le heaume; c'était en quelque façon l'étui de la tête; un petit grillage en formait le devant. Cette lourde coiffure de fer subsista plusieurs siècles : les écuyers le portaient durant les marches sur le pommeau de leur selle; et hors le temps du combat, le banneret couvrait sa tête d'un léger chapeau de fer , appelé Yarmet. Quoique le heaume fût très-élevé, les chevaliers le rehaussaient encore en y ajoutant un cimier j ornement de forme diverse : c'était toujours la figure d'un animal terrible ou fantastique, le lion, le serpent, la licorne, le dragon. Chaque chevalier déployait le plus grand luxe dans cette partie de l'armement. Les rois et les princes surmontaient le heaume de leur couronne : on disait alors , il porte le cimier rqjral, le cimier ducal. Il arriva que de puissants vassaux, trouvant le heaume trop incommode, y
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substituèrent le casque grec orné de panaches, en ecmservant néanmoins la visière, qui constituait la partie défensive du visage dans le heaume : le casque grec ne l'avait point. Les historiens du moyen âge signalent le fameux connétable de Glisson comme l'un des premiers auteurs de cette innoration (i) : insensiblement l'usage du heaume fut abandonné par tout le monde. Le casque adopté dans le quatorzième siècle par tous les chevaliers de la chrétienté différait encore du casque des héros grecs non^seulement par la visière , mais aussi par le hausse-eol , large rebord, garnissant le cou en entier et descendant sur les épaules : les princes et les grands vassaux mettaient des prix énormes à leurs casques, et n'épargnaient rien pour les rendre magnifiques (2).
Au début de la chevalerie, les cuirasses se composaient de cottes de mailles de fer, qui couvraient le corps depuis la gorge jusqu'aux cuisses ; on y ajouta ensuite des manches et des
(i) Voyez ci-après la vie du connétable de Clîsson : nous entrons à cet égard dans des détails plus circonstanciés.
(2) Voyez dans la vie des Danois, V^ volume de cet ouvrage, H description de l'entrée de Charles Vil dans la ville de Rouen; à l'occasion de cette cérémonie, la chevalerie française déploya une pompe et un luxe dont rien aujourd'hui ne peut rendre la moindre idée.