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chausses de mailles. Cette chemise de maille fut appelée auber, cr du mot a/é£/«f (blanc), parce que les mailles de fer, dit Fauchet, étant bien polies, fourbies et reluisantes, en semblaient plus blanches. )> Cette étymologie paraît assez raisonnable; mais comme toutes les expressions s'altèrent avec le temps , on fit du mot albus celui de haubert^ que les poètes et les romanciers ont rendu si célèbre. Sous le haubert le chevalier portait le gambesoriy espèce de pourpoint fait de taffetas, ou de cuir, bourré de laine, d'étoupes ou de crin : ce pourpoint ainsi fabriqué était destiné à rompre l'effort de la lance , qui aurait pu meurtrir le corps en y enfonçant les mailles de fer dont la cuirasse était composée. Les princes et les puissants bannerets portaient par-dessus le haubert un second vêtement d'étoffe, appelé cotte d^ armes ; il ressemblait à une dalmatique sans manches, et descendait jusqu'aux genoux : cette espèce de tunique, faite de drap d'or ou d'argent, était chargée des écussons ou des pièces composant les armoiries du chevalier.
Le haubert subit avec le temps sa transfor^ niation, aussi bien que le heaume : la cotte de
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mailles fut remplacée par la cuirasse faite d'une seule pièce de fer poli , pour garantir le buste : une autre pièce analogue garantissait le dos. Les cuirasses de nos modernes régiments de grosse cavalerie ont été fabriquées sur le modèle des armures des anciens chevaliers. Un motif politique perpétua plusieurs siècles l'existence du haubert : il est certain que l'usage de cette partie de l'armure fut réservé exclusivement aux chevaliers possesseurs de fiefs considérables : on disait ^ç/'rf<? haubert^ pour indiquer une terre trèsimportante. Les nobles de petit lignage ne pouvaient en aucun cas revêtir le haubert; et quand un chevalier jouissant de ce privilège faisait injure à un écuyer , il devait se battre contre lui avec les armes d'écuyer, lesquelles armes étaient toutes différentes de celles du chevalier : en cette circonstance , le banneret déposait le haubert, le signe caractéristique de son rang, de sa puissance. Philippe le Bel, ce grand réformateur, monarque dont les vues élevées n'ont pas été assez appréciées , doit être regardé comme l'inventeur des armures de pur fer, dont l'usage devint insensiblement général pour tous les hommes de guerre. Philippe le Bel voulut-il par
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cette innovation faire disparaître le haubert , em* blême trop significatif de la puissance féodale? Nous l'ignorons. Des rôles établis en 11294» ^O. i3i7 et en 1820 font mention d'armures de pur fer, et une foule de faits réunis prouvent qu'elles remplacèrent le haubert à compter de Philippe le Bel^ et que leur usage devint général sous Philippe de Valois, Laissons parler Froissart, le meilleur guide pour étudier l'histoire de cette époque : ce chroniqueur ne mentionne le haubert que de souvenir.
a Messire Jean de Roye^ messire de Trie, maréchal de France , avec Godemar Dufay et plusieurs autres seigneurs meirent sus une chevauchée de mille hommes armés de fer. » (Livre I*'^ chapitre 47-)
a Monseigneur Godefroy d'Harcourt se partit comme maréchal de la route du roi d'Angleterre avec cinq cents armures de fer. » (Chapitre laa.)
L'adoption des armures de pur fer dispensa le chevalier de porter le gambeson, ce pourpoint bourré de crin , qui était fort lourd et fort en»barrassant; mais il conserva la cotte d'armes, cette tunique sur laquelle étaient brodées les diverses pièces de son blason : il fallait un moyen
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pour se faire reconnaître de ses écuyers et des soldats de son host au milieu du désordre des batailles.
Le banneret avait non-seulement la tête et le buste couverts de fer, mais encore les bras et les jambes : ces pièces de Tarmure se désignaient par les noms de brassarty de cuissart, et de ge-- Houillères et gantelets; ses pieds même étaient contenus dans une chaussure faite d'écaillés de fer : à cette chaussure s'adaptaient d'énormes éperons, dont l'usage demeura pareillement interdit aux hommes d'origine serve; les féodaux seuls pouvaient s'en servir. Les diverses pièces composant l'armure du chevalier se tenaient entre elles au moyen de très-fortes boucles ou de crochets ; l'homme enchâssé ainsi dans une enveloppe de fer poli devenait en quelque façon impénétrable aux coups d'épée , dont la pointe ne pouvait pénétrer jusqu'à sa poitrine : l'aisselle et les articulations des bras et des jambes étaient vulnérables, mais très-difficilement; il en résulta l'expression, « attaquer son ennemi au défaut de la cuirasse. t>
Dans une action, les bannerets couverts ainsi de fer se voyaient par compensation exposés à
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un très-grand danger : bon nombre de soldats à pied s'attachaient à un seul chevalier , commençaient par tuer son cheval, également bardé de fer; puis ils se jetaient tous ensemble sur le cavalier, débouclaient les diverses pièces de son armure , et finissaient par lui enfoncer leur dague dans la poitrine.
Le bouclier complétait l'armement défensif de l'homme de guerre : l'usage en était général, aussi bien pour Técuyer que pour le haut baron, aussi bien pour le fantassin que pour le cavalier; seulement il différait de forme. Le bouclier du cavalier était rond ou ovale : on les appelait pour ce motiï rondelles et rondaches; le chevalier y faisait peindre ses armoiries. Les boucliers des fantassins surpassaient en grandeur ceux des cavaliers ; ils portaient le nom de targe, et avaient la forme allongée d'un écusson : il devait être -assez vaste pour couvrir le corps de l'homme en entier. Les boucliers du moyen âge n'étaient point en cuivre, comme ceux des peuples de Tantiquité ; on les faisait de bois, et on les recouvrait de cuir bouilli ou d'autres matières dures et capables de résister à la lance.
Pour nous résumer sur l'article des armes dé*
ensives, nous en ferons ici Fénumération complète. /