‹ Vies des grands capitaines francais du Moyen Age, pour servir de complément á l'histoireChapitre 24 sur 51 · SUR LA BATAILLE DE BOUVINES · texte numérisé non relu

SUR LA BATAILLE DE BOUVINES

Aucun moDument ne marque le lieu où se livra cette bataille de Bouvines , dans laquelle on joua le sort de la France ; les Romains l'auraient couvert de colonnes et d'arcs de triomphe. En i8o5, après la campagne d'Austerlitz, on eut la pensée d'élever, dans la plaine de Bouvines , un obélisque d'une grande hauteur ; l'une des faces devait être consacrée à rappeler le souvenir du triomphe de I3i4 » et l'autre côté k perpétuer la mémoire de celui que l'on venait de remporter. Les deux batailles avaient plusieurs points de ressemblance : dans Tun et dans l'autre cas les Français avaient eu à lutter contre une armée d'alliés formée de soldats venus en grande partie de la Germanie. Le plan du terrain fut levé , et l'on prit à ce sujet tous les renseignements historiques nécessaires » mais bientôt d'autres soins firent perdre de vue cet objet. Les habitants de ces contrées avaient ressenti une vive satisfaction en apprenant qu'on voulait décorer leur pays d'un monument consacré à rappeler un fait d'armes qui n'avait cessé d'occuper la pensée de leurs ancêtres ; ils tombèrent dans la tristesse lorsqu'ils virent qu'on y renonçait. Le vénérable pasteur de la commune de Bonvines , né parmi eux , qui, depuis quarante ans , ne les avait pas quittés, résolut d'adoucir leurs regrets ; il acheta de ses propres deniers, sans que nul y contribuât , un quartier de terre dans l'embranchement des chemins de Tournay et de Camphain , point central du champ de bataille , y fit bâtir une chapelle d'un style simple et élégant , et fit placer dans l'intérieur deux petits tableaux représentant les deux principaux épisodes de la journée de Bouvines : il consacra à ces dépen5cs la moitié de son modeste patrimoine. Chaque année, le a^ juillet, ce digne ecclésiastique célèbre l'office divin, en mémoire du ti'iomphe de Philippe-Auguste; tous les habitants se pressent au-

tour de cette chapelle rustique , et fêlent avec une joie géoéreusc

l'auDÎversaire de ce beao jour.

A deux Jieues de cette chapelle Ton voit un ohelisqoe haut de quatre-TingU pieds» que les religieux de l'abbaye de Cisoiog élevèrent pour marquer la place ou le roi Louis XY bivouaqua la veille

du jour oh il livra la bataille de Fontenoi. On lit sur une des faces le

nom des maréchaux de Saxe , de Noailles , et des autres généraux

commandant l'armée sous le roi.

LISTE

UES GHEVAUERS A BAIHNIERES

QUI SB TROmrÈBENT Jk hX BMAOUS W BOUVINES.

PHaii^PB*AcGiiSTE , se voyant attaqué par une ligue formidable , usa de toute la latitude que lui donnaient les lois féodales j il admonesta plus de vassaux et d'arrière-*vassaux que nul de ses prédécesseurs ne l'avait fait. Dans le nombre des admonestés se trouvaient neuf archevêques , soixante-quatre évêques et trente abbés. Ces ecclésiastiques étaient mandés comme possesseurs de fiefs. Ils déployèrent tous beaucoup de zèle pour faire des levées dans leurs terres , et les envoyèrent à Tarmée , en se dispensant toutefois d'y aller eux-mêmes , quoique les constitutions de l'Etat les y astreignissent ; mais depuis deux siècles on était moins rigide , et les évêques usaient de la liberté qu'on leur laissait à cet égard. Cinq seulement prirent part aux combats qui se livrèrent dans la campagne de 1214 : Philippe de Dreux, évéque de Beauvais ; Robert de Ghâtillon , évêque de Laon ; Guérin , évéque de Senlis , qui suivirent Tarmée de Philippe -Auguste. Deux autres accompagnèrent Louis , fils du roi , agissant dans le Poitou : ce furent

l'évêque de Nîmes et l'évêque du Puy. Ce dernier était devenu , en I2i3 , possesseur du riche (ief de Polignac, par la donation que lui en fit Ponce , vicomte de Pclignac ; Ce seigneur , ayant perdu ses deux fils , s'était retiré dans un cloître.

Les listes que nous donnons ici sont extraites des rôles de plusieurs anciens bakiâ et arrière-bans , dont la minute était conservée à la Cour des comptes. Elles furent publiées par Laroque , dans son Traité du bau et de l'arrière-ban (édit* in-4° de 1784, p. 47). C'est l'ouvrage le plus profond que Ton ait écrit sur cette matière. Ces listes furent également reproduites par le savant André Ducliesne , dans son Recueil des historiens de France , t. Y , à la suite du poème Philippidosj par Guillaume-le-Breton. Les noms sont écrits d'une manière plus correcte dans Duchesne que dans Laroque; nous l'avons pris pour guide.

Nota. Le mot latin dominus veut dire le sire en langage du moyen âge ; easteUantis , le châtelain. Il y a une très-grande différence entre l'un et l'autre ; domintis Cociaco veut dire le sire de Couci , seigneur suzerain de ce fief; et castelfanus Càciaci n'est que le châtelain ou gouverneur du château de Couci. HcBret veut dire Théritier d'un fief; c'est le neveu ou le cousin germain d'un sire ou d'une dame qui n'avaient point d'enfants. Âdvocatui veut dire le tuteur ou plutôt le régisseur d'un fief appartenant à des enfants orphelins en bas âge ; il était obligé de marcher avec la chevauchée du fief, pour représenter ses pupilles.

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