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ïèle magnanime, que n^excîtait point Fespoir des récompenses. Mathieu de Montmorency s^offre d'abord à nos regards : fixant la victoire à Bouvines par son courage , il détruisit plus tard la ligue formiée contre Tenfance de saint Louis , et donna à ce prince les premières leçons de sagesse et de vaillance. Après lui parait Gaucher de Châtillon, qui vît régner sept rois : devenu Farbitre de la maison royale sous le règne des trois fils de Philippe-le-Bel , il fit exécuter la loi salique dans toute sa teneur , et sous sa protection Philippe de Valois monta sur le trône à Texclusion d^Edouard III. Châtillon vécut quatre-vingts ans : ses derniers moments furent encore consacrés à la gloire ; il retrouva dans les champs de Cassel Faï^deur de sa bouillante jeunesse, et eut Fhonneur de la journée. Jaequesde Bourbon, moins heureux que lui mais aussi magnanime, atténua les calamités du règne du roi Jean; il périt à Briguais, les armes à la main , en défendant FEtat contre des hordes dévastatrices. Duguesclin fit succéder des jours de triomphe à des journées de deuil ; grâce à sa bravoure , à ses talents militaires , la France redevint aussi puissante qu^au temps de Philippe-Auguste ; le héros mourut au sein de la victoire en disant à ses compagnons d^armes : jimis^ n^auhliex jamais que le^ femmes j les enfants et le pauvre peuple ne sont pas vos ennemis :
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paroles qui le font mieux connaître que les. phis pompeuses louanges. Ce grand homme touchait à peine le seuil de la tombe , que de nouveaux malheurs viarent fondre sur le royaume : guerre civile ^ invasion étrangère , absence de toute autorité, meurtre, trahison , signalèrent cette fatale période. A Taspect de tant de maux , on croit Thonneur français anéanti pour toujours, mais on le retrouve intact au milieu des guerriers : ce ne sont plus les Montmorency, les Chàtillon, lesCouci, les Sancerre, servant les rois par grandeur d^âme ; ce sont des sujets valeureux autant que fidèles , s^attachant à un prince trahi par la fortune , par tous les siens ; ils le servent de leurs bras , de leurs biens , sans songer à vendre leurs services. Que Thistoire de leur vie est touchante! qui ne serait transporté d'admiration en entendant prononcer les noms de La Hire, de Dunois^ de Xaintrailles, de Richemont, de Tanneguy-Duchàtel ! Dans le même moment où le courage et la persévérance de ces preux relevaient le royaume des lis , Vempire de Constantinople , dénué de défenseurs , tombait sous les coups, de Mahomet II*
Cependant la France, occupée à. réparer ses pertes, n^exerçait aucune prépondérance sur le reste de la chrétienté ; FEmpire , TAngleterre , les Espagnes , ne lui laissaient jouer qu^un rôle secondaire ; la nation
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s^en indigna; une chevalerie ardente demanda à grands cris quW ne la laissât point oisive. La Trémouilie , Rohan , Chabannes , Baudicourt , se précipitent sur les pas de Charles VIII ; ils passent les monts pour défendre les prétentions légitimes que le monarque élevait, touchant la possession du royaume de Naples ; ils inondent ritalie , entrent dans Rome en triomphe à la lueur des flambeaux, et vont planter leurs bannières à Pextrémité de la péninsule.
Cependant nos ancêtres demeuraient en arrière des autres nations sous le rapport des sciences. UAngleterre et FAllemagne se remplissaient d'érudits ; les arts, chassés de Constantinople par les Turcs, s^implantaient en Italie , les Médicis les y avaient naturalisés. Les compagnons de Charles VIII sentent leur imagination s^enflammer à la vue des merveilles que Rome, Florence et Padoue voyaient enfanter tous les jours; ils rentrent dans leurs foyers , et communiquent aux diverses classes leur enthousiasme. Tout change alors en France : mœurs , habitudes , génie , tout y marche d^un pas rapide vers les améliorations ; une émulation surprenante s Y fait sentir: la poésie épure la langue; la musique, en charmant les oreilles , ouvre le cœur à des sensations plus douces ; le bon goût renaît ; la politesse , les égards s^établissent dans le commerce de la vie ; Félégance
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s^introduit dans les ajustements; enfin la nation^ dé-^ pouillée de Tenveloppe qui la voilait , commença à donner le ton à FEurope. On fut redevable de ces heureuses métamorphoses à ces guerriers qui venaient de soumettre Fltalie. Les vainqueurs de For- »oue et d^Aignadel présidèrent à la renaissance de» lettres : si plus tard Fexpédition, commencée par eux au - delà des Alpes , n^eut pas une issue très-avantageuse y ces mauvais succès furent balancés par de rapides progrès dans les sciences et da^ns les beaux-arts, progrès qui préparèrent d^autres merveilles et amenèrent le siècle de Louis XIV. Mais nous avons cru devoir clore Fhistoire des Grands Capitaines fian-çais du moyen âge par Dunois, pour plusieurs motifs déterminants : Fétablissement des armées permanentes y fondé vers la fin du règne de Charles VU, change^ de la manière la plus complète Fétat militaire ; Finvention des armes à feu compléta Fœuvre immense du quinzième siècle , qui ouvre d'une manière si brillante la période de^ temps modernes : or, Dunois finit la lignée des; généraux restés en dehors de ces grandes innovations ; d^illeurs, Louis XI, en rafiermissant Fautorité souveraine, modifia singulièrement la SQciété. Dès ce moment , les chefs d^armées ne furent plus que des sujets passifs, révocables selon la volonté du monarque. Enfin, Dunois fut le guer*