INTRODUCTION. IX
roi; mais ce prince, qui n^avait pu croire à Textinction successive des deux premières branches de la lignée royale, sVtait mis depuis vingt-cinq ans au service de Tempereur d'Allemagne ; cette démarche lui avait acquis la haine des Français, qui montraient à Fégard des Tudesques un éloignement invincible; néanmcnns un fort parti se déclara en sa faveur, tant le principe de légitimité a du pouvoir sur Tesprit des peuples ; Charles de Lorraine eût triomphé de tous les obstacles , s'il n^avait mis une mollesse inconcevable à défendre ses droits contre Hugues Capet, élu roi par une partie des provinces, en considération d^éminents services. Charles, tombé au pouvoir de son heureux rival, termina sa vie dansles fers,laissant deux jeunes filsqui , transportés en Germanie, moururent dansFisolement: la défaite et le trépas de leur père avaient tranché la question en faveur d^Hugues Capet. Ce dernier mon* tait au trône dans des circonstances très-difficiles : il avait aidé lui-même les grands feudatairesà dépouiller les Carlovingiens d^une portion de leur puissance ; il s^agissait donc pour lui de détruire son propre ouvrage , de rétablir la monarchie sur ses véritables bases, et de mettre enfin un terme à ces querelles intestines , que le caractère martial de la nation contribuait à entretenir. La féodalité ne paraissait pas disposée h se laisser désarmer : Hugues Capet tourna ce géaie guerrier vers un but utile, en appelant à son
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aide la chevalerie. Cette institution admirable , à laquelle Fantjquité ne peut rien comparer, prépara les voies pour atteindre un régime plus régulier. Née sur le sol gallique , la chevalerie ne parut dans son éelat que sous les Capétiens ; c^est elle qui fit éclore cette générosité dont le caractère français tira tout son charme : le siècle qui vit des hommes ccmstamment attachés à la pratique des vertus privées^ qui se consacraient à la défense de la Religion , de la patrie et des opprimés, ce siècle, disons-nous, a droit de commander notre admiration et nos respects , bien qu^il n^ait brillé ni par les arts ni par les lettres.
Pendant que les preux s^illustraient par leurs exploits , les successeurs d^Hugues Capet marchaient en silence vers le but que leur avait marqué ce prince illustre ; on put prévoir que grâce à leurs soins on ne verrait plus en France qu^un roi et des sujets. Dès que cet ordre de choses fut établi, parurent ces fameux guerriers dont nous avons entrepris d^écrire Fhistoire , et qui eurent un double droit à notre reconnaissance , car nos plus chères institutions fleurirent à Fombre de leurs bras. Ceux qui commencérent cette lignée de héros furent des leudes puissants dont les ancêtres avaient été les rivaux des rois. Ecoutant la voix de la raison , abjurant toutes prétentions ambitieuses, ces barons se réunirent au souverain pour arrêter Tanarchie : ils le firent avec un