‹ Vies des grands capitaines francais du Moyen Age, pour servir de complément á l'histoireChapitre 51 sur 51 · SUR LE MANUSCIIIT DE TRAMECOURT · texte numérisé non relu

SUR LE MANUSCIIIT DE TRAMECOURT

(Gomme nous citoas fréquemment la chronique de Tramecourt, nous croyons indispensable de la faire connaître au moyen d'une courte notice.)

Lb manuscrit est écrit sur vëlin et sur deux colonnes, orné de vignettes , et d'un beau caractère; son format est un grand in-4^, et contient cinq cents feuillets nu** mérotés d'un seul côté, selon la coutume du inoyen âge ; aujourd'hui le dernier feuillet porterait le chiffre 1,000; il est assez difficile à lire, parce qu'il est mêlé de mots artésiens que tout le monde n'entend pas. Le premier feuillet porte en tête ces mots : Tappartiens à Jehan de Trameeourt; ce seigneur, l'aîné d'une des plus puissantes familles de l'Artois, était le second du nom, et vivait en i44^* ^^^ grandes maisons avaient coijitume de faire écrire par leurs clercs les chroniques de leur temps; de sorte que le fils continuait ce que le père av^it commencé , ce qui explique pourquoi ce manuscrit est de trois écritures ; et cette particularité le rend encore plus précieux,, puisqu'il prouve que c'est le véritable original ; car si ce n'était qu'une copie , il serait d une seule main comme sont les copies de Froissard. • Cette chronique commencé à l'origine de la mo«

narchie , suivant la coutume des écrits du moyen âge , et finit en 1467 , c'est-à-dire au commencement du règne de Louis XI. L'auteur est très-succinct dans son début, mais il devient fort étendu en se rapprochant du onzième siècle ; dès lors il développe les événements, et les raconte souvent avec des détails tout différents de ceux que nous connaissions, mais il s'attache principalement aux faits militaires, et glisse sur tout le reste ; il s'occupe principalementde ce qui a rapport à son pays. On peut croire que quatre ou cinq seigneurs de la maison de Tramecourt y ont travaillé de père en fils , et l'ont fait composer sous leur dictée ; ceci est probable , car la première partie est d*un langage pour le moins aussi ancien que celui de Froissard, souvent inintelligible quoique bien peint; la dernière partie est plus facile à comprendre ; le livre finit au milieu d'une phrase , ce qui est encore une particularité qui vient à Tappui de notre opinion ; vraisemblablement des motifs particuliers d'un intérêt majeur pour les sires de Tramecoi^rt les erppêchèreht de pousser plus loin cette chronique, et alors ils font conservée telle qu'ils l'ont trouvée.

L'existence de ce manuscrit fut signalée en 1750 à l'abbé de SainIrBertin de Saint-Omer, homme fort savapt. On sait que cette maison religieuse possédait les matériaux historiques les plu3 précieux de tout le nord de la France. Le supérieur se rendit au château de Tramecourt , qui se trouve à quatorze lieues de Saint-Omer, parcourut la chronique, et la trouvant très- intéressante, demanda instamment qu'on la lui prêtât pour quelque temps ; elle n'était Jamais sortie d^s mains de messieurs de tramecourt. On se rendit cependant à ses prières , et ce précieux manuscrit demeura à Tabbaye près de trente aps sans qu'on pût le ravoir, parce que Tabbé en prenait des extraits pour la composition d'une histoire d'Artois

dont il s'occupait alors ; enfin , quelques années avant 1789, H. de Tramecourt se rendit à Saint-Omer, et ne voulut pas sortir de l'abbaye sans qu'on lui eût remis ce que les siens réclamaient depuis si long-temps : quatre ans après l'abbaye de Saint-Bertin fut pillée , démolie , et les manuscrits qu'elle contenait furent pour la plupart livrés aux flammes.

Cette chronique nous a été communiquée dans le château même de Tramecourt, par monsieur le marquis de Tramecourt ( Georges Léonar), actuellement (1828^) pair de France , et qui dans l'intérêt des lettres a bien voulu permettre que nous en prissions quelques extraits.

FIN DU TOUR PRP.MIBR.

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