SIRE DB HOMTMOREIICT. II
roi de France, qui ne relève que de Dieu el de sou ëpée(i). » A. dater de cette époque, assurent plusieurs historiens, les monarques français ont adopté dans leurs actes publics la formule , roi par la grâce dé DUu*.
En conséquence de la résolution prise par le roi , Mathieu et le duc de Bourgogne poursuivirent le cours de leurs conquêtes: les Anglais perdirent en peu de temps le Haine, l'Anjou, la Touraine ; ils ne conservèrent que la Guienne. Cependant le pape insistait pour obtenir la conclusion d'une paix définitive : il menaçait Philippe de sa colère. Ce prince se rappelait les désordres qu'avait occasionnés l'excommunication lancée contre lui par Célestin III ; il se crut autorisé, dans l'intérêt de ses peuples, à céder aux instances du Saint-Père, qui n'agissait d'ailleurs que pour empêcher leOusion du sang. Mathieu de Montmorency et le sire de Couci jetèrent les bases du traité, et surent garantir à la couronne des avantages inappréciables.
Au commencement de l'année laio, le prince de Césarée et l'évêque d'Acre arrivèrent en France, venant de la Terre-Sainte ; on les députait vers Philippe-Auguste pour le supplier d'accorder à la Palestine un guerrier qui , par son mérite et sa valeur , p&t soutenir le trône chancelant de Jérusalem : on offrait au baron désigné par le monarque , la main de Marie de Moutferrat, veuve d'Amauri, le dernier roi. Les envoyés annoncèrent qu'ils seraient au comble de leurs vœux si le choix tombait sur Mathieu II , que la mort de Gertrude de Soissons affranchissait de tous liens : le nom qu'il portait était célèbre dans tout l'Orient; Montmorency , sire de Marli, l'effroi des Musulmans, fut
(i) Audré Diickesnc. — MaUha;us Paris , Hist. Ànglorum, lib. m.
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un des fondateurs de l'empire latin de Constantinopte* Mais Philippe-Auguste , regardant Mathieu II comme un des plus fermes soutiens de la monarchie , ne voulait point s'en séparer : il désigna donc Jean de Brienne , un des héros de la dernière croisade. Ce paladin , avide de gloire , accepta avec transport l'honneur périlleux de s'asseoir sur le trône de Godefroi de Bouillon.
SIRE DE MONTMOR£^Cr. l3