‹ Vies des grands hommes (volume 3)Chapitre 13 sur 17 · III · texte numérisé non relu

III

146 VIK DBS. GRANDS fiMHUifiS.

t J^ài trmné àw hms^ » dit-eUfi, d'une beaoté w et d'une tristesM extraordioeiree : touB les arbr«i w que YOiB avei to» petite sont devenus grande et 9 droits, et beaux en perfection. Hs sont élevés, et

• font une ombre agréable; ils ost qaaiante ou cin- » quantepîedsdebattteur.llyauapetifcair d'amour

• matenel dans cedétail : songeï ijpie jeles ai tous n- plantés- et que je les ai vus, comne disait M. de » Meotbazon, pan plus grands qae cela (M. de Momtr » bazon smt Tbabitude de parler ainsi de ses pro- > pires enfants). C'est ici une solitude faite exprès

• pour y bien rêver : j'y pense à vous à tout mo-

• ment, je vous regrette, je vous souhaite. Votre

■ sftnlé-, vos affiuree, votre éUngoemeni, que psn- » sez-vous que tout cela fasse entre chien et loup ? V l'ai ces vers dans la tète :

Sous quel astre cruel Tavez-vous mis au jour. L'objet infortune d'une si tendre amour?

i> H faut regarder la volonté de Dieu bien fîxe- » ment, pour envisager sans désespoir tout ce que » je vois, dont assurément je ne vous entretiendrai

■ pas... Je retrouvai, l'autre jour, une lettre de » vous, où vous m'appeliez ma bonne maman; vous »» aviez dix ans, vous étiez à Sainte-Marie, et vous » me contiez la culbute de madame Amelot, qui de » la salle se trouva dans la cave. H y a déjà dubon » style à cette lettre. J'en ai trouvé mille autres, » qu'on écrivait alors à mademoiselle de Sévigné ;

XÀBAJIE D£ SËYIGKË. Ul

toutes les peiiconlreB sont JueH/heupenBeB pour rnie faire 6ouveitir de voufi , cm «ans cdla » (Ajouite-

t-elle en «ouriant tristememt) « où ea pneadrai-je ridée?

» N'ous faisons une vie si réglée^ » poursuit-elfe, qu'il n'est pas possible de se mal porter. On se lève à huit heures; très-souvent je vais, jusqu'à neuf heures que la messe sonne, prendre^la fraîcheur des bois. Après la messe on s'habille, on se dit bonjour, on retourne cueillir des fleurs d'oranger, on dîne, on lit ou l'on travaille jusqu'à cinq heures. Depuis que nous n'avons plus mon ûk, je lis pour épargner la petite poitrine de sa femme. ie la quitte à einq heures , je m'en vais dans les aimables allées, j'ai des livres, je change de plaee^ je varie le tom» de mes promenades. Un hvre de dévotion, un livre d'histoire ; on va de l'un à l'autre, cela fait divertissement, un peu rêver à Dieu, à sa Providence , posséder son âme , seoger à l'avenir; enfin, sur les huit heures, j'entends la cloche , c'est le souper. Je suis quelquefois un peu loin; je retrouve ma belle-fille dans son beau parterre, nous nous sommes une compagnie ; on soupe pendant l'entre chien et loup. . . Je retourne avec elle à la plaoe Coulanges , au milieu de ses orangers. Je regarde d'un œil d'aivie la smnte horreur des bots.^ au travers la belle porte de fer que vous ae connaissez pas. Il y a «n «écho « mi

Hi jMit rediseur mot à mot jusque dans rofmlle. »

On voit qu'elle voulait dire jusque dans le cœur. L'écho existe encore, dit M. de Walsh, auteur d'une biographie des plus accentuées de madame de Sé\igué. Une plaque de marbre dans le parterre indique aux pèlerins dea Rochers la place où il faut prononcer le nom que cette mère lui a appris pour qu'il le répète.

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