‹ Vies des peintres, sculpteurs et architectes. TrChapitre 25 sur 72 · LE CIIAR DE JUNON · texte numérisé non relu

LE CIIAR DE JUNON

Junon, couverte de draperies brillantes et transpa rentes, et la tête entourée d'une riche et royale couronne, siégeait majestueusement sur le douzième char attelé de deux paons magnifiques et orné de cinq tableaux séparés par les statues des nymphes Lycorias, Beroé et Deiopée. Le premier tableau renfermait Junon métamorphosant en ourse la malheureuse Calisto. Dans le second tableau on la voyait, sous les traits de Beroé, persuader à Sémélé d'exiger de Jupiter, son amant, qu'il parût devant elle avec toute la gloire dont il était entouré, lorsqu'en qualité d'époux il approchait de Junon. Sémélé, victime de ce perfide conseil, ayant péri embrasée par la foudre et les éclairs, Jupiter prenait l'enfant qu'elle portait dans son sein, elle renfermait dans sa cuisse pour y passer le temps nécessaire à son entière formation* Dans le troisième tableau on voyait Junon priant Éole de déehainer les vents pour disperser la flotte du Troyen Enée. Le quatrième tableau la montrait obtenant de Jupiter lo métamorphosée en génisse, et confiant cette infortunée à la garde du vigilant Argus, lequel, comme nous l'avons dit ailleurs, fut endormi et tué par Mercure. Le cinquième tableau représentait Junon envoyant à Io un taon qui devait, sans relâche, la piquer de son aiguillon. A côté du char marchait Iris, messagère des dieux, et fille de Thaumas et

d'Electre. Elle était revêtue d'un costume rouge, jaune, bleu et vert, par allusion à Tarc-en-ciel. Sa tête était garnie de deux ailes d'épervier, emblème de sa vélocité. La Comète, vêtue de rouge, le front orné d'une grande et brillante étoile, et les épaules cachées sou* une flamboyante chevelure, accompagnait iris avec la Sérénité dont le visage et le costume étaient bleus et dont la tête était surmontée d'une Manche colombe, symbole de l'air. Venaient ensuite la Neige et le Brouillard. La première était vêtue de draperies couleur de tan, parsemées de* troncs d'arbre couverts de neige : quant au Brouillard, il se présentait sous l'aspect d'une grande et informe masse blanche. Sur le même rang on voyait la Rosée, vêtue de vert et portant une pleine lune sur son front. Derrière ces personnages s'avançait la Pluie, vêtue de blanc tirant sur le gris. Sept étoiles, partie lumineuses, partie obscures, prises poar les sept Pléiades, entouraient sa tète. Sur sa poitrine étin celaient dii-sept étoiles, emblème de la pluvieuse constellation d'Orion. La Pluie était suivie par trois vierges d'âges différents, vêtues de blanc et couronnées de feuilles d'olivier, lesquelles représentaient les trois ordres de vierges qui paraissaient dans les anciennes fêtes de Junon. Enfin la déesse Populonia, revêtue d'un riche costume de matrone et couronnée de feuilles de grenadier et de mélisse, fermait ce cortège.

Le treizième char, attelé de deux chevaux marins, représentait un immense homard soutenu par quatre dauphins placés sur un rocher, orné d'une multitude de coquillages, de spongites et de coraux. U était occupé par Neptune, armé de son trident, et par sa femme Salacia. Devant le char marchait le vieux et barbu Glaucus, tout couvert de mousses et d'algues marines. La partie inférieure de son corps avait la forme d'un poisson. Autour de lui on voyait une foule d'alcyons. Il était accompagné du vieux Protée et du superbe Phorcys. Ce dernier, la téte ceinte d'un royal bandeau bleu, la barbe et les cheveux démesurément longs, portait les fameuses colonnes d'Hercule, en mémoire du vaste empire qu'il avait possédé. Venaient ensuite deux tritons soufflant dans des conques marines, et le vieux Éole avec une flamme de feu sur le front , et une voile et un sceptre royal en main. Éole était suivi par quatre de ses vents principaux, c'est-à-dire par le jeune Zéphire à la chevelure et aux ailes ornées de fleurs, par le noir et chaud Eurus dont le front était surmonté d'un soleil, par le froid et neigeux Borée, et par l'orageux Auster. Derrière ces personnages cheminaient les deux géants Othus et Éphialte, fils de Neptune, criblés de flèches, par allusion au sort que Diane et Apollon leur avaient fait subir. Près d'eux on voyait deux Harpies effroyables, puis le dieu

LE CHAR DE L'OCÉAN ET DE THÉTIS. Ht

égyptien Canope, et les jeunes et beaux Zethés et Calaïs, fils de Borée, qui chassèrent les Harpies de la Thrace. La belle nymphe Amymone, aimée de Neptune, et le jeune Grec Nélée, fils du même dieu, fermaient le cortège.

Page 1