‹ Vies des saints de BretagneChapitre 12 sur 130 · DIOCÈSE D ALETH ET SAINT-MALO · texte numérisé non relu

DIOCÈSE D ALETH ET SAINT-MALO

La ville d'Âleth 1 subsistait dès le temps des Romains ; elle était située en terre ferme, près du rocher sur lequel se trouve aujourd'hui Saint-Malo. Elle avait un commandant particulier sous les ordres du général dont le district s'étendait sur toute la région maritime appelée Tractus armoricanus et nervicanus a. On voit l'emplacement de cette ancienne ville sur le territoire de Saint- Servan. Les Bretons la nommaient autrefois Guic Alet ou Quidalèt, ce qui veut dire bourg d'Aleth. Elle n'était pas en effet primitivement au rang des cités; ce ne fut que depuis qu'elle posséda un siège épiscopal, qu'elle reçut le titre de ville. L'époque de la fondation de ce siège est bien incertaine. Si l'on en croit le F. Lelarge *, elle remonterait au milieu du vc siècle. D'autres, et avec peut-être plus de raison, disent que l'évêché d'Aleth ne fut établi qu'au vie siècle. Ce qu'il y a de bien certain, c'est que ce siège

1 En latin, Al et hune. Saint-Malo, Maclovium et Macloviopolis ; en breton, Sant-Malo. Le diocèse de Saint-Malo, diœcesis Macloviensis. « Notice de l'ancienne Gaule, par D'Anyllle.

b Auteur des Mémoires sur les éveques de Saint-Malo, mis en corps d'histoire par le P. Desbayes. *

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d'Aleth subsista jusqu'en 1141. À cette époque, Jean de Chaiillon, surnommé de La Grille, qui en était évéque, s'aperce van t que plusieurs habitants de la cité allaient habiter le rocher où est aujourd'hui Saint-Malo, et qu'on nommait alors l'île d'Aaron, il y transféra son siège qui a été supprimé en 1801, époque à laquelle il fut partagé entre les diocèses de Rennes, Saint-Brio ne et Vannes. II y avait dans cette He un prieuré dont l'église, dédiée à saint Vincent, martyr, devint la cathédrale. On célébrait l'anniversaire de sa dédicace le second dimanche d'octobre ; mais il était primitivement fixé au 11 du môme mois. L'édifice, qui est du style gothique, et, dit-on, très-ancien, n'a rien de remarquable, ni pour la régularité, ni pour l'élégance. On y a joint un portail dans le genre moderne, qui ne contribue pas à son embellissement.

Le diocèse de Saint-Malo était borné au nord par la mer et celui de Dol, à l'est par celui de Rennes, au midi par celui de Vannes, et à l'ouest par celui de Saint-Brieuc. Il renfermait cent soixante et une paroisses et vingt-quatre trêves, cinq abbayes d'hommes, Saint-Meen, Beaulieu, Saint-Jacques-de-Montfort, Saint-Jean-des-Prés et Painpont, une de femmes, celle de la Joie, et douze prieurés à nomination royale. Lors de la translation du siège à Saint- Malo, le chapitre de la cathédrale avait été formé de chanoines réguliers, tirés de l'abbaye de Saint-Victor de Paris; ils furent sécularisés en 1519 par le pape Jean XXII; mais jusqu'au xviG siècle, ce chapitre, pour conserver sans doute un vestige de son ancienne institution, faisait encore, aux suffrages de Laudes et de Vêpres, mémoire de saint Augustin dont tous les chanoines réguliers suivent, comme on , sait, la règle. Le même chapitre était exempt de la juridiction épiscopale, et relevait immédiatement du saiut Siège. Il était composé d'un doyen, de deux archidiacres dont le premier avait le titre de Dinan et l'autre celui de Porhoët,d'un chantre et de dix-sept chanoines, y compris le curé de la cathédrale, en faveur duquel ou avait, peu de temps avant la grande révolution, formé une nouvelle prébende. L'évêque était seigneur temporel de la ville de Saint-Malo, par indivis avec le chapitre, et nommait alter-

nativement avec ce corps aux charges et offices publics. Il jouissait d'un revenu de trente-cinq mille francs, et de la baron ie de Beignon, paroisse de son diocèse où se trouvait sa maison de campagne et une ofûcialité.

Après seize années de suppression, l'évêché de Saint- Mali > parut devoir renaître; il avait été formellement rétabli à l'époque du concordat de 1817, par la bulle de Pie V0, du 27 juillet de cette année, et ce pontife lui avait assigné pour territoire son arrondissement et celui de Fougères; mais ce concordat n'ayant point été mis à exécution, et Pie VII n'ayant pas en 1822 fait mention de cet évéché parmi ceux qu'il érigeait de nouveau, ce siège antique est resté supprimé, malgré l'importance de la ville épiscopale et le vœu presque unanime de ses habitants pour son rétablissement.

La ville de Saint-Malo n'avait qu'une paroisse qui se desservait à la cathédrale. On y comptait quatre couvents, deux d'hommes, deux de femmes et un hôpital.

GRAND SÉMINAIRE

M. Achille de Harlay, évêque de Saint-Malo, possédant en commende l'abbaye de Saint-Meen, située dans son diocèse, il conçut le projet d'établir un séminaire dans cette

Jiaison. Après en avoir obtenu la faculté, il en proposa la irection à saint Vincent de Paul, qui gouvernait alors la congrégation de la mission qu'il avait fondée; ce grand saint, ayant accepté cette offre, fit un voyage en Bretagne pour visiter les lieux et aplanir les difficultés qui pouvaient se présenter. Il y en eut effectivement quelquesunes de la part des Bénédictins, auxquels l'abbaye appartenait, et qui se voyaient avec peine privés d'une de leurs plus importantes maisons; mais enfin ils consentirent à l'établissement du séminaire, qui fut ouvert en 1645 et a été constamment gouverné par les prêtres de la congrégation de Saint-Lazare jusqu'en 1791 , époque à laquelle les révolutionnaires les en chassèrent. Ce séminaire a été le premier établi en Bretagne, et l'on ne peut dire tons les biens qu'il y produisit dès ses commencements. La vie ré-

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