CATALOGUE HISTORIQUE DES ÉVÊQUES DE LÉON
Saint PAUL, surnommé AURÉLIEN, est reconnu pour le premier évêque de Léon. II quitta la Grande-Bretagne vers Fan 511, et se retira vers l'Armorique pour éviter la fureur des Saxons et des Anglais. Les vents l'ayant conduit sur les côtes de Léon, il demanda à Withur, maître de ce pays, une retraite où il pût servir Dieu. Withur lui donna
« Voyez l'histoire de la fondation du Folgoet, Fies des Saints de Bretagne, t. 3.
l'île de Batz, où il bâtit un oratoire et quelques cellules. La réputation de ce nouveau solitaire s'étant répandue dans le pays, Withur ne crut pouvoir rien faire de mieux que de rétablir pasteur de ses sujets. Il prit toutes les mesures qui lui parurent propres pour l'exécution de son projet; mais il y trouva un obstacle invincible dans l'humilité du saint homme. Pour vaincre cet obstacle, il l'engagea à faire un voyage à la cour de France, sous prétexte de porter au roi Childebert des lettres de la plus haute importance. Paul avait trop d'obligation à Withur pour ne pas se rendre à ses souhaits. Il part donc pour la cour, et remet à Childebert les lettres dont il était chargé. Ces lettres ne contenaient autre chose qu'une supplique des Bretons au roi, par laquelle ils le priaient de leur donner Paul pour évéque. Le roi les ayant lues, fit sacrer Paul par les prélats qui se trouvèrent à sa cour; et comme le nouvel évêque n'avait point de revenus, il lui assigna des terres dont on prétend que ses successeurs jouirent jusqu'à la spoliation du clergé, . à la fin Jh xvrae siècle. Tels furent les commencements de l'évêchffle Léon, qui doit son érection au roi Childebert, avec le consentement au moins tacite de l'Eglise; car on prétend même qu'il y eut une bulle du pape Jean II pour l'établissement de ce siège.
Paul étant retourné dans l'Ârmorique a, s'appliqua à instruire les peuples que la Providence venait de confier à ses soins. Il les gouverna pendant plusieurs années avec une charité vraiment apostolique. La vieillesse l'ayant mis hors d'état d'agir autant que sa charge le demandait, il consacra à sa place un de ses disciples.
Saint JOE VIN fut celui que saint Paul choisit pour le remplacer ; mais le nouveau prélat ne gouverna l'église de Léon que pendant un an. Il mourut au bout de ce temps, vers l'an 562 K
. TIERNOMÀEL succéda à saint Joe vin par la volonté
de saint Paul son maître, qui lui donna la consécration
«Biblioth.Floriac.p.m.
* Voyez ce que nous en 'flons, ries des Saints de Bretagne, t. 1er.
épiacopale, et qui eut la douleur de te voir aussi mourir au bout d'une année d'épiscopat.
Saint Paul reprit, après la mort de ses deux disciples, le gouvernement de son église, qu'il conserva pendant quelques mois. Les forces lui manquant, il ordonna un autre disciple, nommé Cétomerin, et se retira dans son monastère de Batz, où il mourut plein de jours et de mérite en 5701.
CETOMERIN, dont nous venons de parler, succéda à saint Paul dans le siège de Léon. Le P. Albert le Grand dit que ce prélat mourut en 602.
Saint TENENAN occupa le siège de Léon après Cétomerin2. Il était Breton insulaire, et passa en Armorique pour y pratiquer avec plus de liberté la vie solitaire. Il se fixa dans les environs de Landerneau. Son mérite inspira au clergé de Léon de le choisir pour son premier pasteur, et il se montra aussi saint évêque qu'il avait été fervent religieux. On fixe l'époque de sa mort à Tannée 635 *.
Saint HOUARDON paraît avoir succédé immédiatement à saint Tenenan. On ne sait rien de sa vie, sjke n'est qu'il consacra l'église du monastère dont saint Gouesnou, dont nous allons parler, était alors abbé. On ignore l'époque de la mortde saint Houardon. Sa fête se célébrait le 24 novembre dans le diocèse de Léon.
Saint GOUESNOU, natif du pays de Léon, devint abbé d'un monastère et en fut tiré pour remplacer saint Houardon. Le propre de ce diocèse assure qu'il fut sacré par l'archevêque de Dol, qui se prétendait alors métropolitain de Bretagne. Le nouveau prélat se montra un modèle accompli de toutes les vertus pastorales, et gouverna longtemps son église avec édification. Étant allé àQuimperlé,
* D. Morice place après saint Paul, un érêque appelé Budoc ; et il affirme que la Chronique de Saint-Brieuc fait ce Budoc évéque de Léon ; c'est une erreur, ce siège n'a pas eu d'évéque de ce nom. Le chroniqueur parle de saint Budoc, archevêque de Dol.
* D. Morice ne fait, dans son catalogue des éféquesde Léon, aucune mention des trots saints dont nous allons parler ; mais ce que la tradition nous en apprend, et leur culte Bien établi dans leur église, ne nous permettent pas de les passer sous silence.
a Voyez sa ?ie, fies des saints de Bretagne, t. 2.
il y fut blessé mortellement» et rendit bientôt après son âme à Dieu, en 675".
Après ces saints éYÔques il se trouve une lacune de près de deux cents ans dans le catalogue des évêques de Léon ; non que ce siège ait été vacant pendant un si long espace de temps ; mais parce que l'histoire ne nous a rien conservé touchant les prélats qui font occupé.
LIBÉRAL fut du nombre de ces prélats que Nominoé fit déposer pour crime de simonie dans le synode de Coëtlou. Il ne paraît pas qu'il soit remonté dans la suite sur son siège.
Saint GOULVEN * était originaire de la paroisse de Plouider, au diocèse de Léon. Ses parents étaient pauvres et incapables de cultiver les belles qualités de son esprit. Un homme riche, nommé Godien, se chargea de son éducation, et n'épargna rien pour en faire un sujet utile à l'Eglise. Goulven, instruit des maximes de l'Evangile, quitta le monde, et se retira dans le lieu qu'on nomme aujourd'hui le Peniti de saint Goulven. L'odeur de ses vertus attira dans ce désert plusieurs personnes qui voulurent profiter des exemples et des discours du saint ermite. Even, comte de Léon, étant sur le point d'en venir aux mains avec les Normands, qui avaient fait une descente dans le pays, alla le trouver et se recommanda à ses prières. Dieu l'ayant rendu victorieux, il donna à Goulven le lieu où il demeurait, avec quelques terres aux environs. Cet événement augmenta encore la réputation de Goulven, qui fut élu quelque temps après évêque de Léon. On ne sait pas combien d'années il tint ce siège, ni en quel temps il mourut. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il était contemporain du comte Even, qui vivait sur la fin du ixe siècle. L'auteur de ses actes nous apprend qu'il termina ses jours à Rennes, et qu'il fut inhumé dans l'abbaye de Saint-Melaine.
CONAN mourut sous le règne d'Alain Barbetorte, et eut
a Voyez sa yie, Fies des saints de Bretagne, t. % t> M art è ne, t. S, Anecdote p. 837.
pour successeur Jacob, abbé du monastère de Saint-Mesmin, près d'Orléans.
JACOB* était originaire de la Grande-Bretagne,où ilavait professé la vie monastique. Il passa en France sous le règne de Louis d'Outremer, et demeura quelque temps dans une solitude du Berri. Il habita ensuite le monastère de Saint-Mesmin, dont il fut abbé. Alain Barbctorte le fit élire évêque de Léon après la mort de Gonan. Jacob consentit à son élection et fut sacré évéque ; mais il ne put se résoudre à quitter son abbaye, où il passa le reste de ses jours, suivant Létalde. Il y mourut en 950 *.
MARBON c transporta le corps de saint Paul à l'abbaye de Fleuri-sur-Loire pour le soustraire à la fureur des Normands. Il y fut reçu par Vulfade, célèbre abbé de cette maison, qui lui donna l'habit monastique et le reçut au nombre de ses religieux. Cette translation fut faite sous le règne de Lothaire, qui monta sur le trône en 954. Mabbon ne revint point à son église. Il souscrivit, vers l'an 954, à la charte de Ragenfroi, évêque de Chartres, pour le rétablissement de l'abbaye de Saint-Père-en-Vallée, et mourut dans l'abbaye de Fleuri.
HOCTRON ou HOSTRON était évêque de Léon, lorsqu'il alla féliciter le duc Alain de la victoire que ce prince venait de remporter sur les Normands. Ce prince, de son autorité privée, lui donna en commende le siège de Nantes, que la mort récente d'Actard, qui en était évêque, faisait vaquer en ce moment. Hostron, peu scrupuleux, se prêta en 939 au désir d'Alain. C'était un temps de trouble et de confusion.
PAULIN ou PAULINIEN, fut évêque de Léon avant 974. Il est auteur de l'histoire de la translation des reliques de saint Mathieu <*.
SALOMON souscrivit à la fondation de l'abbaye de Saint- Georges, faite par le duc Alain III, en 1032.
a Act. Bened. sœc. V, p. 360, t. 1 , p. 560. à Gallia christiana nova, t. 8.
c Act. Bened. sœc. iv, t. 2, p. 3S5. Sœc. y. Duchesne, t. 3, p. 343. à Voyez M. Gallet sur le règne de Salomon Ier.
OMNES est indiqué comme évêque de Léon dans une donation faite à l'abbaye de Quimperlé par la comtesse Judith, épouse d'Alain Cagnart
GALON a, religieux de Landevenec, fui élu évêque de Léon sur la fin du xic siècle, ou au commencement du suivant. 11 souscrivit au concile tenu à Vienne en 1142 ; à l'acte de la dédicace de l'église de l'abbaye du Roncerai à Angers, faite par le pape Calixte II en 1119; à la réconciliation de l'église de Redon en 1127, et au concile tenu à Dol en 1128 par Girard, évêque d'Angouléme et légat du saint Siège. On ignore l'année de sa mort : le jour en est marqué au 9 septembre dans le nécrologe de Landevenec.
GUI succéda à Galon, et souscrivit, en 1145, aux lettres accordées par Alain , comte de Richemont, à Hervé, abbé de Saint- Me la inc. Ces lettres confirment toutes les donations faites à Saint-Melaine par les comtes de Penthièvre.
SALOMON, H* du nom, fut témoin d'une donation faite à l'abbaye de Saint-Sulpice, en 1 149, par Hoël, comte de Nantes.
HAMON * de Léon ratifia, le 10 juillet 1157,rles privilèges accordés par Hervé, vicomte de Léon, son père, à l'abbaye de Saint-Mathieu. Il prit les armes, en 1165, pour venger l'affront fait à son père et à son frère par les vicomtes du Fou. Aidé par le duc Conan IV, il leur rendit la liberté, et prit à son tour les vicomtes du Fou, qu'il renferma au château de Moulas. Hervé son père étant mort en 1169, il se brouilla avec Guyomarch, son frère, qui le chassa de son siège. Il se retira auprès du duc Conan, qui, en 1170, déclara la guerre à Guyomarch et à son fils de même nom. Conan ayant vaincu les deux vicomtes, rétablit l'évêque sur son siège ; mais ce prélat ne jouit pas longtemps de la paix ; son neveu le fit cruellement assassiner à la sortie de l'office le 25 janvier 1171. Pour réparer cette faute, Gujomach fonda, en 1173, l'ab-
• On le nomme Omnis dans cet acte, qui e£ rédigé en latin. « Martène, t. 8, Coltect. Ms., p. 67. Michaef Cosnier, in Vitâ Roberti de Arbrissel.
*Duche8ne,t 5, p. 71, 652.
baye de Daoulas suivant les conseils de Geoffroi, évêque de Quimper. , Trois ans après la mort de Hamon le chapitre élut un de ses archidiacres pour remplir le siège vacant; mais l'élection ayant été déclarée simoniaque, il ne fut pas sacré. Robert, abbé du Moni-Saint-Michel, qui nous apprend ce fait, nous dit que les clercs de Tours firent une nouvelle élection
BARTHÉLEMI, appartenant à une famille noble, et doyen de l'église de Tours, fut élu évêque de Léon en 1174. Il parait qu'il occupa peu de temps ce siège.
EUDON *, nommé aussi GUY, souscrivit en qualité d'évêque de Léon au troisième concile général de Latran, tenu l'an 1179 par le pape Alexandre III.
YVES, surnommé Tovill par le P. Albert le Grand, gouverna l'église de Léon sous le règne de Geoffroi, fils de Henri, roi d'Angleterre. Il jugea le différend que les officiers de ce prince avaient avec les religieux de Saint- Melaine, pour la banalité du four de Saint-Melaine de Morlaix , auquel tous les paroissiens étaient obligés de faire cuire leur pain. Il mourut à Rennes en i486.
JEAN était évêque de Léon en 1204, si Ton en croit l'auteur de la Chronique de Saint-Mahé. Il donna, en 1216, l'église de Saint-Michel de Lesneven, à l'abbaye de Saint- Sulpice, de Rennes. #
DERRIEN tenait le siège de Léon en 1234, selon l'auteur de la Chronique de Saint-Mahé. Il assista en 1237 à la fondation du couvent des Dominicains de Morlaix, et y contribua par ses aumônes.
- GUI, II* du nom, fut sacré en 1238, suivant la Chronique de Daoulas. Eudon, comte de Penthièvre, ayant en 124S donné à l'abbaye de Saint-Melaine réglise de Saint- Sauveur de Guingamp et quelques autres, il fit lui-même
« Robert de Monte, ad ann. 1174.
1 D. Morice fait dire à Robert précisément le contraire; mais il se trompe, comme on peut le voir aux Preuves de l'histoire d* Bretagne, Ul",p. 134.
à Martène, t. 8, Collect. Ms., p. 84. Labbe, t. 10, Concil.
don à l'abbaye de Marmoutier, en 1246, du patronage de Notre-Dame de Morlaix.
YVES, lï^du nom, d'abord chanoine de la cathédrale, scella, en 1265, le traité passé entre le duc Jean le Roux, et Hervé, vicomte de Léon, pour les coutumes de Saint- Mahé. En 1272, il conféra la cure de Notre-Dame de Morlaix, sur la présentation du prieur de Lehon.
Guillaume DE LÉON est indiqué comme évéque de cette ville dans l'obituaire de Nantes ; mais tout ce qu'on en sait, c'est qu'il mourut le 27 juin. Il était encore sur le siège en 4506, selon le sceau gravé par Lobineau a. Le nom de cet évéque n'est entré jusqu'ici dans aucun catalogue.
Guillaume DE KERSAU&ON occupait le siège de Léon en 4324. Il mourut, suivant MM. de Sainte-Marthe, en 4527, et fut inhumé dans son église en la chapelle de Kersauson.
Pierre DE GUEMENÉ, natif du diocèse de Nantes, fit sa soumission à la chambre apostolique le 40 juin 4328, en qualité d'élu de Léon. Il approuva et ratifia en 4532 une lettre d'association de prières donnée par^L'abbé de Saint-Mahé dans son diocèse à Hervé de Léon; sire de Noyon. Il fut exécuteur testamentaire de Jea^eigneur de Derval, mort en 4337, et de Daniel, évôque de Nantes, décédé l'année suivante. On ignore l'époque de sa mort; il vivait encore en 4343, selon l'auteur d'une préface mise entête du cartulaire de Saint- Mabé. Cependant nous voyons en 4545 un évéque de Léon, nommé Gui, et oncle de Hervé de Léon.
. Quelques auteurs font succéder à Pierre de Guemené Yves de Tresiguidi et Guillaume Ouvroin; mais nous n'avons découvert aucune preuve de leur existence.
! Guillaume DE ROCHEFORT fit sa soumission à la chambre apostolique le 25 juin 4549, en qualité d'élu de Léon. Il vivait encore en 4575, suivant une charte de l'abbaye de Saint-Melaine. On ignore l'année de sa mort;
« Tomel.n* 197.
le jour en est marqué au 15 mars de l'obi tua ire de Nantes, et au 25 avril dans celui de Landevenec.
Quelques auteurs font encore succéder à Guillaume de Rochefort Jean du Juch et Pierre Ouvroin, mais nous n'avons rien trouvé qui concerne ces deux personnes.
GUI LE BARBU <\ IIIe du nom, de la maison deGuilio, frère de Henri, évêque de Vannes, fit sa soumission à la chambre apostolique le 17 avril 1385. Il fut envoyé, en 1390, en ambassade vers le roi de France, pour la restitution des terres de Nevers et de Rethel. Par acte daté du 3 avril 1396, il donna procuration à Jean le Jeune, tant en son nom qu'en celui de son chapitre, pour rendre foi et hommage au vicomte de . Léon, seigneur temporel de son Eglise. Il assista, par procureur, au concile de. Pise en 1409, et mourut le 5 décembre 1410.
Alain DE LA RUE*, chanoine de Nantes et docteur en droit civil et canonique, fut élu évêque de Léon le 2 janvier 1411, selon les registres consistoriaux. Il assista au concile de Constance en 1415, et fut transféré à Saint- Brieuc. le 18 septembre 1419, par le pape Martin V. II y mourut^n 1424.
Philippe DE GOETQUIS, appartenant à une famille noble du pa^ de Léon, étudia avec beaucoup de succès les sciences sacrées et profanes, et passait pour le plus éloquent personnage de son temps. Il était chanoine de Tournai, docteur en droit civil et canonique, lorsqu'il fut pourvu de l'évêché de Léon en 1422, suivant les registres déjà cités. Il fit son entrée solennelle à Saint -Paul le 17 mars 1422, et fut transféré à Tours en 1427, après avoir été nommé à Embrun. H prit possession de son nouveau siège le 29 mai 1428, et bientôt après il eut à interroger Jeanne, si connue sous le nom de la Pucelle d'Or- " léans, lorsqu'elle se présenta devant le roi Charles VII, en arrivant de son village à l'armée. Philippe envoya un procureur pour le représenter au concile de Bâle, ne pouvant y aller lui-même, à cause de son titre de conseiller
* S pi cil. y t. 0, p. 363.
f> Martène, t. î, Anecd., p. 1550. Labbe, t. 12, Concil.
du roi Jqui le retenait en France. Ce monarque le choisit pour orateur à l'assemblée du clergé tenue à Bourges en 4458, et dans laquelle la Pragmatique sanction fut publiée. Ce prélat mourut à Tours en juillet 4444. Auber l'a mis au nombre des cardinaux français ; mais Philippe ne fut élevé à cette dignité que par l'antipape Félix Y.
Jean VALIDIRE, dit de Saint -Léon, était religieux dominicain, docteur en théologie de l'Université de Paris, et confesseur du duc Jean Y. Ces qualités le conduisirent sur le siège de Léon, dont il fut élu évéque le 50 juillet 4427. Il assista au concile provincial tenu à Nantes le 25 avril 4451 , par Philippe de^oëtquis, archevêque de Tours, et fut transféré àYannes le 28 novembre 1455. Il y mourut en 1444.
Olivier DU TILLAI rt, chanoine de Sain t-Malo , fut élu le 18 novembre 4455, selon les registres du Yatican. Il fut du nombre des ambassadeurs envoyés par le duc au concile de Bâle, l'an 1454, et fut transféré à Saint-Brieuc le 4 juillet 4456.
Jean P REGENT, archidiacre dans l'église de Saint-Paul, fut pourvu, le 4 juillet 1456, et transféré à Saint-Brieuc le 27 février 1459, selon les registres du Yatican. • Guillaume LE FERRON, archidiacre de la Mée, dans l'église de Nantes, fut pourvu le 20 mars 4459, et assista la même année au concile de Florence. Il mourut en cour de Rome, l'an 4472, et son temporel fut saisi, le 26 mars, par les officiers du duc. '
Vincent DE KERLEAU obtint ses provisions du pape Sixte IY, le 1er juin 4472, et fit serment de fidélité au duc un mois après. Il était de la maison de Lisle, au territoire de Goëllo, et abbé régulier de Bégar. Le duc lui confia les sceaux et le chargea de plusieurs négociations importantes. Il mourut en 1476, suivant lés registres de la chancellerie, qui lui donnent le titre de président à la chambre des comptes.
Michel GUIBÉ, chanoine de Nantes, fut élu le 24 janvier 1477, par le crédit du trésorier Landais, son oncle.
* Labbe, t. 13, Concil.
ma l'écli»e bi
Il fit serment de fidélité au duc le 46 avril suivant, et fut transféré à Dol Fan 1478, puis à Rennes, où il mourut en i«0i.
Thomas JAMES, natif de Saint-Aubin-du^rmier, doc teur en droit civil et canonique, archidiacre de Pemhièvre, dans l'église de Saint-Brieuc, fut élu en 1478, et fit serment de fidélité au duc le 4 juillet de la même année. Il fut transféré à Dol par le pape Sixte IV, en 1482. • Alain LE M AOUT, chanoine de Quimper et conseiller du duc François II, fut élu le 28 mars 1482, et prêta serment de fidélité au mois d'août suivant. On l'envoya, la même année, à Angers, ponr représenter aux ambassadeurs de Charles VIII les maux que les officiers de ce prince faisaient aux sujets du duc. En 1484, il fut chargé de renouveler les trêves entre l'Angleterre et la Bretagne, A son retour,. il fut transféré à Quimper, sa patrie. : Antoine DE LONGUEIL obtint les provisions de Tévêché de Léon le 12 mai 1484, et fit serment de fidélité au duc, le 15 juillet suivant. Il était fils de Jean de Longueil, président du parlement de Paris, et de Marie de Morvil- Hers. Les églises de Paris et de Beauvais le comptèrent d'abord au nombre de leurs chanoines. Après sa promotion à I episcopat , il fut envoyé par François II, duc de Bretagne, vers l'empereur Maximilien, en 1487; il devint ensuite grand aumônier de la duchesse Anne de Bretagne. Le roi Louis XII, dont il avait négocié Je mariage avec la duchesse Anne, veuve de Charles VIII, le choisit à son tour pour son aumônier, et le chargea de diverses négociations dans les cours de Vienne, d'Espagne, de Savoie, d'Angleterre, et dans les Pays-Bas. Il mourut le 25 août 1500, à Maisonssur-Seine, et fut inhumé aux Cordeliers de Paris, où Ton voyait autrefois son tombeau surmonté de sa statue. \ Jean DESPINAI, évêque de Nantes, fut transféré à Léon le 25 septembre 1500, par le pape Alexandre VI, et mourut en 1505.
. Jean DE CARMAN" ou de KERMAOUAN succéda au précédent, et obtint, le 23 mars 1504, des lettres de sur-
séance pour le serment de fidélité qu'il devait an roi. 11 mourut en 4514, et fut inhumé dans l'église paroissiale de Ploenevez.
GUI LE CLERC, abbé de Saint-Jacques de Montfort et de la Roë, aumônier de la reine Claude, obtint Tévéehé dé Léon en 4514. Il fit son entrée solennelle à Saint- Paul le 43 mai 1520, et se démit Tannée suivante. On croit qu'il se retira dans son abbaye de la Roë, où il mourut le 41 mai
Christophe DE CHAUVIGNÉ, d'une famille noble de Bretagne, abbé de Boquen, fut nommé, le 5 juin 1521, à Tévéehé de Léon, vacant par la démission de Gui Le Clerc. Il se démit lui-même dans Tannée 1554 en faveur de son neveu.
Antoine DE GRIGNAUX est désigné comme évéque de Léon dans le procès-verbal dressé Tan 1536, pour la réformation de la coutume ; mais on ne doit le regarder que comme un évéque sufTragant. •
ROLLAND DE CHAUVIGNÉ, clerc du diocèse du Mans, fut nommé, le 6 avril 1554, sur la démission de son oncle, et se démit aussi en 1562, suivant les registres consistoriaux.
BOLLAND DE NEUFYILLE, noble Breton, puîné de la maison du Plessis-Bardoul, né en 1530, fut nommé à l'abbaye de Saint- Jacques de Montfort en 1551, et à Tévéché de Léon en 1562. Il souscrivit au concile tenu à Angers en 1583, et au serment ordonné par Tédit de 1588 pour la pacification des troubles. Ce prélat, re corn manda ble par sa vertu, fut un pasteur zélé pour la discipline et la réforme des mœurs. Sa vigilance fut si grande qu'il purgea son diocèse des erreurs des protestants, et qu'à sa mort il ne se trouvait pas ua seul de ces sectaires dans U pays de Léon, tandis qu'ils se montraient en nombre dans d'autres parties de la province. Son épitapbe nous apprend qu'il décéda à Rennes le 5 février 1613 l. On conserve à la bibliothèque
• Elle est ainsi conçue :
Cy git Messi re Rolland de IfeufriBe, puîné de la maison du Plessis- Bardoul, en son vivant évéque de Léon, lequel décéda en la ville de
publique de Lyon un superbe manuscrit in-folio orné de miniatures, qui a appartenu à Rolland de Neu f ville ; c'est une sorte de pontifical, en tête duquel on voit cet évéque à genoux devant saint Paul Àuréiien, fondateur de son église. Au bas de la miniature se trouvent ses armes surmontées d'une devise. , \ ,
René DE RIEUX, abbé de Notre-Dame de Relec , d'Orbais et de Daoulas, conseiller du roi en ses conseils d'état et privé, grand-maitre de sa chapelle et musique, et maître de l'oratoire de Sa Majesté, était issu d'une des premières maisons de la province, et qui a donné des maréchaux de France et de Bretagne d'une haute réputation. Il était fils puîné de René de Rieux, marquis d'Oixant, seigneur de Sourdéac et chevalier des ordres du roi, son lieutenant gé- , néralau gouvernement de Bretagne et gouverneur des ville et château de Brest, et maréchal des camps et armées de Sa Majesté,et de Susanne de Saint-Melaine, dame de Boulenesque. Il avait pour frère et sœur Guy de Rieux, marquis de Sourdéac, premier écuyer de la reine Marie de Médicis, mère de Louis XIII, et Anne, religieuse bénédictine du Calvaire, supérieure générale de son ordre, dite la mère Madeleine de la Passion, morte le 15 avril 1663, en haute réputation de vertu. René de Rieux ayant été nommé à l'évêché de Léon en 1613, par la reine régente, Marie de Médicis, et ayant été sacré, il prit possession de son siège, et gouverna son diocèse avec beaucoup de prudence et de zèle. Il assista à l'assemblée du clergé de France tenue à Fontenay-le-Comte en Poitou, en 1628. Ce prélat eut deux affaires qui firent dans le temps beaucoup de bruit, et auxquelles le clergé de France prit une grande part. La première fut en 1625, à l'occasion des Carmélites de Morlaix de la réforme de sainte Thérèse, lesquelles ayant refusé de se soumettre à l'exécution du bref du pape Urbain VIII, qui les assujettissait pour leur conduite aux Pères de l'Oratoire, au préjudice de l'évêque de Léon, don- Rennes, le cinquième jour de février 1613, âgé de 83 ans, et fat enterré le dix-septième jour de mars, ayant possédé l'abbaye de Saint- Jacques de Montfort 61 ans et ledit évécbé 61, le laissant,, par sa vigilance, sans hérétiques .
mocèsG DE LÉON. 205
nèrent occasion à une entreprise qui eut beaucoup d'éclat, car Etienne Louytre, docteur de Sorbonne et doyen de l'église deNantes, commissaire du saint Siège, comme subdélégué des cardinaux de La Rochefoucauld et de LaVallette, pour l'exécution du bref de Sa Sainteté, rendit une sentence, le 42 avril 4625, contre lesdites Carmélites, et incidemment contre René de Rieux, évêque de Léon, qui soutenait ces religieuses, interdisant son église cathédrale et sa maison, le menaçant d'irrégularité, lui faisant des commandements, le déclarant indigne de l'entrée de son église, et même le suspendant de ses fonctions épiscopales pour quelque temps ".Un procédé si plein de témérité et si injurieux à l'épiscopat étant venu à la connaissance des principaux prélats du clergé de France, qui étaient alors réunis à Paris, cette illustre assemblée donna une déclaration le 48 juin de la même année, par laquelle elle regardait comme abusif, nul et de nul effet tout ce que cet Etienne Louytre avait fait et prononcé contre la maison, l'église cathédrale et la personne de levêque de Léon, comme ayant été fait par attentat, sans pouvoir et contre les saints canons. Cette déclaration ayant été lue et signée par les prélats députés et non députés extraordinairement appelés, l'assemblée l'adressa à l'évéque de Léon, aux doyen et chanoines de son église, avec une lettre circulaire aux autres prélats, et spécialement à l'évéque de Nantes, de l'église cathédrale duquel ledit Louytre était doyen, pour les informer de sa témérité, et les prier de ne pas le recevoir dans leurs diocèses dans la communion des fidèles, jusqu'à qu'il eût fait satisfaction convenable. Mais cette affaire, après quelques procédures faites tant à Rome qu'en France, de la part du clergé et du doyen de Nantes, fut entièrement terminée, et ce scandale, qui pouvait avoir des suites fâcheuses, fut réparé par la satisfaction que fit ledit Louytre de cet attentat commis par lui contre l'église cathédrale de Léon, en présence des évêques d'Orléans et de Chartres, et qu'il réitéra encore dans l'assemblée du clergé, le itT décembre de la même année. Mais
« Abrégé des mémoires du clergé, par Borjon, t. 1er, ch. 1er, art. 14 et sui?.
l'autre affaire fat plus fâcheuse pour M. de Rieux, et dura plus longtemps; car les divisions qui survinrent entre Louis XII 1 et sa mère, ayant troublé le calme de la cour en 1632, le pape Urbain VIII fut comme contraint, par les instances réitérées de la cour de France, d'accorder un bref daté du 8 octobre 1632, portant pouvoir à l'archevêque d'Arles, aux évèques de Boulogne, de Sa in t-Flour et de Sain t-Malo, de faire et parfaire le procès à toutes personnes ecclésiastiques, même abbés, évèques et arche* vêques, qui se trouveraient avoir attenté contre la personne du roi et contre son Etat ; l'évéque de Léon fut, à la sollicitation du cardinal de Richelieu, premier ministre, accusé devant ces prélats d'avoir servi la reine Marie de Médicis dans sa retraite, et de s'être réfugié en Flandre *. Ayant été cité, il comparut, sa conscience ne lui reprochant aucun des crimes qu'on lui imputait ; mais malgré son innocence, ses ennemis poussèrent les choses si loin, que ces quatre prélats furent obligés, après quelque forme de procédure, de déclarer René de Rieux privé de son évêché par leur sentence du 31 mai 1635; ce qui pourtant n'était pas conforme aux saints décrets Aussi l'évéque de Léon, qui était innocent, et d'ailleurs fort versé dans les matières ecclésiastiques, fit-il des poursuites auprès du pape Urbain, afin d'obtenir un nouveau bref et d'autres juges pour lui faire droit sur ses prétentions ; mais l'ambassadeur du roi auprès du saint Siège ayant formé, par ordre exprès de la cour de France, son opposition à l'expédition de ce nouveau bref, les choses restèrent en cet état jusqu'en 1645. Louis XIII nomma un autre évêque, qui fut confirmé par le pape à la place de René de Rieux. Celui-ci demeura tranquille le reste du règne de ce prince, qui s'était laissé prévenir, malgré sa bonté naturelle, par les ennemis de ce prélat, gens qui avaient alors beaucoup de crédit à la cour. Mais le clergé, assemblé à Paris en 1645, ayant entrepris la
« Le môme Borjon en son Abrégé des mémoires du clergé.
• Particulièrement an concile de Car th âge et au décret du pape Léon IV qui ont voulu que l'évéque ne pût être condamné par un moindre nombre que celui de douze évéques, et le quatrième canon du concile de Sardique, qui ordonne que les jugea soient de la province on du moins de la voisine de l'accusé.
défense de M. de Rieux, fit supplier par ses députés la reine Anne d'Autriche, régente en France pendant la minorité de Louis XIV son fils, de vouloir bien faciliter l'obtention du bref que l'évêque de Léon demaodait en cour de Rome depuis dix ans, et d'en faire lever tous les empêchements. Sa Majesté y ayant consenti, ordonna d'écrire à Rome au sieur Gueffier, conseiller d'Etat et agent des affaires de la couronne, qui fit entendre au pape Innocent X, successeur d'Urbain VIII, que les poursuites de René de Rieux, évêque de Léon, avaient lieu sans qu'il l'ignorât, ei même avec son agrément. Le clergé, de son côté, écrivit aussi au pape une lettre pleine de force et d'érudition, et très-avantageuse pour cet évéque, mais en même temps très -respectueuse. Le souverain pontife, pleinement informé de cette affaire, acquiesçant à la prière du clergé de France, et désirant conserver l'honneur qui est dû à l'épiscopat, dont le saint Siège a toujours été le protecteur, accorda un bref daté du 23 décembre 4645, par lequel elle commettait l'archevêque de Sens et les évêques d'Evreux, de Senlis, de Laon, d'Angoulème, de Maillesais et du pour juger l'appel de l'évêque de I^éon. Et comme de ces prélats, l'archevêque de Sens et l'évêque d'Evreux,
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on leur substitua les évêques d'Amiens et de Vabres en 1646. Ainsi, le roi ayant accordé sur ce bref ses lettres patentes du 12 mars 4646, ees sept prélats, qui avaient accepté cette commission du saint Siège, faisant droit sur l'appel interjeté par René de Rieux, évêque de Léon, de la sentence rendue contre lui par les quatre prélats le 51 mai 1635, infirmèrent ladite sentence, au grand contentement du clergé, et déclarèrent ledit évêque absous de ladite accusation, et rétabli dans son évêcbé par leur sentence du 6 septembre 1646. Ensuite de quoi René de Rieux ayant voulu rentrer dans la possession de son siège, trouva quelque opposition de la part de Robert Cupif, qui en était canoniquement pourvu. Mais le roi ayant levé cette opposition, par la nomination de M. Cupif à l'église de Dol, l'évêque revint à Léon, et y fut accueilli avec joie par son clergé et tout son diocèse.U y fut reçu
208 l'église m Bretagne.
solennellement dans sa cathédrale, le 24 décembre 4648. Après avoir soutenu cette disgrâce avec beaucoup de patience, et gouverné son église avec autant de zèle que de piété, il mourut d'apoplexie, âgé de soixante-trois ans, le 8 mars 1651, dans son abbaye de Relec, d'où son corps fut transporté à Léon, et enterré dans sa cathédrale, à côté du grand autel.
La sentence des quatre prélats délégués du saint Siège, en date] du 31 mai 1635, ayant déclaré l'église de Léon vacante par la déposition de René de Rieux, Louis XIII y nomma Charles-François Talon, docteur en théologie de la Faculté de Paris, curé de Saint-Gervais, conseiller et aumônier de Sa Majesté et vicaire général de G.-Fr. de Gondi, archevêque de Paris. Mais ce sage et vertueux ecclésiastique remit entre les mains de Sa Majesté son brevet de nomination, ne voulant pas quitter sa chère paroisse, qu'il gouvernait avec tant de zèle et d'édification. Il n'avait pas encore obtenu l'expédition de ses bulles en cour de Rome, ni pris possession de cette église, ce qui obligea- le roi d'y nommer Robert Cupif qui suit.
Robert GUP1F, Parisien, mais d'une famille originaire d'Anjou, était cousin du célèbre Nicolas Foucquet, vicomte de Vaux et de Melun, surintendant des finances en 1660. Robert fut premièrement doyen de l'église collégiale de Notre-Dame du Folgoet, prieur commendataire dé Locrist , grand archidiacre , officiai et vicaire général de Quimper. Il mérita', par ses bonnes qualités, que Louis XIII, sur la recommandation du cardinal duc de Richelieu, le nommât en 1637 à l'église de Léon, vacante et par la déposition de René de Rieux et la renonciation de Charles Talon, curé de Saint-Gervais [à Paris, dont nous venons de parler. Il en fut confirmé évéque par bulles du pape Urbain VIII en 1639 et sacré le 25 mars 1640 à Paris, dans l'église de l'Abbaye-Saint-Germain-des-Prés, par Victor Bouthillier, archevêque de Tours, son métropolitain, assisté desévêques de Nantes et de Saintes. Ensuite, après avoir prêté à Paris le serment accoutumé, il fut reçu à Léon, et prit possession solennelle de cette église le
25 avril suivant. 11 fit rebâtir le palais épiscopal qui tombait en ruines, recouvra les droits et augmenta de moitié les revenus de l'évêché, dans l'espace de huit ans de temps qu'il en fut évêque. Mais René de Rieux ayant été rétabli en 1646 dans la possession de son église de Léon par sentence de sept prélats, commissaires délégués du saint .Siège, et ayant demandé à y rentrer en vertu de cette sentence, Robert Cupif y fit ses oppositions, fondé sur l'ancien usage pratiqué dans l'Eglise, qui voulait que l'évêque qui était rétabli dans son siège dont il avait été déposé attendit la démission ou le décès de celui qui avait été élu, confirmé et sacré en sa place, pour y rentrer. Anne d'Autriche, reine régente, au nom de Louis XIV son fils, désirant apaiser ce différend qui pouvait avoir quelques suites fâcheuses, nomma Robert Cupif à l'église de Dol par brevet du 24 novembre 164$. Il en prit possession en 1653, et y mourut en 1657.
Hbhry DE LAVAL DE BOIS-DAUPHIN, abbé du Perray- Neuf, trésorier, puis doyen de Saint-Martin de Tours, prélat d'un mérite distingué, appartenait a l'ancienne maison de Laval, sortie de celle de Montmorency. Il était fils de Philippe-Emmanuel de Laval, seigneur de Bois- Dauphin, marquis de Sablé, et de Madeleine de Souvré, sœur de Gilles de Souvré, évêque de Comminge, puis d'Auxerre. Ayant été nommé à Léon en 1651, il en fut sacré évêque le 17 août de l'année suivante, à Paris, dans l'église de Saint-Bernard-des-Pères-Feuillants de la rue Saint-Honoré, par Pierre de Broc,évêque d'Auxerre, assisté de Roger d'Aumont etd'Hardouin de Péréfixe, évêques d'Avranches et de Rodez. Puis, ayant prêté le serment accoutumé peu de jours après son sacre, il fut reçu à Léon et prit possession solennelle de son église dans la même année 1652. Il la gouverna avec beaucoup de zèle et de piété jusqu'en 1661, que le roi le nomma à l'évêché de La Rochelle. Ce fut lui qui effectua la translation du siège épiscopal de Maillezais à La Rochelle, malgré les oppositions de quelques bénéficiera dont les intérêts souffraient de cette translation. M. de Laval s'appliqua avec soin au gouvernement de son diocèse.
Il en publia les conférences sur l'office divin et le saint sacrifice, et lui donna un Bréviaire. Il mourut le 22 novembre 1693, âgé de soixante-quatorze ans. Son corps Fut inhumé dans la chapelle de l'hôpital Saint-Louis qui avait été établi de son temps. Il était docteur de Sorbonne et avait, avant d'avoir été promu à l'épiscopat, permuté l'abbaye de Perray-Neuf pour le doyenné de Saint-Martin de Tours.
En i664,| le 4er juillet, Louis XIV nomma à Tévêché de Léon Claude Joly, alors curé de Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris, et qui s'était rendu irès-recommandable par sa
£>iété et ses prédications ; mais avant qu'il eût reçu la conécration épiscopale, le roi le transféra au siège d'Agen. II en fut sacré évêque en 4665 et y mourut en 4678.
François DE VISDELOU, fils de Jean de La Goublaye, gentilhomme breton, et de Françoise de Guellonde, fut d'abord prédicateur de la reine Anne d'Autriche, chanoine et grand chantre de la cathédrale de Quimper, puis, sous le titre d'évêque de Madaure, il devint coadjuteur de M. René Du Louet, évéque de la même ville, et reçut en cette qualité la consécration épiscopale le 7 mai 4661. Le choix que fit de lui un si digne évéque que M. Du Louet suffirait pour son éloge. Le siège de Léon se trouvant vacant en 4665, il y fut nommé et en prit possession dans la même année. M. de Visdelou se fit remarquer par sa sagesse et son amour du bien. Il se déclara le protecteur du vénérable P. Maunoir, le défendit contre les attaques des calomniateurs, et favorisa ses travaux. Son épiscopat fut assez court. Il mourut dans son diocèse le 48 mai 4668, et fut inhumé en dehors du chœur de sa cathédrale, où l'on voit encore, du côté de l'épttre, son tombeau surmonté de sa statue. 11 est représenté à demi couché, en chappe, appuyé sur le coude et tenant un livre entre ses mains. Ce monument, tout en marbre blanc et d'une belle exécution, est dû au ciseau d'un artiste nommé de La Colonge. On dit qu'il a fidèlement rendu les traits du prélat.
Jean DE MONTIGNY, né en 4636, fils d'un avocat
général au parlement de Bretagne, remplit pendant plusieurs années les fonctions d'aumônier de la reine Marie- Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV. Il succéda dans le siège de Léon à M. de Visdelou, et bientôt après sa nomination il devint membre de l'Académie française, distino tion honorable qu'il dut à son mérite. Sa réception eut lieu au mois de janvier 1670. Il ue prit possession de son évêché qu'en 1671, et un historien assure qu'il n'était pas encore sacré. M. de Montigny étant allé cette même année aux États de la province qui se tenaient à Vitré, il y fut saisi d'un transport au cerveau, dont il mourut le 26 septembre 1671. Il n'était âgé que de trente-cinq ans. Suivant le portrait que nous en trace un écrivain célèbre a, il était petit détaille, mais il renfermait dans un corps faible un esprit supérieur. Il s'était surtout livré à l'étude de la philosophie et avait adopté le système de Descartes; < mais cette étude » ne lui avait pas ôté le goût de la poésie et de l'éloquence, » dit un auteur2*; sa prose est correcte, élégante, nom-
> breuse; sa versification coulante, noble, pleine d'images.
> Quelques années de plus, où n'allait-il pas?»
On a de M. de Montigny deux lettres imprimées, l'oraison funèbre d'Anne d'Autriche, imprimée à Rennes en 1666, et une pièce de vers publiécdans un recueil de poésies chrétiennes, t. 2. ' •
Pierre LE NEBOUX DE LA BROSSE fut nommé en 1671, et sacré l'année suivante. II assista aux États de Vitré, en 1673; de Dinan, en 1675; de Vannes, en 1691. Ce prélat avait fait la connaissance de M. de Kerlivio, vicaire général de Vannes, et professait pour ce vénérable prêtre la plus haute estime. Il euÉanssi des relations de piété av^c la vertueuse madame Le Houx; il la proposait comme un modèle de perfection pour les personnes du sexe. Il mourut le 18 septembre 1701.
Jean -Louis DE LA BOURdSnNAYE, docteur en théologie de la Faculté de Paris, vicaire général de Nantes, fut nommé le 31 octobre 1701 et sacré le 25 avril 1702.
a Madame de Së? igné, Lettre du 20 octobre 1671 et suiv. b Pelisson, Histoire de f Académie française <t t. 1er.
Son diocèse lui dut des statuts synodaux qu'il publia on 1 706 r et un nouveau Propre des saints, imprimé à Saint-Paul en 4738. Il mourut à Brest le 22 février 4745, ety fut inhumé.
Jean-Louis GOUYON DE VAUDURAND, né en 1702, à Vannes, d'une famille noble et ancienne de Bretagne, était vicaire général de Coutances, lorsqu'il fut nommé le 24 avril 1745 à Tévêché de Léon. Son sacre eut lieu le 42 octobre de la même année. En 4758 il assista à l'assemblée provinciale de Tours , qui le nomma député pour représenter cette province ecclésiastique à l'assemblée du clergé. Les Jansénistes, à cette occasion, publièrent que ce prélat était le plus pacifique de tous ceux de sa métropole. Cet éloge de la part de ces sectaires n'en est pas un aux yeux des bons catholiques. Il parait que M. Vaudurandse montra trop indulgent pour les partisans de l'erreur; aussi se trouva-t-il de son temps des Jansénistes obstinés dans le diocèse de Léon. On peut citer au moins le P. Pacifique de Saint- Jean-Baptiste, prieur des Carmes déchaussés de Brest, qui mourut le 4 avril 4760, et que le parti estimait tellement, qu'il en fit écrire la vie et l'inséra dans le Nécrdoge des prétendus défenseurs de la vérité a. Après dix-huit ans d'épiscopat, M. de Vaudurand quitta son siège en 4765, et continua de posséder en commende l'abbaye de Saint-Mahé,dans le diocèse de Léon, à laquelle il avait été nommé en 4759. Il mourut en 4780.
Jean-François DANDIGNÉ DE LA CHASSE, né à Rennes le 29 janvier 4724, d'une famille ancienne, originaire d'Anjou, aumônier de la reine, et grand archidiacre, vicaire général de Rouen, fut sacré évêque de Léon dans la chapelle supérieure de l'archevêché de Paris, le 24 août 4765, par M. de Beaumont, assisté de M. de Gouyon de Vaudurand et de M. de La Muzanchère, évêque de Nantes. Il gouverna ce diocèse pendant neuf ans. La sagesse et la modération de son gftivernement lui gagnèrent tous les cœurs. Transféré à Châîons-sur-Saône, en 4772, il n'y fut pas moins aimé et estimé à cause de son zèle éclairé et de sa charité généreuse envers les pauvres. Ayant donné
sa démission en 1781, il emporta tous les regrets de ses diocésains. Depuis Tannée 1773 il était pourvu en commende de l'abbaye de Notre-Dame d'Eu, dans fe diocèse de Rouen, et il possédait encore ce bénéfice lors de la spoliation du clergé au mois de novembre 1789. Il paraît qu'il ne fut pas inquiété pendant la révolution. Il mourut à Paris le 12 juillet 1806, dans la quatre-vingt-troisième année de son âge.
Jean-Frahçois DE LA MARCHE, successeur de M. Dandigné, appartenait à une famille noble et ancienne du diocèse de Quimper. Il naquit au château de Lezergué, dans la paroisse d'Ergué-Gaberic, en 1729, et suivit d'abord la carrière militaire. Il se trouva au combat de Plaisance en 1747, dans lequel il resta, dit-on, seul de sa compagnie. U obtint le grade de capitaine d'infanterie au régiment de la Reine; mais après le traité d'Aix-la-Chapelle il renonça au service, reprit ses études, et entra ensuite dans un séminaire. Il fit sa licence à Paris, et fut ordonné prêtre à Conflans par M. de Beaumont, le 6 avril 1756, avec M. de Girac, depuis évêque de Rennes. Bientôt après, il devint chanoine écolâtre et grand vicaire de Tréguier, poste dans lequel il édifia beaucoup par la régularité de sa conduite, et fut pourvu en 1764 de l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois, au diocèse de Saint-Brieuc. Nommé en 1772 à l'évéché de Saint-Pol-de-Léon, il remit son abbaye, et se livra au soin de son troupeau. Son diocèse lui dut un beau collège, bâti à ses frais, et de plus un petit séminaire avec des fonds suffisants pour élever des jeunes gens pauvres1. Le prélat faisait chaque année sa visite épiscopale, présidait les retraites ecclésiastiques, et trouvait dans une sage dispensation de son revenu le moyen de suffire à d'abondantes aumônes. Plusieurs demoiselles sans fortune, de Bretagne et même de Paris, recevaient de lui des pensions. Il menait en quelque sorte dans son palais la vie de communauté, sans cesser d'être accessible pour tout le monde, et surtout pour son clergé. Assidu dans son diocèse, il en sortait fort
1 U dépense que lui occasionnèrent le collège et le séminaire s'éleva à plus de quatre ceut mille francs.
214 l'église BRETAGNE.
rarement : la seule assemblée du clergé où il assista fut celle de 1788. La révolution survint, et il en vit les commencements avec effroi ; aussi n'y eut-il pas de députés du clergé de son diocèse aux Etais généraux. On supprima son siège, et l'on prétendit lui interdire ses fonctions. L'évéque çrut devoir instruire ses curés sur l'incompétence des décrets de l'Assemblée, et il affermit si bien son clergé, qu' il n'y eut dans son diocèse que dix-sept prêtres à faire le serment. Le 23 octobre 1790 il fit une réponse à la fois (ferme et modérée aux significations des administrateurs du district de Morlaix, qui avaient eu l'impertinence de le traiter par écrit d'ancien évêque de Léon, et continua ce qu'il regardait comme le devoir de sa charge. Un décret du 4 6 février 1 791 le manda à la barre, ainsi que les évéques de Tréguier et de Nantes ; en même temps on échauffait contre lui les esprits de la multitude dans un pays qu'il vivifiait par ses bienfaits. Averti qu'on venait pour le sabir, M. de La Marche crut devoir se soustraire aux recherches; et après avoir erré quelque temps, il s'embarqua à Roscoff, en mars 1 791, sur un bateau qui le conduisit en Angleterre. 11 n'avait rien emporté avec lui, et se serait trouvé dans le plus grand dénûmem , si des personnes généreuses n'eussent pris soin de pourvoir à ses besoins. Lord Arundel, le marquis de Buckingham, et d'autres illustres Anglais, lui vouèrent une estime et un attachement durables. Le 20 août 1791, l'évéque de Léon donna de Londres une lettre pastorale et une ordonnance pour prémunir ses diocésains contre le schisme. Cependant le nombre des prêtres français • qui se réfugiaient en Angleterre croissait tous les jours ; le prélat proposa une souscription en leur faveur : cette idée fut adoptée avec empressement, et le célèbre Btirke seconda ce projet. De riches Anglais s'assemblèrent, et l'évéque anglican de Londres se trouva même à la réunion. L'évéque de Léon y exposa la détresse de ses compatriotes. Ce ne fut point en vain : des secours abondants furent prodigués, et beaucoup d'Anglais reçurent chez eux des prêtres français. La pieuse hôtesse de M. de La Marche, madame Silburne, en accueillit successivement un assez grand nombre. Ces procédés généreux furent
l'objet d'une lettre que 1 evêque adressa, le 50 décembre 1792, aux prêtres de sa nation réfugiés en Angleterre; elle a été imprimée, et respire des sentiments de reconnaissance et de charité. Le pape Pie VI lui adressa, le 2 septembre 1795, un bref pour le féliciter de son zèle, et Louis XVIII, alors* Monsieur, lui écrivit de Hamm, le 10 février de la même année, pour lui témoigner combien il était touché de ses soins. Mais bientôt les progrès de la terreur en France ayant porté à plusieurs milliers le nombre des prêtres et des émigrés qui avaient abordé en Angleterre, les secours particuliers devinrent insuffisants : on fit une motion au parlement pour consacrer une somme annuelle au soulagement de ces honorables proscrits; les membres l'adoptèrent unanimement, et l'on établit un mode régulier de secours. L'évêque de Léon fut chargé de présider à la distribution : beaucoup d'Anglais le rendaient de plus dépositaire de leurs offrandes, qui se montaient encore par an à une somme considérable. Le prélat obtint pour les prêtres français le château de Winchester, où l'on en recueillit jusqu'à huit cents ; il pourvut aussi aux besoins des prisonniers de notre nation, qui, par l'effet de la guerre, se trouvaient en grand nombre dans les prisons d'Angleterre. Des prêtres français envoyés par lui portaient à ces malheureux les secours spirituels en même temps qu'ils leur distribuaient les corporels. Les prêtres déportés à la Guyane lui durent également d'être soulagés dans leur misère. Il remplit jusqu'à sa mort, avec autant d'assiduité que de bonté, les fonctions de charité qu'on lui avait confiées. Lorsqu en 1801 Pie VII demanda les démissions des évêques de France, M. de La Marche assista aux assemblées que tinrent à Londres ceux de ses collègues qui se trouvaient en Angleterre. On dit qu'il hésita quelque temps, mais enfin il adhéra à l'avis du plus grand nombre de ces prélats, et signa leurs lettres et leurs réclamations contre le concordat. Il adressa de plus en son propre nom, le 15 mars 1805, une lettre du pape; du reste, nous savons que, peu avant de mourir, il déclara qu'il était loin de partager l'exagération de plusieurs des antagonistes du concordat de 1801. Atteint d'une maladie grave, il fut visité
216 LÉGLISE DE BRETAGNE.
deux fois par Monsieur, frère du roi, qui voulut recevoir sa bénédiction. Le pieux évêque mourut à Londres le 25 novembre 1806, laissant à peine de quoi fournir aux frais de son inhumation, et après avoir instamment recommandé qu'elle se fît sans pompe et sans que rien y rappelât sa dignité d'évêque. Il avait rédigé lui-même son épitaphe, où ses titres sont également omis. La succession des évêques de Léon finit avec ce respectable prélat.
M. de La Marche fut inhumé dans le cimetière de Saint- Pancrace à Londres, auprès de M. Le Mintier, dont il avait été l'ami. Son oraison funèbre fut prononcée le 27 janvier 1807, dans la chapelle française de Conway- Street, par M. Du Châtellier, aujourd'hui évêque d'Evreux, Elle a été imprimée à Londres, in-8°.