ET DE SAINT-MALO
Suivant le P. Le Large, que nous avons déjà cité, sain; Malo n'aurait pas été le premier évêque d'Aleth. Cet auteur croit que Cariaton, qui souscrivit au concile tenu à Angers en 455, occupa ce siège dans le Ve siècle. Il lui donne aussi le nom de Cadreuc, et assure que cet évêque est sous ce nom honoré comme saint dans plusieurs paroisses de Bretagne.
MANSUET est, selon le P. Le Large, un évêque des Bretons qui a dû avoir son siège à Aleth.
• Voyez la Vie de saint Vincent de Paul, par Abclly, liv. 2, ch. 5.
RIOCAT succéda, suivant le même auteur, à Mansuet dans le siège de cet évêque des Bretons. On trouve son nom dans les litanies anglaises du viu* siècle, publiées par Mabillon.
ADUMAL fut, dit le P. Le Large, le successeur de Riocat. Le même auteur assure qu'on trouve le nom de ce prélat dans deux chartes de l'église du Mans.
Saint LUNAIRE est compté par le P. Le Large au nombre des évêques d'Aleth, quoique rien dans la vie de ce saint n'indique qu'il ait occupé ce siège.
Saint SAMSON, si Ton en croyait le même auteur, n'aurait été qu'abbé du monastère de Dol et aurait exercé les fonctions épiscopales dans le diocèse d'Aleth dont il prétend que Dol dépendait alors K
Saint MALO a est reconnu pour le premier évéque d'Aleth. Il était originaire de la Grande-Bretagne, et avait été élevé par saint Brandan dans les pratiques de la vie monastique 2. Sacré évêque, il passa en Armorique dans le vie siècle, soit pour y exercer les fonctions apostoliques, soit pour y visiter les saints qui éclairaient cette région par l'éclat de leurs vertus. Le roi Alain Ier, ayant reconnu son mérite, l'honora d'une bienveillance particulière et consentit en sa faveur, selon les apparences, à l'érection du siège d'Aleth. Saint Malo n'eut pas les mêmes avantages sous le règne de Hoël III, qui le persécuta et l'obligea à quitter ses États. Il se retira auprès de Léonce, évéque de Saintes, où il passa quelques années. Hoël étant mort, il retourna à son église, qu'il édifia par la sainteté
' Nous rapportons ici l'opinion de cet auteur ; mais comme elle n'est appuyée par aucun monument authentique et qu'elle ne repose que sur des conjectures, nous nous garderons bien de la présenter comme certaine. Nous laissons au jugement du lecteur à prononcer si elle doit être adoptée ou rejetée.
« Sigebert, ad ann. 561, Gai. christ. , t. 2, p. 1060. Act. S. Maclwii.
* Nous sommes obligés de nous écarter ici du sentiment de D. Morice ; mais nous prions qu'on lise la Vie de saint Malo, t. 2 des Saints de Bretagne , où nous exposons les motifs qui nous ont fait adopter un ordre chronologique différent de celui de cet auteur.
DIOCÈSE D'AJLETH ET SAlNT-MÀLO. 221
de ses mœurs et par plusieurs miracles. Sa mort arriva en 627; le jour en est marqué dans les calendriers au 45 novembre. Les catalogues lui donnent pour successeurs :
Saint GURVAL, honoré comme saint le 6 janvier. Il ne gouverna l'église d'Aleth que pendant deux ans, et se retira ensuite dans une solitude à Guer, lieu de son diocèse, où il mourut en 640
Saint COLAPHIN. Son véritable nom était Coalfinit. Il était Breton insulaire, et fut choisi par saint Gurval pour le remplacer sur le siège d'Aleth. Son zèle fit de nom-breuses conquêtes à la foi; mais son épiscopat fut d'une durée assez courte, car il ne s'étendit pas au delà de six années. On met la mort de ce saint évêque en 635. Il ne reçoit aucun culte en Bretagne.
Saint ARMAEL *, à qui fut dédié la première Vie de saint Samson, est placé par le P. Le Large après saint Geifroi.
Saint ENOGAT a, suivant le P. Le Large, précédé saint Malo.
Saint MAELMON, conseiller et ami de saint Judicaël, suivant les actes de ce prince, fut évêque d'Aleth et se distingua par sa charité. On prétend qu'il mourut en 638; mais nous croyons qu'il a vécu plus longtemps.
Saint GODEFROI ou GEIFROI succéda à saint Maëlmon. On ne connaît aucun détail touchant sa vie et son épiscopat. On sait seulement que son corps fut porté à Paris en 965, par Salvator, un de ses successeurs, qu'il était honoré dans la capitale sous le nom de saint Ciférien. Le martyrologe de Paris met sa mort au vne siècle et sa fête au 43 novembre.
OEDMAL. NOEDI.
HAMON. RITUAL.
TUT AMÈNE eut la douleur devoir les Français ravager son diocèse.
RAVILI.
« Fies des Saints de Bre/agne, t. 2.
* Bol 1 and. , in com. prœviq ad t. 3. Martii, p. 455/
222 l'église de bretàgwe.
BILI est auteur de la Vie de^ saint Malo, si elle n'est pas d'un diacre du même nom.
MOENE. GUIBOND.
EBON.
CADOCANAM". Bol I an dus croit que ce prélat souscrivit au concile tenu à Reims en 682, sous le nom de Cadoenus. Il souscrivit aussi à celui qui futassemblé à Rouen en
RIVALON. , BENOIT.
JUD1CAEL. IDOMEL.
REGIMOND. JEAN.
MENFENIC. GAUTIER.
HAELOCAR ou HElOGARD, abbé de Saint-Meen et évêque d'Aleth, obtint un diplôme de l'empereur Charlemagne pour le rétablissement de son église et de celle de Saint-Meen, qui avaient été pillées et brûlées par des ennemis. Cette charte fut confirmée en 817 par Louis le Débonnaire, à la requête du même prélat.
ERMOR vivait sous le règne de Louis le Débonnaire. Il est fait mention de ce prélat dans deux chartes de f abbaye de Redon, datées de 855 et de 854. La qualité de Mactiern, qui lui est donnée dans une de ces chartes, prouve qu'il était d'une famille très-illustre.
JARNUVALT tint le siège d'Aleth, depuis l'an 855 jusqu'en 840, suivant quelques actes du cartulaire de Redon.
MAEN ou MAHEN était évêque d'Aleth en 840 et 846.
SALACON gouvernait l'église d'Aleth, lorsqu'il fnt accusé de iimonie et déposé dans l'assemblée tenue à Goetlou en 848; il ne fut pas rétabli.' Il ne faut pas confondre cet évêque avec un autre de Del qui portait le même nom.
RETUVALART souscrivit au privilège accordé par Je roi Erispoé aux religieux de Redon pour l'élection de leurs abbés ; il vivait encore l'an 865.
RATUILI tenait le siège d'Aleth en 868 et 872. Il sous-
« Sourdan, Hist. de France, t. 3, p. 662.
DIOCÈSE d'àLETH ET SAINT-MALO. 225
crivit à la fondation du monastère de Plelan, faite par le roi Salomon pour l'abbaye de Redon. On trouve son nom dans plusieurs donations faites à l'abbaye de Redon, et dans des reconnaissances des biens de ce monastère, en 868 et 869. Salomon, roi de Bretagne, le chargea d'annoncer au peuple de Yern une donation que ce prince avait faite à la môme abbaye, et Ratuiii la publia un jour de dimanche. Ce fut Ratuiii qui rendit les derniers devoirs à saint Convoyon, abbé de Redon, mort à Plelan en 868. Après Ratuiii il se trouve une lacune de près d'un siècle dans le catalogue des évéques d'Aleth.
SALVATOR a était évêque d'Aleth lorsque la guerre éclata entre le duc de Bretagne et le comte de Chartres, qui appela des barbares du nord à son secours. Voulant éviter la fureur des Danois,qui entrèrent en Bretagne après la mort d'Alain le Grand, il transporta le corps de saint Malo au monastère de Lehon. Il y trouva plusieurs ecclésiastiques qui avaient apporté les reliques et les ornements de leurs églises. Juvan, qui gouvernait cette maison, reçut Salvator avec joie ; mais lui ayant représenté que leurs trésors n'étaient pas en sûreté dans le pays, ils prirent le parti de se retirer en France. Sur la route, ils rencontrèrent les évéques de Dol et de Bayeux qui portaient les corps de saint Samson ,de saint Sénateur , de saint Paterne et d'autres saints. Ils se rendirent, en 966, à Paris, où ilsdéposèrent leurs trésors dans l'église de Saint-Barthélemi. La paix ayant été faite entre les Français et les Danois, quelques-uns des réfugiés retournèrent en Bretagne, d'autres allèrent en divers lieux de France. L'évêque d'Aleth et l'abbé de Lehon demeurèrent à Paris, en attendant que la tranquillité fût rétablie en Bretagne. Pour les consoler dans leur exil, Hugues de France fit dédier l'église de Saint-Barthélemi en l'honneur de cet apôtre et de saint Magloire, archevêque de Dol. Il y établit une communauté de religieux, auxquels il permit de se choisir un abbé. Salvator et Juvan moururent sous le règne du roi Robert, et furent inhumés dans l'église de
a Duchesne, in fragmen. Histor. à Ludovic, pio ad Robert, regemlits t. de Bree.t t. !•% note 44, col. 974.
Saint-Georges et de Saint-Magloire, hors les murs de Paris. C'est le seul évêque d'Àleth que l'on trouve dans Je xc siècle.
RAOUL souscrivit à la cbarte donnée par la duchesse Havoise et les princes ses enfants, pour Te rétablissement de l'abbaye de Saint-Meen en 1008.
HAMON souscrivit à la fondation de l'abbaye de Saint- Georges, faite par le duc Alain III, l'an 1032.
MARTIN0 assista à la dédicace de l'église de l'abbaye de Cormeri en Touraine, faite par l'archevêque de Tours en 1054,et au concile tenu à Ghâlons en 1056,par Hildebrand, légat du saint Siège en France.
Après la mort de Martin, l'église d'Aleth fut divisée en deux parties, comme l'a observé le P. Le Large dans son Histoire du diocèse de Saint-Malo Cette division paraît avoir été occasionnée par l'excommunication lancée par le pape Léon IX contre les évéques simoniaques. Les Bretons n'étaient pas exempts de ce vice : Budic, évêque de Nantes, avait assisté au concile tenu à Reims par le pape, en 1049, et avait été déposé pour crime de simonie. Soit qu'il ait voulu se justifier sur l'exemple de ses comprovinciaux, ou que leur conduite fût notoire, le pape les cita tous au concile qu'il indiqua à Rome pour le mois d'avril 1050. Ils n'y comparurent point, et furent tous excommuniés. Le pape écrivit à Eudon, comte de Penthièvre. alors régent du duché, pour lui notifier cette sentence. On ignore l'usage que le prince en fit, et les ordres qu'il donna en conséquence. Ce qui nous parait certain, c'est que cette affaire fut suivie de plusieurs divisions en Bretagne. Eudon, accoutumé à gouverner, ne pouvait envisager son neveu comme souverain, quoiqu'il fût fils et héritier du duc Alain III. Les
« Gai. christ., t. ltr. Martène, t. 4,\*/iecd., p. 90.
1 M. l'abbé Manet n'admet pas l'existence de ce schisme, et prétend que les évéques d'Aleth ont, dans ce siècle, tantôt pris le nom de leur siège et tantôt celui de Saint-Malo, parce qu'ils avaient de grandes possessions à Saint-Malo de Beignon. Si cette supposition était admise, il faudrait dire que ces évéques ont fait une chose inouïe dans l'Eglise, en changeant le nom de leur siège pour celui de leurs terres. Peutêtre pourrait-on plus facilement admettre qu'ils ont pris par respect le nom du fondateur de leur siège.
diocèse d'aleth £T SAINT-MALO. 225
barons, ayant pénétré les vues d'Eudon, s'assurèrent de la personne du jeune duc, et déclarèrent la guerre à Eudon . Ce dernier avait ses partisans qui lui fournirent des troupes ; mais ils furent tous vaincus, et Eudon fut fait prisonnier. Geoffroi, son fils, continua la guerre, qui ne se termina pas à son avantage.
Le siège d'Àleth vaqua pendant ces funestes divisions. Cette ville était de l'apanage d'Eudon ; mais il la perdit par sa révolte. Nonobstant cette perte, il eut assez de crédit pour mettre sur le siège d'Aleth un homme qui lui était dévoué, et pour le faire sacrer par l'archevêque de Dol. Le duc, prévoyant les suites de cette élection, s'y opposa, et nomma un autre sujet qu'il fit sacrer par l'archevêque de Tours. Pour concilier les deux partis, on ne trouva point d'autre expédient que d'établir un nouveau siège à Saint- Malo de Baignon. Yoilà ce qui nous a paru de plus vraisemblable sur l'origine du schisme qui paraît dans l'église d'AIeih pendant soixante ans. Cômme il n'est pas facile de distinguer les évêquesde Baignon, excepté Rainaud, d'avec ceux d'Aleth, nous les plaçons ici selon l'ordre qu'ils tiennent dans les actes du temps*
RAINAUD est indiqué comme évêque de Saint-Malo de Baignon dans une notice de Marmoutier, datée de 1062. Il mourut en 1081, selon les Chroniques de Nantes et de Kuis.
DANIEL, évêque de Saint-Malo, mourut en 1085, suivant la Chronique de Ruis.
BENOIT, à qui les actes donnent le titre d'évêque d'Aleth ou celui d'évêque de Saint-Malo, assista, en 1092, aux obsèques d'Emme, vicomtesse de Porhoët; confirma, en 1099, un accord fait entre les seigneurs de Combourg et les religieux de Marmoutier; donna, en 1108, l'église de Saint-Malo de Dinan aux mêmes religieux, et mourut en 1111, selon la Chronique de Nantes.
JUD1CAEL *, frère de Geoffroi, archevêque de Rouen, est nommé tantôt évêque d'Aleth, tantôt évêque de Saint- Mulo. Son nom se trouve dans l'acte de fondation du prieuré
« Odette Vital, 1. 10, p. 770.
226 L'*PLISg DE BRETAGNE.
de Loheae, daté de l'an 1101; dans celui des chanoines réguliers de Saiot-Médard de Doulon, fait en 1105; et dans une charte de l'abbaye de Saint-Serge, datée de 1108. La Chrpnique de Ruis met sa mort en 1112.
RIVALLON, archidiacre de Loheae, fut sacré en 1112 par l'archevêque de Tours. C'était un homme de naissance et de mérite : les éloges que Marbode lui a donnés ne permettent pas d'en douter. Deux chartes de Marmoutier faisaient mention de ce prélat : la première est un accord fait par son avis entre les vicomtes de Porhoët et les Bénédictins de Josselin en 1116, touchant le testament du vicomte Joscius ; la seconde regarde le vicomte Geoflroi, à qui Rivallon administra les derniers sacrements en 1118. La Chronique de Nantes marque la mort de Rivallon en 1116, mais l'acte dont on vient de parler prouve son erreur.
DANIEL, IIe du nom, religieux de Redon, fut sacré évêque d'Aïeth vers l'an 1112, et mourut le 23 juin 1120. II est fait mention de ce prélat dans une charte de l'abbaye de Painpont, datée du 28 avril 1114.
DONOAL a fut assez heureux pour réunir les deux sièges qui subsistaient depuis soixante ans. II avait embrassé lu règle de saint Benoît dans l'abbaye du Mont- Saint-Michel, d'où il avait été tiré en 1116 pour gouverner l'église de Saint-Malo, à la demande expresse du clergé et du peuple de cette ville. Baldric, archevêque de Dol, venait d'être interdit par un légat du saint Siège pour n'avoir pas voulu restituer une prébende à un de ses chanoines. Cette conjoncture obligea Donnai d'aller à Tours, où il fut sacré en |120. Pendant son séjour dans cette ville, il confirma les religieux de Marmoutier dans la possession des églises de Saint-Malo de l'Ile et de Saint-Malo de Dinan, qui leur avaient été données par Benoit, son prédécesseur. H leur donna aussi les églises de Notre-Dame de Çombourg, d'Ifendic, de Miniac, de Plouasne et autres. Il n'oublia pas le monastère de Saint-Melaine dont il avait été
* Martène, t. 3, Jnecdot., et t. 4, p. 130. Jnalecta, t. 3, p. 350.
DIOCÈSE d'aleth et saiht-malo. ââ7
abbé. Convaincu qu'on leur avait enlevé mal à propos l'église de Plelan, il la leur rendit, et ratifia toutes les donations qui leur avaient été faites dans son diocèse. Il assistai au concile de Redon en 1127, et à celui de Reims en 4132, Son nom se trouve dans la liste des prélats qui furent présents a la translation des reliques de saint Julien du Mansf faite le 17 octobre 1137. Il mourut en 1144, suivant La Chronique de Nantes.
Saint JEAN surnommé DE LA GRILLE, à cause des grilles de fer qui en vironnent.son tombeau, était chanoine régulier de l'abbaye de Bourgmoyen dans la ville de Blois, lorsqu'il fut fait premier abbé de Sainte-Croix de Guiur gamp en 1134. Cette dernière abbaye venait d'être fondée par Etienne, comte de Penthièvre, et fut aussitôt occupée par des chanoines de Bourgmoyen. La sagesse qu'il fît paraître dans le gouvernement de cette colonie lui donna une grande réputation dans le pays. Les sièges d'Aleth et de Tréguier ayant vaqué en 1 1 44 dans l'espace de huit jours, il fut choisi pour Jes remplir. Il opta pour le pre* mier, et alla à Rome pour y recevoir la consécration. Les archevêques de Tours et de Dol se disputaient alors vivement la juridiction sur les évéchés de Bretagne. Jean de La Grille assista au jugement que le pape Luce III rendit k ce sujet en faveur de l'archevêque de Tours.
A son retour, il transféra son siège épiscopal dans l'île d'Aaron, où les habitants d'Aleth commençaient à s'établir. L'église de cette île appartenait aux religieux de Marmoutier. Ils se pourvurent à Rome contre l'entreprise du prélat. Le pape nomma Geoffroi, archevêque de Bordeaux,' Geoffroi, évêque de Chartres, et Lambert, d'Angoulême, pour juger ce procès. Les commissaires, après avoir vu les pièces produites par les parties, et entendu la déposition de trois prêtres qui attestèrent par serment qu'ils avaient vu le siège épiscopal dans l'église de Saint-Malo de File, déboutèrent les religieux de leur opposition. Le pape Eugène 111, à la sollicitation de saint Bernard, confîrma cette sentence, par une bulle donnée à Viterbe le 16 août. « ■ \
« Martène, t. 3, Jnecdot., p. 898. Lahhe, t. 10, Conçil.
Cette affaire terminée, Jean s'appliqua à la réformation de son diocèse, et, pour lui donner un modèle qu'il pût suivre, il mit des chanoines réguliers dans son chapitre. Cet établissement fut confirmé, en 1157, par le pape Adrien IV, qui ordonna que l'évêque de Saint-Malo serait aussi régulier. Jean consacra, le 16 octobre 1156, l'église de Saint- Jacques de Montfort, et souscrivit, en 1162, au concile de Montpellier. Il mourut en 1165, suivant la Chronique de Nantes. C'était un homme éclairé pour son siècle et d'une grande régularité. L'église de Saint-Malo l'honorait comme saint et célébrait sa fête le 1er février, par permission du pape Léon X \
ALBERT, archidiacre dans 1 église de Saint-Malo, fut élu en H65, et sacré par Joscius, archevêque de Tours. Il termina, la même année, le dernier différend que son prédécesseur avait eu avec les religieux de Marmoutier pour les églises de Taden et de Plouasne. Afin de les dédommager du tort que Jean de La Grille leur avait fait dans la translation de son siège, il leur donna en 1164 l'église de Notre-Dame de Becherel. En 1169 il reçut à Rennes, avec l'évêque de cette ville, le fils de Henri II, roi d'Angleterre, nommé Geoffroy. On choisit ce prélat en 1178 pour un des arbitres du différend qui s'était élevé entre les abbés du Mont-Saint-Michel et de La Luzerne. Il ratifia en 1182 la cession qui fut faite du monastère de Lehon, aux religieux de Marmoutier, par l'abbé de Saint-Magloire de Paris s. Mais l'obituaire de Saint- Jacques de Montfort retarde cet événement de deux ans, l'ayant mis au 5 juillet 1184.
Pierre GIRAUD, chanoine de Rennes, fut élu en 1184 et sacré l'année suivante. Il obtint en 1197, de la duchesse Constance, la permission d'établir un marché à Saint-Malo le vendredi de chaque semaine. En 1205, il assista aux obsèques de la même princesse, qui fut inhumée dans
' BoUandus a inséré sa vie dans son premier tome du mois de
février. Voyez les Pies des Saints de Bretagne, t. 2. * Sigebert met sa mort la même année, en ces termes : Anno 1182 obiit vcncrabilis lir Aibertus, episcopus Aletensis, quem
modem i de sancto Maclovio vocant, cujus episcopatus antiquitùs cl-
Titas Aleta vocabatur.
diocèse d'àibth et saint-kalo. 229
l'abbaye de Villeneuve. 11 souscrivit en 1207 à la fondation de l'église collégiale de la Guerche. Ce fut de son temps que le prieuré de Painpont, membre de l'abbaye de Saint- Meen, fut érigé en abbaye de chanoines réguliers par bulle du pape Innocent III. Ce prélat mourut le il septembre
RAOUL fut sacré en 1218 et conféra, la même année, la cure de Plumeliau. Il adjugea en 1221 le patronage de la Gouvennière à son chapitre. Un acte de l'abbaye de la Vieuxville» daté de 1226, fait connaître que Raoul prit la croix contre les Albigeois, et qu'il confirma avant son départ tous les biens de ce monastère. II mourut le 8 octobre 1230, suivant la Chronique de Nantes et Tobituaire de Montfort .
GEOFFROI, évêque de Saint-Malo, transigea en 1231 avec Hamon de Guer pour les dîmes de la paroisse de Brons. Il fit une autre transaction en 1237 avec Rolland de Plouer pour le patronage de cette église. En 1252 il érigea l'hôpital de Saint-Malo, dont il est regardé comme le fondateur. Les différends que les évêques de Bretagne avaient alors avec le duc l'obligèrent à faire le voyage de Rome pour y défendre ses droits et ceux de ses collègues; mais l'affaire tirant en longueur, il remit en 1255 son évêché entre les mains du pape. Il mourut le 17 septembre 1259, suivant l'obituaire de Painpont. Olivier de Pontual fonda un anniversaire pour ce prélat, et donna au chapitre toutes les dîmes de Saint-Briac.
NICOLAS, archidiacre de Caux dans l'église de Rouen, fut nommé en 1255 sur la résignation du précédent, ou même plus tôt, car il transigea en 1252 avec l'abbé du Mont-Saint» Michel pour les droits de visite et de procuration qui lui étaient dus dans les églises de sa dépendance. Il conféra en 1262 la cure de Saint-Brieuc-des-Vifs sur la présentation de l'abbé de Saint-Melaine, et mourut le 11 octobre de la même année.
Simon DE CLIÇON* , religieux de l'ordre de Saint-Doraî-
« Monasticon Cisterciense, p. 447. Mtrtène, t. Z. Jnfcdot., p. 981.
nique et prieur du couvent de Paris, fut nommé en 1 203, sur la démission de Philippe de Bouchala mpe, religieux de l'ordre de Citeaux et abbé de Clairvaux. Après la mort de Nicolas, le chapitre s'était divisé sur le choix de deux sujets. L'amour de la paix engagea l'un et l'autre parti à se démettre de leurs droits entre les mains du pape Urbain IV. Ce souverain pontife, par nn bref daté d'Orviette, le 18 octobre 1265, nomma l'abbé de Clairvaux. Cet abbé n'accepta point révêché,ètalla à Rome pour y faire ses remontrancés au pape. Élles furent si vives et si touchantes, qu'Urbain lui permit de retourner à son monastère. Après son départ, ce pontife nomma Simon de Cliçoh, qui accepta et fut sacré par l'archevêque de Tours, le dimanche dsfns l'octave des apôtres. Il décéda le 5 février 1285, et fut inhumé aux Jacobins de Dinan.
Robert DU PONT* transigea èn 1287 avec Jean Du Plessis pour les dîmes de Ploubalai; assista en 1291 i ï'éteetion de Renaud de Montbason, archevêque de Tours, et mourut en 1309, suivant le P. Lè Large;
Raoul ROUSSE LET *, de la maison de LimoeIan,dans là paroisse de Sévignac, fut sacré vers l'an 1310. Il était clerc et conseiller du roi Philippe le Bel, lorsqu'il fut élevé à cette dignité. Ou ne sait pas précisément en quelle année, mais il est constant qu'il était évéque de Saint-Malo en 1512. Transféré à Laon en 1317, il fut appelé à Paris la même année par lè roi Philippe V pour juger comme pair de France Robert,comte de Flandre. Il se trouva ensuite chargé d'apaiser le différend qui existait entre Isabelle de Castille, duchesse de Bretagne, et Guy de Bretagne ; puis on l'envoya avec le comte de Forez en Languedoc pour réformer çétte province et corriger les excès des gens de justice. Philippe V le choisit pour l'un de ses exécuteurs testamentaires. Ce prélat mourut le 16 octobre 1523, après avoir fondé dans le collège de Laon à Paris deux bourses pour des étudiants en théologie.
Alaik GONTHIER fit sa soumission à la chambre apo-
« Cbron. de la Baud., p. 199.
à Gesla Guillelmi, in Spicilegio, 1. 4, p, 34t. Labbe, Eloges histo* riques, p. 228. Rimer, t. 3, p. 558.
DIOCÈSE DALETH ET SAIfîT-MÀLO. 95!
statique le 17 juin 1517, en qualité d'élu de Saint-Malo. Les chanoines réguliers, introduits par Jean de La Grille dans le chapitre, ayant souhaité la sécularisation, Àlam la demanda au pape et l'obtint. Il fut transféré à Quimper en 1555, et mourut en 1555.
Yves DE BOISBOISSEL, évêque de Quimper, fut transféré à Saint-Malo en 1555. On le trouve employé en qualité de président aux enquêtes, dans le rôle des officiers nommés pour la tenue du parlement de Paris en 1556. En 1547 il transigea avec son chapitre pour deui chapelles fondées par Raoul Rousselet et Alain Gonthier, ses prédécesseurs. Il passa de cette vie à une meilleure en 1548.
Guillaume MAHÉ fit sa soumission à la chambre apostolique le 19 novembre 1548, et présida la chambre des enquêtes la même année. Il était chanoine de Rennes, et mourut le 20 mars 1548.
Pierre BENOIT fit sa soumission à la chambre apostolique le 14 juillet 1549. Il tint Tannée suivante son synode, dans lequel il publia plusieurs statuts que l'on conservait manuscrits dans l'abbaye de Painpont. Cet ouvrage se trouvait à la fin du martyrologe et portait pour litre : Liber officiorum. On y remarquait surtout une défense faite aux clercs de son diocèse de porter la barbe longue et des moustaches tombantes. Ce prélat eut de la peine à vaincre sur ce point l'opiniâtreté de plusieurs ecclésiastiques. Après cette assemblée, il se rendit à Paris, où il présida la chambre des enquêtes, comme avaient fait ses deux prédécesseurs. Il mourut vers 1560.
Guillaume POULART, fils de Pierre, seigneur de Kergoalen en Goello et de Constance de Kerraoul, paya les droits à la chambre apostolique pour l'évêché de Saint- Malo, le 1er février 1560. Il assista au concile provincial d'Angers en 1565. La même année, de concert avec le chapitre de sa cathédrale, il fit avec Jean de Mont fort, duc de Bretagne, un traité pour la levée des droits sur les marchandises dans le port de Saint-Malo. Sa mort arriva en 1584, et se trouve marquée au 17 septembre dans le nécrologe de Montfort.
Josselin DE ROHAN, chanoine de Saint-Malo, fut élu en 137tf, et fît sa soumission à la chambre apostolique le 7 juillet. Imbu des maximes de quelques-uns de ses prédécesseurs qui, pour le temporel, prétendaient dépendre immédiatement du saint Siège, il ne voulut jamais prêter le serment de fidélité au duc de Bretagne. Cet entêtement lui attira bien des vexations de la part des officiers de ce prince, et la saisie de son temporel, dont il ne recueillit aucun fruit pendant les dernières années de sa vie. Il mourut le 21 mars 1388, et fut enterré dans le sanctuaire de son église, sous un mausolée qui subsiste encore.
Robert DE LA MOTTE fit sa soumission à la chambre apostolique le 8 janvier 1390. Fondé sur les mêmes principes que son prédécesseur, il refusa pendant quelques années de reconnaître le duc pour son souverain, refus qui lui attira la saisie de son temporel. Enfin il se soumit, et rendit aveu au duc» qu'il reconnut pour fondateur et seigneur de son église. Il tint plusieurs synodes, dont les principaux furent ceux de 1402 et de 1406. En 1420, il permit à un prêtre, nommé Raoul Boisserel, de bâtir une chapelle dans l'île de Sezambre, qui était déserte, et d y vivre en solitaire. II mourut le 5 août 1423, suivant le nécrologe de Painpont, ou l'on faisait un anniversaire pour lui et pour Amauri de La Motte, son frère.
Guillaume DE MONTFORT", fils de Raoul, sire de Montfort,et de Gaël, fut pourvu de l'évêché de Saint-Malo le 13 octobre 1423, par le pape Martin V. Il fut transféré le 28 juin 1424 à Saint-Brieuc, mais il n'accepta pas ce nouveau titre. Le pape Martin Y lui donna, le 23 avril 1431, une commission pour dissoudre le mariage de Louis, fils du roi de Sicile, et d'Isabeau de Bretagne. Il était encore occupé de cette affaire lorsqu'il fut fait cardinal du titre de Sainte- Anastasie par le pape Eugène IV. Il mourut à Sienne le 27 septembre 1452, et fut inhumé aux Cordeliers de la même ville.
Après la mort du cardinal de Montfort, le chapitre élut
a Aubrri, Ui.it. des card.de France, p. 158. Martène, t. 8, Colt. Ms.i p. 782.